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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert de la Staatskapelle Dresden sous la direction de Vladimir Jurowski, avec la participation de Rudolf Buchbinder, au festival de Pâques de Salzbourg 2016.

Salzbourg Pâques 2016 (3) :
L’étrange voyage de Puck

© Michael Groessinger

Dans cette édition 2016, Vladimir Jurowski propose un programme intelligent mêlant des pièces liées à Shakespeare et à l’histoire de la Staatskapelle. Il pèche en revanche par un excès de didactisme en prenant à deux reprises le micro en seconde partie, démarche quelque peu hors contexte même si cela permet un éclairage intéressant sur les pièces de Mendelssohn et Henze.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 26/03/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Chaque annĂ©e depuis la reprise du festival de Pâques de Salzbourg par Thielemann et la Staatskapelle Dresden, deux concerts et l’opĂ©ra sont dirigĂ©s par le chef allemand, et un concert par un chef invitĂ© ; continuitĂ© avec une tradition initiĂ©e par Karajan Ă  partir des annĂ©es 1980, imitĂ©e ensuite par Claudio Abbado puis Simon Rattle. Après Myung-Whun Chung en 2013, Christoph Eschenbach en 2014, puis Daniele Gatti en 2015, c’est cette fois Ă  Vladimir Jurowski, accueilli rĂ©gulièrement Ă  la Semperoper, que revient l’honneur du concert mĂ©dian.

    Son programme composé de quatre œuvres fait le lien pour trois d’entre elles avec le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, la quatrième étant le Concerto n° 1 de Beethoven, d’une époque charnière entre classicisme et romantisme, à l’instar des compositeurs Weber et Mendelssohn également joués lors cette soirée. Vladimir Jurowski applique à ces pièces un discours relativement classique mais très imprégné des teintes recherchées actuellement, où l’absence d’exubérance ramène aux enseignements des baroqueux tandis que la ligne fluide et l’ampleur des cordes développent un son plus moderne.

    L’Ouverture d’Obéron cisèle les cors et trouve une sonorité intéressante dans la distance qu’elle garde avec Wagner en déployant une énergie bellinienne. Les cors y sont irréprochables dès le premier accord, et l’on se délecte rapidement de la qualité de la petite harmonie (magnifique hautbois de Cécile Moinet) comme de la capacité des violons à asséner leurs attaques.

    Dans le concerto, Rudolf Buchbinder s’accommode parfaitement au style du chef par un jeu assez neutre, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire sans faire passer la personnalité interprétative avant l’œuvre jouée, tout en adaptant son rythme et sa dynamique à la partition et à un orchestre auquel il est très attentif. En bis, le Finale de la Sonate Pathétique de Beethoven convainc là encore dans une lecture sobre et équilibrée.

    Pour ouvrir la seconde partie, l’ouverture Ein Sommernachtstraum op. 21 passionne moins, car elle ne trouve pas les couleurs et la légèreté qui caractérisent l’écriture de Mendelssohn, sans non plus apporter un nouvel éclairage de l’ouvrage en ne tendant ni vers le romantisme post-beethovénien ni vers des sons pré-wagnériens.

    Placée en dernier, la Symphonie n° 8 de Hans Werner Henze fait fuir quelques auditeurs avant même que le chef ne soit revenu sur le pupitre. Il reprend un micro qu’il avait déjà au retour d’entracte pour expliquer encore le lien de la pièce avec le Songe d’une nuit d’été, au risque d’intéresser un nombre restreint de spectateurs par un texte d’une dizaine de minutes, dont le spécialiste se passionnera au moins pour l’anecdote d’une conversation entre le chef et le compositeur maintenant disparu.

    Dans ce type d’ouvrage où les références au concert manquent et où l’on connaît surtout les versions d’Henze lui-même au disque, Jurowski captive par sa direction ample, joueuse malgré une battue qui a gagné en rigueur face à la complexité rythmique. Le chef aura donné des clés de lecture comme le Sacre et Petrouchka qu’on reconnaît tout de suite, mais les timbres sombres qu’il sort des cordes et les sonorités germaniques provenant du même groupe rappellent aussi facilement Hindemith ou Reger, et pour rester chez Stravinski le Baiser de la fée dans l’approche d’un Furtwängler.

    Cultiver plutôt que distraire est fondamental en musique, mais il semble que Vladimir Jurowski n’aura pas convaincu toute la salle ce soir, et que son approche intellectuelle de la musique passionnera bien plus lorsqu’il sera à la tête du Rundfunk-Sinfonie Orchester Berlin à partir de 2017.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 26/03/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de la Staatskapelle Dresden sous la direction de Vladimir Jurowski, avec la participation de Rudolf Buchbinder, au festival de Pâques de Salzbourg 2016.
    Carl Maria von Weber (1786-1826)
    Obéron, ouverture
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 1 en ut majeur op. 15
    Rudolf Buchbinder, piano
    Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
    Ein Sommernachtstraum op. 21
    Hans Werner Henze (1826-2012)
    Symphonie n° 8
    Staatskapelle Dresden
    direction : Vladimir Jurowski

     


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