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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2018

Nouvelle production de Geneviève de Brabant d’Offenbach dans une mise en scène de Carlos Wagner et sous la direction de Claude Schnitzler à l’Opéra de Montpellier.

Geneviève, une fois !
© Marc Ginot

Improbable entreprise que cette version hybride de Geneviève de Brabant signée par le musicologue Jean-Christophe Keck. L'héroïne d'Offenbach y perd son humour décalé et les références satiriques au Troisième Empire. La mise en scène très premier degré de Carlos Wagner envoie par le fond les rares velléités de truculence et d'esprit, malgré un plateau vocal plutôt bien garni.
 

Corum, Montpellier
Le 18/03/2016
David VERDIER
 



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  • Le Brabant est en émoi, pensez donc : cette pauvre Geneviève délaissée par Sifroy son époux, se voit accusée d'adultère par le maléfique intendant Golo. Profitant du séjour du prince en Palestine, il tente de se débarrasser d'elle. L'entreprise échouera, Geneviève réussissant à se réfugier dans la forêt auprès d'une biche, avant d'être découverte fortuitement par son mari qui fera éclater la vérité et condamner l'usurpateur.

    Cette fable médiévale inspirera notamment la Genoveva de Schumann et le méconnu opéra pour marionnettes d'Erik Satie. Tout ceci était sans compter le turbulent Jacques Offenbach qui mit les pieds dans ce récit romantique pour en tirer avec ses librettistes Adolphe Jaime et Étienne Tréfeu un opéra-bouffe qui fera mourir de rire le public parisien en 1859. Remis sur le métier à deux reprises (1867 et 1875), l'ouvrage se muera sous l'impulsion d'Hector Crémieux en opéra-bouffon-féerie, glanant au passage pas mal de péripéties additionnelles et une durée généreuse.

    Le musicologue Jean-Christophe Keck a eu l'idée saugrenue pour cette nouvelle production montpelliéraine de mêler les deux premières versions, occasionnant plusieurs modifications dans l'équilibre général. La principale option consistant à réduire à un espace unique une action censée se dérouler en plusieurs lieux, on doit donc oublier le comique de situation, entre le château d'Asnières où le si froid duc Sifroy passe du bon temps et la gare du Nord, point de départ des Croisés pour rejoindre la croisade de Charles Martel.

    Rifail Ajdarpasic impose dans un unique décor deux pavillons d'une laideur assumée, version Deschiens avec façades ripolinées, pelouse artificielle et caravane dans le jardin. Pour un peu, on imaginerait volontiers qu'un mystérieux prête-nom se dissimule derrière le patronyme de Carlos Wagner – metteur en scène de cette blague belge illustrée avec un premier degré très bon enfant.

    L'humour grivois balance entre le Professeur Choron et l'almanach Vermot, bien secondé par des effets visuels à l'impact rétinien insensé. En témoignent la burqa fuchsia recouvrant la statue de Charles Martel, les variations priapiques du fameux pâté aphrodisiaque ou encore les allusions au Manneken-pis et la Barbarella volante. La stratification des effets charge la barque sans forcément provoquer les résultats escomptés.

    La pétulante Jodie Devos écrase la concurrence dans un rôle-titre au style redoutablement affuté et goguenard. À très courte distance derrière elle, on trouve l'amoureux-cuisinier Drogan incarné par une Valentine Lemercier au timbre souple et irrésistible, ainsi que la capiteuse Isoline de Diana Higbee. Sophie Angebault, en dame de compagnie, complète de belle manière cette galerie féminine. On fera de gros yeux au Duc fêtard et infidèle d'Avi Klemberg, promenant sa grosse voix dans le très dispensable Une poule sur un mur, en compagnie du geignard versificateur Narcisse de Thomas Morris.

    Caricature (involontaire ?) de Graham Valentine, Jean-Marc Bihour tente en vain d'imposer un Golo entre comique de boulevard et sketch télé. Plus inspirés que le terne Sébastien Parotte en Charles Martel, Philippe Ermelier et Enguerrand de Hys réussissent leur numéro des deux flics à vélo, tandis que Kevin Amiel fait de son mieux pour imiter l'accent bruxellois. La battue assez routinière de Claude Schnitzler peine à tirer le public d'une relative torpeur, dont on ignore si l'origine se trouve dans les pitreries abusives du livret ou les gags scéniques. Pauvre Brabançonne !




    Corum, Montpellier
    Le 18/03/2016
    David VERDIER

    Nouvelle production de Geneviève de Brabant d’Offenbach dans une mise en scène de Carlos Wagner et sous la direction de Claude Schnitzler à l’Opéra de Montpellier.
    Jacques Offenbach (1819-1890)
    Geneviève de Brabant, opéra-bouffe en trois actes
    Livret d'Hector Crémieux, Etienne Trefeu et Adolphe Jaime (adaptation de Carlos Wagner et Benjamin Prins basée sur les versions de 1859 et 1867 d'après l'édition critique de Jean-Christophe Keck)

    Coproduction Opéra-Orchestre national Languedoc-Roussillon / Opéra National de Lorraine

    Membres du Chœur et de l'Orchestre de l'Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon
    direction : Claude Schnitzler
    Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon
    mise en scène : Carlos Wagner
    décors : Rifail Ajdarpasic
    costumes : Christophe Ouvrard
    éclairages : Fabrice Kébour
    chorégraphie : Tom Baert
    préparation des chœurs : Noëlle Gény

    Avec :
    Jodie Devos (Geneviève), Valentine Lemercier (Drogan, Ermite du ravin), Sophie Angebault (Brigitte), Diana Higbee (Isoline), Avi Klemberg (Sifroy), Sébastien Parotte (Charles Martel), Kevin Amiel (Vanderprout), Thomas Morris (Narcisse), Jean-Marc Bihour (Golo), Enguerrand de Hys (Pitou), Philippe Ermelier (Grabuge), Charlotte Gleize (Arthur), Alexandra Dauphin (Irma), Marie-Camille Goiffon (Blondette).

     



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