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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Stabat mater de Dvořák par le Chœur et l’Orchestre de Paris sous la direction de Tomáš Netopil à la Philharmonie de Paris.

Douleurs tchèques

Quatre ans après l’excellente exécution du Requiem de Dvořák à la salle Pleyel sous la direction de James Conlon, l’Orchestre de Paris joue le Stabat Mater du même compositeur, toujours accompagné du magnifique Chœur de l’Orchestre de Paris et de la basse Georg Zeppenfeld, cette fois sous la baguette inspirée de Tomáš Netopil.
 

Philharmonie, Paris
Le 27/04/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • À seulement trente-six ans, Antonín Dvořák compose une première œuvre religieuse nettement plus touchante que le Requiem écrit treize années plus tard. Cette pièce est le fruit d’une vie marquée par les morts récentes de ses trois premiers enfants – il en aura six de plus. Douloureuse dans son pathos, elle est aussi plus extravertie et ne développe pas toute la maîtrise que le compositeur tchèque acquerra plus tard, alors qu’on entend encore ici dans nombres de passages les marques de l’ami et mentor Johannes Brahms.

    Déjà présent à la salle Pleyel dans deux remarquables concerts où il avait immédiatement façonné le son de l’Orchestre de Paris en lui donnant des couleurs tchèques, l’actuel directeur d’Essen Tomáš Netopil revient en proposant à nouveau une œuvre de son pays natal. Mais celui qui a dirigé dernièrement la Walkyrie ou Elektra en Allemagne approche le début de la pièce religieuse avec une sonorité cette fois beaucoup plus germanique, de laquelle ressortent certaines parties proches d’un Bruckner, tout particulièrement à la reprise du thème d’introduction du Quando corpus morietur final.

    Quis est homo et Eja Mater profitent de ces équilibres, mais cette approche quelque peu raide ne convient pas tout à fait aux morceaux plus emportés, notamment l’Inflammatus auquel manque une véritable légèreté, malgré un Chœur de l’Orchestre de Paris exalté. De celui-ci, on profite autant des basses chaudes que des jeunes brillants, la plus belle section étant tenue par des sopranos impressionnantes d’éclat.

    Du quatuor vocal se démarquent les deux parties graves et tout d’abord l’excellente mezzo-soprano Elisabeth Kulman, dont la voix bien placée sort de superbes bas-médiums. Georg Zeppenfeld ravit par une chaleur et une clarté de projection qu’on ne lui avait plus entendues dernièrement et qui rappelle sa prestation parisienne de 2012 ; son Fac ut ardeat cor meum est remarquable d’ampleur. Dmitri Korchak tient la partie de ténor avec ardeur et luminosité, mais semble pourtant hors-style, tandis qu’on écoute avec plaisir les aigus bien tenus de la soprano Aga Mikolaj.

    Dans son acoustique très supérieure à celle de la salle Pleyel, la Philharmonie de Paris met en valeur l’orchestre et le chœur, sans parfaitement convenir à l’atmosphère nécessaire pour cette pièce triste méritant plus d’introspection, au risque d’atténuer l’impact de cette très belle prestation globale.




    Philharmonie, Paris
    Le 27/04/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Stabat mater de Dvořák par le Chœur et l’Orchestre de Paris sous la direction de Tomáš Netopil à la Philharmonie de Paris.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Stabat mater op. 58
    Aga Mikolaj, soprano
    Elisabeth Kulman, mezzo-soprano
    Dmitri Korchak, ténor
    Georg Zeppenfeld, basse
    Chœur de Jeunes de l’Orchestre de Paris
    préparation : Edwin Baudo, Marie Deremble-Wauquiez, Béatrice Warcollier
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Orchestre de Paris
    direction : Tomáš Netopil

     


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