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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Version de concert de Werther de Massenet dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Pari gagné pour Werther
© Trevor Leighton / Decca

Sans que cela soit une découverte mais plutôt une confirmation, on est fasciné par l’efficacité totale de Joyce DiDonato et de Juan Diego Flórez dans le Werther de Massenet, un répertoire où on ne les attendait pas forcément. Éminents rossiniens et belcantistes, seraient-ils autant chez eux dans le grand opéra français ? Pari gagné.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 09/04/2016
Gérard MANNONI
 



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  • Au sein d’une excellente distribution, il faut bien reconnaître que Joyce DiDonato et Juan Diego Flórez ont fait une démonstration de chant touchant à la perfection, celui des traditionnels monstres sacrés du monde lyrique. On les savait sur cet Olympe, mais pas forcément dans le déchaînement romantique de Gœthe revu par Massenet, et dans une langue qui n’est pas celle qu’ils pratiquent le plus.

    Or, tant du point de vue de la qualité de leur élocution que de celle de leur style, nous avons navigué en plein bonheur. Certes, Flórez n’a pas a priori une voix du type de celle des grands Werther comme Kaufmann ou Alagna ou encore Villazón. Il n’a pas non plus un timbre de miel et d’or comme l’avait un autre très grand titulaire du rôle, Alfredo Kraus, lui aussi, par ailleurs, grand interprète de la Fille du régiment, ce qui prouve qu’il existe un pont entre certains rôles qui paraissent opposés.

    Très jolie voix pourtant que celle de Flórez, et surtout menée avec une totale maîtrise, celle du souffle notamment, et celle du placement. Une voix très bien placée n’a pas besoin d’être gigantesque pour passer tous les orchestres dans n’importe quel théâtre. Si bien qu’on ne pose ici avec lui jamais le problème de la puissance, même si l’on entend bien que la matière de la voix n’est pas celle le plus souvent nécessaire à ce rôle. Peut-être manque-t-il quelques changements de couleurs, mais il y a la conviction, la générosité, le drame et l’intériorité quand il les faut avec un engagement de chaque instant. On y croit à chaque seconde.

    La voix de Joyce DiDonato est a priori mieux adaptée au rôle de Charlotte, mais on la découvre avec des possibilités d’expression dramatique incroyables. Est-ce bien la roucoulante Rosine qui nous bouleverse par des accents d’une telle intensité ? Magistral aussi bien dans la simplicité de la grande sœur que dans les fureurs de l’amour désespéré. Et pour elle comme pour lui, aucun truquage ne vient altérer la qualité du chant. Une sincérité absolue qui s’ajoute à tout le reste pour leur valoir une très mémorable ovation, même de la part d’un public habitué à manifester sa passion sans restrictions.

    Tous les autres rôles sont très bien tenus, de l’Albert du blond baryton américain John Chest à la Sophie de la Moldave Valentina Nafortina, du Bailli de Luc Bertin-Hugault aux Schmidt et Johann de Marc Larcher et Nicolas Rivenq et aux enfants de Maîtrise de Radio France. Jacques Lacombe était au pupitre de l’Orchestre national de France. Il n’a pas ménagé les chanteurs, laissant l’orchestre sonner dans toute son amplitude, avec beaucoup de finesse cependant pour rendre justice à la belle écriture musicale de Massenet et avec quelques moments particulièrement splendides comme les interludes orchestraux, notamment le dernier, avec une miraculeuse intervention de l’harmonie.

    Une fois encore, donner ainsi Werther en concert n’était pas gagné d’avance. Il arrive que l’audace soit payante.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 09/04/2016
    Gérard MANNONI

    Version de concert de Werther de Massenet dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Werther (1892)
    Livret d’Edouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann, d’après les Souffrances du jeune Werther de Goethe
    Juan Diego Flórez (Werther)
    Joyce DiDonato (Charlotte)
    John Chest (Albert)
    Luc Bertin-Hugault (le Bailli)
    Valentina Nafornita (Sophie)
    Marc Larcher (Schmidt et Brühlmann)
    Nicolas Rivenq (Johann)
    Eléonore Pancrazi (Kätchen)
    Maîtrise de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Jacques Lacombe

     


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