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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital de la soprano Diana Damrau accompagnée au piano par Helmut Deutsch à l’Opéra de Paris.

Qui peut le plus peut le moins ?
© John Palmer

Reine de la nuit reconvertie vers un répertoire moins exclusivement léger, la soprano allemande Diana Damrau est parvenue vite vers les sommets du monde lyrique. Joli physique et jolie voix, bonne comédienne, elle est néanmoins plus chez elle dans l’opéra que dans la mélodie, où tout ne lui convient pas de la même manière.
 

Palais Garnier, Paris
Le 08/03/2016
Gérard MANNONI
 



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  • C’est devenu un lieu de commun et on ne cesse de le répéter. En chant, qui peut le plus ne peut pas forcément le moins, ou ne peut s’y aventurer qu’en faisant les bons choix. Une brillante Traviata n’est pas forcément à l’aise chez Schubert et ses Lieder. Diana Damrau triomphe dans les grands rôles romantiques ornés et dans bon nombre d’héroïnes de Mozart aussi. Il lui faut à l’évidence la possibilité de laisser sa voix se développer largement dans des phrases d’un lyrisme généreux. Ce récital le prouve.

    Des sept Lieder de Schubert qui figurent en début de programme, il faut attendre l’avant-dernier, Rastlose Liebe, aux élans passionnés, pour avoir une approche convaincante de Lied schubertien et que la voix se révèle dans toute sa richesse. Autrement, on reste assez à côté du problème, de ce rapport très subtil entre texte, diction et musique, dont seuls quelques grands spécialistes parviennent à maîtriser les mystères. Diana Damrau s’efforce d’avoir un visage et un comportement expressifs. On sent la femme de scène, qui a besoin de plus de liberté que le relatif statisme du récital avec piano. Schubert n’est pas pour elle le meilleur choix.

    On s’en rend compte très vite avec les trois Sonetti di Petrarca de Liszt qui suivent. L’écriture vocale est tout autre, avec un lyrisme libéré, des phrases aux vastes dessins permettant à la cantatrice de jouer sur ces contrastes de sons amplifiés puis magiquement diminués dont elle a le secret. La voix s’épanouit, multiplie les nuances, faute de vraiment jouer sur les couleurs, mais le souffle est très bien contrôlé, inépuisable et la passion bien présente.

    En deuxième partie, Strauss et Rachmaninov se révèleront aussi exactement ce qui convient à Diana Damrau comme répertoire de mélodies. Elle y trouve la théâtralité qui correspond à sa voix et à sa technique, elle peut habiter chaque œuvre comme un petit opéra, y déployer généreusement toute la passion qu’elle montre en jouant ses grands rôles sur scène. On sent qu’elle aimerait bouger davantage, se déplacer. Elle se contrôle, mais le geste, l’expression du visage, sont toujours bien en place et en situation.

    Autant Schubert nous avait laissé déçus, autant Strauss, notamment avec Wiegenlied ou Cäcilie, et encore plus Rachmaninov laisseront le souvenir de forts moments de beau chant et de musique sincère car la cantatrice s’y montre aussi apte à traduire les climats poétiques évoquant saisons ou nature que les passions violentes, grâce notamment à ce contrôle du souffle qui lui permet de très savantes inflexions quand l’écriture musicale s’y prête. Et elle sait avoir l’humour juste d’Ils répondaient, amusante provocation entre femmes et hommes.

    Comme l’élite des chanteurs actuels, elle a Helmut Deutsch pour partenaire. Musicien complet, d’une grande intelligence, sa complicité est totale avec la cantatrice et l’on s’amuse même de les voir échanger sourires et regards pleins de malice satisfaite après un Lied particulièrement périlleux, comme s’ils venaient juste de s’amuser. Du théâtre, dira-t-on. Sans doute, mais avec tant de spontanéité et de naturel qu’on s’y laisse prendre et que cela ajoute au côté intimiste que cet art de salon cherche toujours à conserver même dans des lieux comme le Palais Garnier, aussi opposés que possible à ceux où naquirent toutes ces mélodies.




    Palais Garnier, Paris
    Le 08/03/2016
    Gérard MANNONI

    Récital de la soprano Diana Damrau accompagnée au piano par Helmut Deutsch à l’Opéra de Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Liebe schwärmt auf allen Wegen D 259
    Frülingsglaube D 686
    Gott im Frülhing D 448
    Geheimes D 719
    Hemliches Lieben D 922
    Rastlose Liebe D 138
    Ganymed D 544
    Franz Liszt (1811-1886)
    Tre Sonetti de Petrarca S.270a
    Richard Strauss (1864-1949)
    Einerlei op. 69 n° 3
    Winterweihe op. 48 n° 4
    Wiegenlied op. 41 n° 1
    Cäcilie op. 27 n° 2
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Je demande miséricorde, op. 26 n° 8
    La nuit est triste op. 26 n° 12
    Ne chante plus pour moi op. 4 n° 4
    Les Lilas op. 21 n° 5
    Ils répondaient op. 21 n° 4
    Comme c’est beau op. 21 n° 7
    Les eaux printanières op. 14 n° 11
    Diana Damrau, soprano
    Helmut Deutsch, piano

     


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