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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2017

Reprise d’Hélène d’Égypte de Strauss dans une mise en scène de Marco Arturo Marelli et sous la direction d’Andrew Litton à la Deutsche Oper de Berlin.

Vaillante Helena
© Marcus Lieberenz

Dans le cadre des Strauss-Wochen, la Deutsche Oper Berlin trouve le moyen de proposer cinq opéras de Richard Strauss en cinq jours, dont la rare Hélène d’Égypte dans une des seules productions scéniques disponibles. L’œuvre ne passionne pas toujours malgré son livret d'Hofmannsthal, mais Ricarda Merbeth tient comme l’an passé à Francfort le rôle-titre avec vigueur.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 08/04/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En mai 2015, Ricarda Merbeth remplaçait Tamara Wilson dans une version de concert de Die Ägyptische Helena de Richard Strauss, accompagnée par le Ménélas hors du commun d’Andreas Schager et la superbe Aïthra de Branda Rae, sous la baguette colorée de Stefan Soltesz. Dans ces conditions, l’œuvre dont on ne connaît qu’un nombre restreint d’interprétations masquait ses faiblesses par quelques moments d’orgie musicale.

    Un an plus tard sur la scène berlinoise, la version scénique ne pardonne plus, et même s’il faut remercier la Deutsche Oper de présenter cette rareté devant un public multilingue, on ne peut que rester circonspect face à l’intérêt véritable du neuvième opéra du compositeur ; cinquième collaboration avec un Hofmannsthal dont le jugement portait à considérer ce livret comme son meilleur, quand on trouvera facilement qu’il est le plus faible.

    Le texte ne permet ni de centrer la mise en scène sur les personnages, ni de proposer une transposition pertinente de l’action recomposée à partir de deux mythes grecs. Marco Arturo Marelli trouve donc pour cette production de 2009 un angle kitsch basé sur un plateau tournant à trois décors ; deux orientalistes représentant Le Caire avec en fond les pyramides et la citadelle, le troisième en intérieur rose et bleu avec canapé, lit et fauteuils.

    La fusillade de Ménélas au début et les liens faits avec Lawrence d’Arabie semblent porter l’histoire en pleine révolte arabe de 1916-1918, soit à une époque proche de la composition de l’opéra. Mais le fait que le héros utilise à plusieurs reprises une AK-47 (Automativ Kalachnikov 1947) ne permet pas de valider le parallèle ni la période, bien qu’on comprenne l’idée d’une dualité orient-occident dans la conception voulue par le librettiste allemand.

    Au matériau orchestral de Strauss joué dans une version mixée par Marelli entre celle originale de Dresde de 1928 et la première retouche de 1933 pour Vienne, il manque la personnalité des œuvres encadrantes. On reconnaît des teintes d’Elektra, d’Ariadne ou de la Frau ohne Schatten, sans qu’ici les couleurs soient suffisamment mises en valeur par l’Orchester der Deutschen Oper Berlin, en forme physiquement mais pas assez cristallin pour tirer de cette partition plus qu’elle n’en possède. La direction d’Andrew Litton convainc sans passionner, tenant le flux dynamique avec équilibre et souplesse sans jamais exalter l’action, sauf peut-être au final.

    On se tourne alors vers les voix, à commencer par celle impressionnante de Ricarda Merbeth, surtout lors d’un II dans lequel elle revient à pleine puissance dès son premier air. Stefan Vinke tient avec vaillance son personnage de Ménélas et monte également en niveau après l’entracte. Il n’a pas la puissance d’un Schager, mais pour chanter un rôle qui doit représenter deux ou trois fois celui de Bacchus en longueur avec les mêmes complexités techniques, il est clairement l’un des meilleurs sur la scène internationale actuelle. L’Aïthra de Laura Aikin séduit autant voire plus par une ligne de chant agile et droite, à laquelle il ne manque qu’un peu d’éclat dans l’aigu.

    Des seconds rôles, le Da-Ud d’Andrew Dickinson accroche par sa présence mais serre quelques aigus, tandis que Derek Welton caractérise un Altaïr bien présent tant scéniquement que vocalement. Les servantes comme les elfes amusent dans leurs costumes orientaux, mais laissent la place de choix au Coquillage fantastique de burlesque de la mezzo-soprano Ronnita Miller, dont le physique rappelle celui de Jessye Norman.

    Cette découverte ou redécouverte mérite d’être montée à l’occasion dans de telle conditions musicales, mais ne pourra trouver sa place parmi les nombreux chefs-d’œuvre de Strauss.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 08/04/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise d’Hélène d’Égypte de Strauss dans une mise en scène de Marco Arturo Marelli et sous la direction d’Andrew Litton à la Deutsche Oper de Berlin.
    Richard Strauss (1864 – 1949)
    Die Ägyptische Helena, opéra en deux actes
    Livret d’Hugo von Hofmannstahl

    Chor der Deutschen Oper Berlin
    Orchester der Deutschen Oper Berlin
    direction : Andrew Litton
    mise en scène : Marco Arturo Marelli
    décors : Marco Arturo Marelli
    costumes : Dagmar Niefind
    dramaturgie : Andreas K.W. Meyer
    direction d’acteur : Claudia Gotta
    préparation des chœurs : William Spaulding

    Avec :
    Ricarda Merbeth (Helena), Stefan Vinke (Menelas), Laura Aikin (Aïthra), Selina Isi (Hermione), Derek Welton (Altaïr), Andrew Dickinson (Da-Ud), Ronnita Miller (Le Coquillage), Alexandra Hutton, Stephanie Weiss (Servantes), Elbenita Katjazi, Alexandra Ionis, Rebecca Raffeli (Elfes).

     



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