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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Troisième Symphonie de Gustav Mahler par le Los Angeles Philharmonic sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie de Paris.

Mahler sur les sommets
© Matthias Bothor

Deuxième des quatre Symphonie n° 3 de Mahler présentées cette saison à Paris, l’interprétation de Gustavo Dudamel surpasse nombre de ses prédécesseurs. En plus d’affirmer une direction plus mature que lors de ses précédentes tournées, il montre une adéquation parfaite avec le Los Angeles Philharmonic et apporte une sensibilité qu’on ne lui connaissait pas encore.
 

Philharmonie, Paris
Le 22/03/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Lancé très rapidement sur le circuit international, Gustavo Dudamel a vite assumé le statut de star tout en sachant garder la tête froide quant à ses choix musicaux. Ainsi a-t-il accepté sans hésiter la direction du Los Angeles Philharmonic en 2009 pour succéder à Esa-Pekka Salonen, mais il a affirmé aussi clairement son refus de devenir un potentiel directeur des Berliner Philharmoniker en 2015 ; cet orchestre avec lequel on l’avait entendu dans une Troisième Symphonie de Mahler un an plus tôt à Berlin, alors qu’il remplaçait Mariss Jansons souffrant.

    En comparaison de son interprétation berlinoise, la parisienne s’affiche nettement supérieure. D’abord parce que depuis quelques années, la direction très dynamique et svelte du chef vénézuélien a évolué, créant des changements dans lesquels on ne trouvait plus forcément un résultat probant, notamment dans la trop complexe Neuvième Symphonie donnée à la salle Pleyel en 2011, en comparaison d’une triomphale Première jouée deux ans plus tôt avec le Philharmonique de Radio France.

    En 2016, le chef semble avoir trouvé un véritable style dans une posture plus apaisée ; il fascine toujours autant par l’exceptionnelle clarté de sa battue, d’une limpidité capable de gérer n’importe quelle rupture sans jamais perdre l’orchestre, mais aussi par une approche nouvelle des pages sensibles, conférant au Langsam une profondeur inenvisageable il y a quelques années.

    Loin de chercher à alourdir l’œuvre dans le sens de certaines lectures germaniques, Dudamel assume une influence interprétative américaine dans la continuité de Michael Tilson Thomas et James Levine, très cohérente avec une tradition d'outre-Atlantique issue du compositeur lui-même lorsqu’il était directeur musical du Met. Ainsi découvre-t-on, en plus d’une gestion fascinante de mise en avant des pupitres, un raffinement rare dans le Kräftig, qui relègue loin derrière la vision superflue de Welser-Möst avec Cleveland en octobre dernier dans la même œuvre.

    Ici, le rubato appliqué aux violoncelles comme les accords ralentis des contrebasses touchent profondément, ces dernières au nombre de neuf étant de plus parfaitement placées sur la gauche dans la Philharmonie de Paris, bien plus audibles qu’à droite sur la scène. La brillance des trombones et l’impeccable tenue des cors rappellent en outre l’excellence des meilleures formations du Nouveau Monde, et le cor de postillon est un régal de tous les instants en coulisse pendant le Comodo Scherzando.

    La petite harmonie traite avec lumière la partition, à l’instar du piccolo laissant échapper à plusieurs reprises dans l’éther la dernière note de sa portée en rappelant les sensations immatérielles qu’on entendait avec Abbado. Le Tempo di Menuetto prouve une fois de plus la netteté de la pulsation, idéale pour la valse, comme l’ont compris les Wiener Philharmoniker en proposant à Dudamel le prochain Concert du Nouvel An.

    La Maîtrise et les Femmes du Chœur de Radio France préparés par Sofi Jeannin continuent un sans-faute cette saison et portent toute la douceur des cloches du IV, puis du texte tiré du Knaben Wunderhorn ensuite. Ils accompagnent la magnifique Tamara Mumford, plus connue aux États-Unis qu’en Europe, dont la pureté de la ligne de chant et la couleur du médium lors du O Mensch ! de Nietzsche procure le désir d’en entendre beaucoup plus.

    Le public, qui aura applaudi après chaque mouvement, laisse exploser sa ferveur dès le dernier accord du Langsam, non pas bouleversé par une nostalgie trop radieuse pour traumatiser l’auditeur, mais plutôt galvanisé par la justesse et la puissance des derniers coups massifs frappés par les deux timbaliers, derniers instants d’une soirée magnifique dont il ne reste plus qu’à espérer une parution rapide de l’enregistrement.




    Philharmonie, Paris
    Le 22/03/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Troisième Symphonie de Gustav Mahler par le Los Angeles Philharmonic sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie de Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur
    Tamara Mumford, mezzo-soprano
    Maîtrise de Radio France
    Chœur de femmes de Radio France
    préparation : Sofi Jeannin
    Los Angeles Philharmonic
    direction : Gustavo Dudamel

     


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