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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2017

Reprise de Simon Boccanegra de Verdi dans la mise en scène de Giancarlo del Monaco et sous la direction de James Levine au Metropolitan Opera House, New York.

Fin de règne
© Marty Sohl

Présent au Met pour y entendre encore James Levine, on ne pouvait se préparer au choc de mercredi devant le corps tremblant du chef. L’annonce de sa démission dès le lendemain après quarante ans de direction musicale donne une tout autre force à la dernière représentation du Simon Boccanegra le samedi, peut-être la dernière en fosse du géant.
 

Metropolitan Opera, New York
Le 16/04/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La maladie de Parkinson ayant avancé rapidement ces derniers mois, il faut maintenant profiter de chacune des interventions de James Levine, avec le risque qu’il ne puisse correctement gérer toutes les entrées et crée quelques décalages dans les chœurs. Très fatigué le mercredi, on le retrouve bien mieux quelques jours plus tard, sa direction bénéficiant d’un plateau nettement supérieur.

    Le prélude de Simon Boccanegra sous la baguette du chef américain offre tout le lyrisme et la finesse dont peut rêver l’œuvre depuis la mort d’Abbado. Ces grands instants lyriques se retrouvent à de nombreuses reprises, tout particulièrement lors de la scène finale. Pour les raisons évoquées plus haut, la dynamique fait parfois défaut le mercredi ; elle est retrouvée le samedi avec cette capacité à impulser d’un seul coup sur une note toute la force de la magnifique machine orchestrale du Met, sans pour autant pousser le volume sonore ni jamais effleurer la moindre vulgarité.

    Au-dessus d’un tel tapis sonore, la distribution n’a qu’à se laisser porter pour jouer le drame créé à La Fenice en 1857. Plácido Domingo avait pris ses habits de baryton avec ce rôle-titre, enregistré pour Sony en 2010 dans la production du Met qu’il connaissait déjà en tant que ténor. En méforme le mercredi, il exalte son chant le samedi et trouve comme dans I Due Foscari à Milan en mars plus de graves que lors de ces prestations précédentes. Sa chute sur Compi il moi voler est cette fois bouleversante, d’autant qu’elle est accompagnée par le Jacopo Fiesco charismatique et très vocal de Ferruccio Furlanetto, noir à souhait dès le Prologue dans A te l’estremo addio.

    Peu connu sur la scène européenne, Lianna Haroutounian soutient une Maria à la voix chaleureuse et pleine de vie, puissante dans l’aigu et à l’aise jusqu’au bas-médium. Joseph Calleja lui répond en Gabriele Adorno avec un chevrotement marqué mais un timbre particulier et une technique qui fait toujours penser aux grands chanteurs du début du siècle précédent. Son O inferno ! montre la supériorité du chanteur sur le Paolo Albiani de Brian Mulligan, remplacé au pied levé le samedi par Stephen Gaertner, à la projection plus claire.

    Comme toujours au Met, la mise en scène n’est pas faite pour réfléchir et celle de Giancarlo del Monaco trouve surtout sa réussite dans les énormes décors et costumes de Michael Scott. Son classicisme fait croire à une fidélité pourtant bien éloignée de l’époque du livret (1360), mais plutôt liée à une Italie fantasmée par Hollywood dans des peintures Renaissance qu’on trouve au Vatican et non à Gênes. Cela n’a aucun intérêt mais ne pose aucun problème tant la concentration est ailleurs, à profiter encore de Domingo avant qu’il ne vienne chanter le rôle en Europe très prochainement, et surtout à regarder encore une fois le Doge du Met en souhaitant qu’il dirige encore de nombreuses années.




    Metropolitan Opera, New York
    Le 16/04/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Simon Boccanegra de Verdi dans la mise en scène de Giancarlo del Monaco et sous la direction de James Levine au Metropolitan Opera House, New York.
    Giuseppe Verdi (1813-1883)
    Simon Boccanegra, opéra en un prologue et trois actes (1857)
    Livret de Francesco Maria Piave révisé par Arrigo Boito, d’après la pièce d’Antonio García Gutiérrez

    Metropolitan Opera Chorus and Ballet
    Metropolitan Opera Orchestra
    direction : James Levine
    mise en scène : Giancarlo del Monaco
    décors & costumes : Michael Scott
    éclairages : Wayne Chouinard
    dramaturgie : Eric Einhorn
    préparation des chœurs : Donald Palumbo

    Avec :
    Plácido Domingo (Simon Boccanegra), Joseph Calleja (Gabriele Adorno), Ferruccio Furlanetto (Jacopo Fiesco), Lianna Haroutounian (Maria), Brian Mulligan (Paolo Albiani), Richard Bernstein (Pietro), Edyta Kulczak (Servante), Noah Baetge (Un capitaine).

     



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