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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation du pianiste Jean-Yves Thibaudet à la Maison de la Radio, Paris.

Influences américaines ?
© Heikki Tuuli

Le programme réunissait deux œuvres plus ou moins inspirées des séjours de leur compositeur aux États-Unis. Pour brillante qu’elle ait été, l’interprétation du Concerto en sol de Ravel par Jean-Yves Thibaudet n’a guère souligné l’influence de l’Amérique du nord sur sa musique. Et les sources de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák ont été quelque peu unifiées sous la direction de Mikko Franck.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 26/02/2016
Claude HELLEU
 



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  • Sous les doigts d’acier de Jean-Yves Thibaudet et la direction de Mikko Franck à la tête du Philharmonique de Radio France, le Concerto en sol de Ravel file à toute allure. Surenchère de virtuosité entre ses deux protagonistes dès l’Allegramente. Au piano, une précision de scalpel enchaîne arpèges, glissandos, trilles et autres traits.

    La détermination du soliste ignore toute recherche de sonorités, hache les rythmes syncopés au plus serré. Sa course ne connaîtra pas un faux pas, entouré de vents qui rivalisent de présence. Cor, clarinette, trompette se singularisent, les cuivres s’enthousiasment, la harpe immisce sa légèreté, les bois revenus en nombre provoquent le soliste. Il n’en est que plus autoritaire. Un parti pris parfaitement soutenu.

    Le merveilleux Adagio assai garde ce caractère monochrome. Effacement de la main gauche qui accompagne le chant sage de la droite, celle qu’on écoute, ralentissement pour accueillir la flûte, le hautbois, la clarinette, un crescendo d’un bel engagement rompt enfin trop d’uniformité, et la rêverie disparaît à l’ombre des cors.

    Quant au Presto, il étincelle. Fougue et véhémence du piano se défient sans laisser la moindre place à une tension dramatique. Les éclats stricts et sévères, l’impressionnante articulation des folles poursuites dédaignent de même toute volubilité joyeuse. L’orchestre suit comme il peut le défi de cette virtuosité qui ne prend pas le temps de respirer mais n’omet aucune note et remporte un grand succès.

    Symphonie n° 9 de Dvořák, pourquoi dite Symphonie du Nouveau Monde ? « J’ai tout simplement écrit des thèmes à moi, leur donnant les particularités de la musique des Noirs et des Peaux-Rouges ; et, me servant de ces thèmes comme du sujet, je les ai développés au moyen de toutes les ressources du rythme, de l’harmonie, du contrepoint et des couleurs de l’orchestre moderne », commente le compositeur, alors aux États-Unis, après sa création en 1893.

    Mikko Franck en donne une lecture quelque peu détachée. Aux cordes en sourdine, très lentes, qui ouvrent l’Adagio-Allegro molto, répondent des bois hésitants. Les bousculent des cuivres arrachés. La réunion des pupitres paraît incertaine. Le rythme ne s’impose pas. Assis, Mikko Franck dirige surtout de la main droite un Orchestre Philharmonique qui semble assez peu concerné par l’œuvre qu’il joue.

    Après quelques attaques décalées, l’expressivité naît aux cuivres du célèbre Largo. Le chant du cor anglais puis des bois et des cordes créent le climat voulu par la partition. Mikko Franck a posé sa baguette et la dirige à deux bras. Lyrisme et poésie règnent sereinement avant la danse du Scherzo-Molto vivace. Sa frénésie un peu lourde banalise son enjouement mais suscite ses bondissements.

    Le Finale confirme cette lecture. Allegro con fuoco, une austérité martiale exclut toute surprise de phrasés apparus sur le même plan. La neutralité d’un crescendo nuit au fortissimo où les cuivres, là aussi, s’imposent. Enfin la passion triomphe. La mélodie de la clarinette amenée par un diminuendo songeur, la tension d’un renoncement voulu et choyé dans la paix amènent une fin de rêve à la puissance de cette symphonie.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 26/02/2016
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation du pianiste Jean-Yves Thibaudet à la Maison de la Radio, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur
    Jean-Yves Thibaudet, piano
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 9 en mi mineur « du Nouveau Monde » op. 95
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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