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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Lionel Bringuier, avec la participation du baryton Matthias Goerne à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.

Entre monochromie et sécurité
© Marco Borggreve

Entièrement consacré à Mahler, le concert de l'auditorium de Lyon sous la houlette de Lionel Bringuier avec le concours du baryton Matthias Goerne fait appel à des têtes d'affiche. La prestation monochrome du chanteur allemand et la direction froide du Français n'auront cependant pas vraiment convaincu.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 19/05/2016
Benjamin GRENARD
 



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  • La stature imposante de Matthias Goerne est assurément celle d'un chanteur avec une voix puissante. Le lien entre le corps et la voix est souvent un paramètre négligé des observateurs, autant que la statique et le rapport à la gravité dans leur rapport au phénomène sonore. Or, quand il chante, l'attitude du baryton allemand est en contradiction avec la masse physique qu'il représente.

    Bougeant constamment, cultivant des gestes narratifs flottants, maniérés et inutiles, il a tendance à remonter systématiquement en haut du corps, se hissant sur la pointe de ses pieds et respirant en haut du schéma corporel. Les jambes apparaissent fragiles, presque inexistantes, et témoignent d'une posture manquant d'un enracinement pourtant nécessaire.

    À vouloir absolument faire du Lied un genre raffiné aux prétentions intellectuelles, il est aisé de tomber dans l'écueil d'une émission manquant de corps. La matière vocale proposée par le baryton allemand reste sourde, monochrome, éteinte, sans pour autant révéler des trésors d'interprétation rhétorique dans les Kindertotenlieder de Mahler.

    C'est d'autant plus regrettable que le tapis orchestral tissé par les soins de Lionel Bringuier reste parfaitement structuré, hiérarchisé et aérien. Un confort chambriste jouant de l'individualité des timbres et qui tranche par sa netteté, au-dessus duquel il est aisé de s'intégrer. En deuxième partie, la Première Symphonie de Gustav Mahler révèle le même goût du chef français pour la clarté et l'étagement de l'espace sonore.

    Si le Naturlaut et l'ensemble du mouvement initial ne se distingue pas par sa poésie et son mystère, l'ensemble reste honnêtement mené. Le Ländler séduit davantage par sa vigueur, son tranchant rythmique. Le Feierlich und gemessen cultive la sobriété tandis que Bringuier reprend davantage la main dans le Finale. Là encore, il s'approprie davantage la spontanéité vigoureuse du Stürmich bewegt.

    Reste que l'ensemble de l'interprétation manque de personnalité, d'une griffe authentique et d'une distance qui pèche par une certaine froideur. La lecture demeure plutôt verticale, manquant d'une ligne directrice. Les phrasés restent du même acabit, sans sensualité viennoise ni courbe véritablement expressive. Au final, l'interprétation a le mérite de laisser sonner la partition mais se révèle sans surprise. On reste sur sa faim devant le choix – sinon la réelle capacité – de ne pas mener ce vaisseau mahlérien en des mers trop tourmentées. La prise de risque éludée, il n'est pas possible de s'aventurer vers des rivages inconnus.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 19/05/2016
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Lionel Bringuier, avec la participation du baryton Matthias Goerne à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Kindertotenlieder
    Matthias Goerne, baryton
    Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan »
    Orchestre national de Lyon
    direction : Lionel Bringuier

     


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