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CRITIQUES DE CONCERTS 11 juillet 2020

Nouvelle production d’Otello de Verdi dans une mise en scène de Vincent Boussard et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2016.

Salzbourg Pâques 2016 (4) :
Otello et Isolde

© Forster

Otello retrouve vingt ans après Claudio Abbado la scène du Grosses Festspielhaus de Salzbourg pour Pâques. La direction de Christian Thielemann éloigne l’œuvre de l’Italie verdienne pour la ramener vers l’Allemagne de Wagner, à laquelle on aurait préféré un grand Tristan et une grande Isolde aux chanteurs José Cura et Dorothea Röschmann dans les rôles principaux.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 27/03/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Pour la deuxième fois depuis sa crĂ©ation, le festival de Pâques de Salzbourg accueille sur scène l’avant-dernier opĂ©ra de Verdi. Pourtant, la filiation musicale avec Abbado vingt ans plus tĂ´t serait bien complexe Ă  Ă©tablir. Pour rapprocher le jeu de Christian Thielemann d’un Otello salzbourgeois, il faut se tourner vers l’étĂ© 1951, lorsque Furtwängler dirigeait l’œuvre, dans laquelle on retrouve un souci maniaque du dĂ©tail, un dĂ©liĂ© particulièrement marquĂ© et une mise en avant des instruments graves. Malheureusement, le contemporain ne trouve pas la mĂŞme dynamique que son aĂ®nĂ©, et s’il intĂ©resse franchement, c’est dans le fragment plutĂ´t que dans le tout.

    Le chef allemand a pourtant déjà dirigé l’œuvre plus jeune, lorsqu’il était directeur à l’Opéra de Bologne, mais il lui manque clairement une ligne globale et la couleur italienne, particulièrement gênante pour l’acte III, le plus faible de la soirée. La dynamique au I convient nettement plus, notamment dans la scène d’ensemble entre Cassio, Iago et les Chypriotes. Avant l’arrivée d’Otello, les graves marqués des contrebasses impressionnent aussi, même s’ils semblent plus techniques que narratifs. Le soutient du duo Otello-Desdemona au II fonctionne à merveille ; il semble impossible, dirigé ainsi, que Verdi n’ait pas eu entre les mains la partition de Tristan avant de composer son opéra.

    Mais alors qu’on aurait aimé un Tristan comme Andreas Schager en guise d’Otello, c’est ici José Cura qui tient le rôle-titre, remplaçant Johan Botha d’abord prévu, en arrêt six mois pour soigner un cancer. Sans démériter et avec un style latin, Cura convainc en tant qu’acteur jusqu’à sa mort sur scène, mais n’arrive pas à cacher une voix ternie par le temps et les excès d’aigus. Il tient simplement sans démériter ce lourd emploi pour lequel on cherche depuis longtemps un successeur à Plácido Domingo, sans être certain que Meli ni Kaufmann n’arriveront à prendre cette relève.

    Dorothea Röschmann semblait dès la parution de la programmation 2016 une Desdemona surprenante, et là encore la curiosité dépasse l’intérêt musicale. Son travail de l’aigu laisse sortir seulement les notes les plus hautes, venue de nulle part puisque les médiums sont absents, sans non plus que la ductilité de la voix ne permette de trouver une place dans les ensembles. Le duo tient presque, mais ni Quando narravi, ni surtout l’Ave Maria du dernier acte n’arrivent à toucher.

    Carlos Alvarez convainc nettement plus en Iago, bien que la largeur du spectre soit quelque peu resserrée aux deux extrêmes. Le Cassio de Benjamin Bernheim est donc finalement le personnage le plus beau, la ligne de chant souple s’alliant à une projection claire et une diction précise. Ni Christa Mayer ni Georg Zeppenfeld ne parviennent à donner de la rondeur à Emilia et Lodovico, mais on aime le Rodrigo bien présent de Bror Magnus Todenes. Le chœur lui aussi problématique dans l’italianità est en revanche en place dès le début, et gagne en présence en seconde partie de soirée, sans pour autant exalter ses parties.

    Enfin, la mise en scène de Vincent Boussard ressemble plus à une mise en ambiance, gestion sombre de lumière et de jeux de brumes passant d’un écran vidéo à la réalité, tandis qu’une longue table sert à plusieurs reprises, principalement au III lorsqu’elle est couverte de bougies. Les costumes simples de Christian Lacroix ne passionnent pas, et l’on trouvera juste une belle idée au décor de Vincent Lemaire dans le long voile lancé par le vent vers le public à l’ouverture de rideau, puis réutilisé dans le duo d’amour ; version augmentée du mouchoir qui perdra Desdemona.

    Pour les plus curieux de la direction donnée par Thielemann, l’ouvrage sera repris la saison prochaine à la Semperoper de Dresde, cette fois avec Johan Botha et le Iago de Dmitri Hvorostovsky. Pour les autres, on attendra sans doute plus la Walkyrie l’an prochain à Salzbourg, dans la mise en scène qui a ouvert le festival de Pâques cinquante ans plus tôt, avec la prise de rôle d’Anja Harteros en Sieglinde.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 27/03/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production d’Otello de Verdi dans une mise en scène de Vincent Boussard et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2016.
    Giuseppe Verdi (1813-1883)
    Otello, opéra en quatre actes
    Livret d’Arrigo Boito, n’après la tragédie de William Shakespeare
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Vincent Boussard
    décors : Vincent Lemaire
    costumes : Christian Lacroix
    Ă©clairages : Guido Levi
    vidéos : Isabel Robson
    chorégraphie : Helge Letonja
    dramaturgie : Stefan Ulrich
    préparation des chœurs : Jörn H. Andresen

    Avec :
    José Cura (Otello), Dorothea Röschmann (Desdemona), Carlos Alvarez (Iago), Benjamin Bernheim (Cassio), Christa Mayer (Emilia), Georg Zeppenfeld (Lodovico), Bror Magnus Todenes (Rodrigo), Csaba Szegedi (Montano), Gordon Bintner (Araldo), Sofia Pintzou (Un ange).

     



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