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CRITIQUES DE CONCERTS 16 décembre 2018

Reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène de Götz Friedrich, sous la direction d’Ulf Schirmer à la Deutsche Oper de Berlin.

Rose pour Sophie

Proposée trois fois en clôture du Festival Richard Strauss de la Deutsche Oper Berlin, la production du Rosenkavalier de Götz Friedrich devait accueillir Anja Harteros dans le rôle de la Maréchale, mais retrouve à la place Michaela Kaune, entourée comme en 2014 d’Albert Pesendorfer et Daniela Sindram. Il reste alors à la jeune Sophie de Siobhan Stagg de dynamiser la soirée.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 10/04/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Représentée pour la soixante-quinzième fois depuis sa création en 1993, soit en moyenne trois soirées par an depuis vingt-quatre ans, la mise en scène berlinoise du Rosenkavalier de Götz Friedrich a vu passer presque tous les plus grands. Après Elina Garança en 2014 dans le rôle d’Octavian, elle devait accueillir cette fois la Maréchale d’Anja Harteros, avant que celle-ci ne vienne à Paris.

    La fin des représentations du Bal masqué de Munich abandonnée par la star ne laissait rien augurer de bon pour Berlin, et l’on retrouve en effet dès ce premier soir de reprise Michaela Kaune, déjà sur cette scène dans le rôle en 2011 et 2014, mais à la voix adoucie par rapport à ses précédentes prestations, donnant dans le chant un émouvant premier acte, en plus d’un phrasé travaillé jusqu’à la scène finale.

    Daniela Sindram continue à porter son personnage d’Octavian en jouant des pitreries que lui offre le travestissement de Mariandel au I, et en caricaturant particulièrement la voix de fausset lors du repas avec Ochs au II. Elle ne parvient pourtant pas totalement à passionner là où Koch quelques années plus tôt, et surtout Garança et Di Donato ont refait le rôle cette dernière décennie. Albert Pesendorfer semble plus fatigué qu’auparavant, et s’il connaît son personnage et stimule la dramaturgie du Baron Ochs dans cette lecture, la voix manque de modulations et de couleurs.

    Passons sur le Chanteur italien totalement hors format de Matthew Newlin pour traiter les curiosités du reste de la distribution. Le Faninal de Michael Kupfer-Radecky ne démarre pas au bon moment sur sa première intervention au II, mais convainc dans le grave sinon dans un style sans doute trop wagnérien. Le commissaire bien tenu au III par Seth Carico laisse ressortir le Valzacchi de Patrick Vogel, lui-même excellemment accompagné par l’Annina à la voix bien placée de Stephanie Lauricella.

    Le plateau trouve un véritable attrait avec la Sophie de Siobhan Stagg, jeune colorature montante de la troupe de Berlin, entendue aussi l’an passé dans un Deutsches Requiem remarqué avec les Berliner Philharmoniker. Le contrôle de la ligne et la capacité à tuber les notes aiguës impressionnent autant que la belle couleur du grain dans le médium, auquel s’ajoute une fraîcheur du jeu en scène.

    Si le parfum de la rose trouve donc quelques arômes dans le chant, l’écrin de Götz Friedrich en forme de pastiche modernisé des mises en scènes d’Otto Schenck commence à accuser son âge. Le I sur lit de satin ne dérange ni ne déçoit, le II applaudi à l’ouverture de rideau grâce au classicisme des costumes tente dans un décor noir d’éviter le blanc de son prédécesseur, et le III cherche un mélange de ce qu’ont produit le début des années 1990, des ambiances night-club aux costumes fluorescents.

    Mais si le métal de la rose est d’argent, celui de la baguette d’Ulf Schirmer est d’inox. Le Kapellmeister de Leipzig gère dans la tradition les équilibres dont il fait ressortir de beaux bois, clarinettes et clarinette basse en tête, sans que jamais l’orchestre n’apporte narration ni densité à cette partition pour laquelle on a trop en tête les récentes soirées de référence de Christian Thielemann et Kirill Petrenko à Dresde, Munich ou Vienne. Ce soir à Berlin, on ne trouve ni souplesse au I, ni noirceur au II, ni déflagration au III, et même pas la belle dynamique qu’insufflait auparavant Donald Runnicles dans la même fosse.

    Salomé, Elektra, Hélène d’Égypte, l’Amour de Danaé et le Chevalier à la rose étaient programmés pendant deux mois et cumulables sur cinq soirées d’affilée dans la capitale allemande, prouvant la qualité de programmation de la Deutsche Oper Berlin et l’intelligence d’utilisation de son répertoire. Ce remarquable parcours Richard Strauss trouve pourtant sa réussite avant tout dans sa globalité, plus que dans le caractère de chaque soirée.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 10/04/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène de Götz Friedrich, sous la direction d’Ulf Schirmer à la Deutsche Oper de Berlin.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Der Rosenkavalier, comédie en musique en trois actes (1911)
    Livret d’Hugo von Hofmannsthal

    Kinderchor der Deutschen Oper Berlin
    Chor der Deutschen Oper Berlin
    Orchester der Deutschen Oper Berlin
    direction : Ulf Schirmer
    mise en scène : Ulf Schirmer
    décors : Gottfried Pilz, Isabel Ines Glathar
    éclairages : Duane Schuler
    préparation des chœurs : Thomas Richter

    Avec :
    Michaela Kaune (Die Feldmarschallin), Albert Pesendorfer (Baron Ochs), Daniela Sindram (Octavian), Michael Kupfer-Radecky (Faninal), Siobhan Stagg (Sophie), Fionnuala McCarthy (Marianne), Patrick Vogel (Valzacchi), Stephanie Lauricella (Annina), Seth Carico (Un Commissaire), Peter Maus (Der Haushofmeister), Jörg Schörner (Der Haushofmeister), Matthew Newlin (Ein Sänger), Noel Bouley (Un notaire), Matthew Peña (Un pâtre).

     



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