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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Concert de l’Orchestre du CRR de Paris sous la direction de Pierre-Michel Durand, avec la participation des pianistes François-René Duchâble et Gérard Bekerman à l’Université Paris II Panthéon-Assas.

Piano en fête

Dans le grand amphi de la fac de droit, un bonheur contagieux a ravi le public de ce concert animé par François-René Duchâble, fort disert quand il n’est pas au piano et présente œuvres, interprètes et souvenirs, souverainement concentré quand il se retrouve à son clavier, toujours musicien aussi exceptionnel. Et heureux d’être entouré par les jeunes du CRR de Paris.
 

Université Paris II Panthéon-Assas, Paris
Le 14/04/2016
Claude HELLEU
 



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  • Il s’est délivré des parcours obligés de son brillant début de carrière mais n’en joue pas moins pour autant. Il veut simplement choisir ses partenaires et des lieux souvent inattendus pour se retrouver à son clavier. On pourrait en déduire qu’alors la rigueur s’atténue au profit de la fantaisie. Or François-René Duchâble demeure un virtuose d’une exigence absolue.

    L’homme en chemise rouge décontracté et disert pour présenter les musiciens qui l’entourent – et les étudiants du Département de Formation à l’Orchestre et ceux des classes instrumentales des cycles perfectionnement et concertiste du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris sont des jeunes qui l’enthousiasment – s’imposera dès les premières mesures du concerto de Grieg.

    Auparavant, cet Orchestre Symphonique du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris répond à son enthousiasme en provoquant le nôtre. Au-delà de toute indulgence pour la jeunesse de ses pupitres, on s’abandonne à l’écoute d’une Symphonie inachevée de Schubert idéalement nuancée sous la direction de Pierre-Michel Durand.

    Murmure des cordes graves, pizzicati des violons, chant des bois, couleurs des trombones s’engagent. Un joli crescendo, une belle unité des tutti soutenus, des attaques exemplaires soutiennent une progression portée par une vraie respiration. Et si le deuxième mouvement n’a pas tout à fait le même allant, conviction, ombres et rêveries de son climat n’ont rien à envier à celles de certains professionnels chevronnés.

    François-René Duchâble est maintenant assis, tourné vers l’orchestre auquel il s’intègre visiblement et qu’en parfaite entente avec Pierre-Michel Durand il va emmener sur les chemins riches de rebondissements d’un concerto plein de joie. L’autorité heureuse des premiers accords du concerto de Grieg d’emblée ravit. Leur dynamisme nous happe.

    Les affirmations, les envolées, la poésie, le bonheur de son lyrisme se passionnent sous le jeu clair, le toucher précis, les couleurs éclatantes du piano auxquelles le soliste associe tout l’orchestre. Avec ses somptueux roulements à la main gauche, la puissance de ses sonorités, la magistrale cadence est tout naturellement éblouissante. Telle une évidence, ce naturel caractérise l’envergure d’une interprétation qui ne cesse de se renouveler, toutes techniques disparues sous leur maîtrise.

    La mélodie de l’Adagio enchante. Cor et bassons complices, de la simplicité et de la sonorité tranquillement irisée du piano naissent l’émerveillement souriant de l’interprète et de ses auditeurs sous le charme. Jusqu’à un pianissimo de rêve en attente de la jubilation du Finale. L’orchestre heureux suit alors de son mieux un Duchâble que la frénésie transcende. Harmonies et mélodies fusionnées toujours limpides, la virtuosité irrésistible l’est encore et toujours avec ce rare naturel qui fait sienne la spontanéité de ses élans. Un moment de bonheur pour tous.

    Gérard Beckerman rejoint Duchâble pour le Concerto pour deux pianos de Poulenc. Fondateur du Concours des Grands Amateurs de piano, Gérard Beckerman en est un lui-même. L’entente des deux interprètes se grise de rythmes, de sonorités reprises d’un piano à l’autre, de forte volubiles, d’accents canaille, de fantaisie souriante et de nuances plus ambigües.

    Le romantisme du Larghetto marque une pause dans la vivacité de ces échanges où l’amusement s’assume triomphalement dans un Allegro molto final explosif. Inattendue à ce point sympathique, l’ambiance de ce concert a défié les normes du succès grâce à la chaleur d’une célébrité du monde musical devenue corps et âme un original, mais demeuré un maître.




    Université Paris II Panthéon-Assas, Paris
    Le 14/04/2016
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre du CRR de Paris sous la direction de Pierre-Michel Durand, avec la participation des pianistes François-René Duchâble et Gérard Bekerman à l’Université Paris II Panthéon-Assas.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n° 8 en si mineur D.759 « Inachevée »
    Edvard Grieg (1843-1907)
    Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 16
    François-René Duchâble, piano
    Francis Poulenc (1899-1963)
    Concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur
    François-René Duchâble & Gérard Bekerman, pianos
    Orchestre du CRR de Paris
    direction : Pierre-Michel Durand

     


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