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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Liederabend du baryton Matthias Goerne accompagné au piano par Alexander Schmalcz dans le cadre du cinquantième anniversaire de la Maison de la Culture d’Amiens.

Nuits et tourments
© Marco Borggreve

La veille de l’accueil de la nouvelle Ministre de la Culture, cinquante ans après son inauguration par André Malraux, la Maison de la Culture d’Amiens clôture avec Matthias Goerne la trilogie des cycles de Lieder de Schubert. Accompagné par Alexander Schmalcz au piano, il débute par Quatre Lieder de Berg avant un Schwanengesang puissant et sombre.
 

Maison de la Culture, Amiens
Le 26/02/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le vendredi 26 février 2010, Matthias Goerne et Alexander Schmalcz donnaient à Amiens le Voyage d’hiver de Schubert. Six années plus tard jour pour jour, les mêmes sont présents pour la troisième fois dans cette salle inaugurée en 1966, avec cette fois le Chant du cygne du compositeur viennois.

    Avant cela, on entre dans la soirée par les froids Lieder op. 2 d’Alban Berg, d’une durée totale d’environ huit minutes, d’abord écrits pour soprano et piano sur des textes de Friedrich Hebbel et Alfred Mombert. Le premier (Dem Schmerz sein Recht) installe instantanément l’ambiance, avec une teinte sombre superbement portée par le baryton dès le premier mot, Schlafen (dormir). La composition pan-tonale, terme utilisé par Schönberg, est gérée ce soir avec délicatesse par le pianiste allemand et laisse déjà découvrir le style personnel du compositeur autrichien.

    Enchaîné sans interruption, le dernier cycle de Schubert dénote par ses aspects plus mélodieux, mais pas par son ambiance austère. Assemblé de manière posthume par le frère de Schubert, Ferdinand, et l’éditeur Haslinger, ce Chant du cygne D. 957 est légèrement modifié par Matthias Goerne, qui y ajoute comme dans son enregistrement de 2012 Herbst D. 945 en septième position. Il prend également la liberté de supprimer le dernier lied, l’unique de Johann Gabriel Seidl, Die Taubenpost (le Pigeon voyageur), afin de ramener le cycle au nombre initial de quatorze lieder, et surtout de finir par un chant lent et noir, plutôt que par un texte plus léger.

    La voix du baryton, très influencé par son maître Dietrich Fischer-Dieskau, a évolué ces dernières années et a légèrement perdu en profondeur dans le grave, mais n’empêche pas ce très grand Liedersänger de tenir attentif de bout en bout un public concentré et silencieux, à quelques quintes de toux près. Lui qui avouait quelques années plus tôt adorer l’acoustique facile de la salle amiénoise ne force jamais sur le volume ; il chante presque tout le cycle mezza voce, là où il a souvent dû forcer par endroits dans d’autres salles moins porteuses.

    Nous passerons donc sur quelques aigus difficilement atteints et sur le dernier lied de Rellstab, Abschied (Adieu) trop surjoué dans sa rythmique mécanique au piano et amenant deux petits décalages entre l’accompagnateur et le chanteur, pour profiter de chaque instant d’une diction toujours aussi précise et d’une assise dans le bas-médium, particulièrement propice dans la deuxième partie du cycle, à partir des textes sombres de Heine.

    D’une extrême lenteur, le dernier chant Der Doppelgänger (le Double) achève la soirée comme elle avait commencé, laissant chacun à ses nuits et ses tourments, avec le souvenir d’avoir vécu un remarquable moment.




    Maison de la Culture, Amiens
    Le 26/02/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Liederabend du baryton Matthias Goerne accompagné au piano par Alexander Schmalcz dans le cadre du cinquantième anniversaire de la Maison de la Culture d’Amiens.
    Alban Berg (1885-1935)
    Vier Lieder op. 2
    Franz Schubert (1797-1828)
    Schwanengesang D. 957
    Matthias Goerne, baryton
    Alexander Schmalcz, piano

     


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