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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Reprise des Fées de Wagner dans la mise en scène de Renaud Doucet, sous la direction de Friedemann Layer à l’Opéra de Leipzig.

Rêveries féériques
© Tom Schulze

Créée à l’occasion du jubilé de 2013, la mise en scène de Renaud Doucet pour Die Feen de Wagner est remontée régulièrement à Leipzig. La distribution profite du nouvel Arindal d’Endrik Wottrich et toujours de Christiane Libor, tandis que Friedemann Layer gère plus finement les influences germaniques que celles italiennes de la partition.
 

Oper, Leipzig
Le 21/05/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En 2013, Wagner est fêté partout dans le monde à coup de Ring, de Parsifal et de Vaisseau fantôme, mais seules quelques salles tentent l’aventure des trois œuvres de jeunesse. Leipzig se lance alors dans un partenariat avec Bayreuth pour remonter les trois ouvrages, avec la création d’une nouvelle production de Das Liebesverbot sur la Colline et celle de Die Feen en Saxe. Rienzi sera joué dans les deux villes avec des mises en scènes différentes.

    En 2016, l’Oper Leipzig clôt son projet de nouveau Ring et crée pour l’occasion un Festival Wagner dans lequel sont insérés les trois premiers opéras. Alors que le ténor Andreas Schager se fait remarquer pour l’occasion en Rienzi dans la production de Nicolas Joel, on retrouve pour les Fées celle de Renaud Doucet, à laquelle on a substitué l’Arindal de l’époque pour y proposer Endrik Wottrich, nettement plus à l’aise sur toute la tessiture, malgré une diction pâteuse et un léger décalage par rapport à la fosse.

    La mise en scène ne cherche qu’à intégrer l’opéra dans le rêve ; elle débute avec Arindal en famille allumant la télévision pour regarder une représentation des Fées à l’Opéra de Leipzig. S’ensuit un jeu d’échanges entre monde moderne et monde féérique plongé dans l’opéra de Wagner, non sans rappeler Hook de Steven Spielberg par des costumes et des traits grossis sans vouloir être véritablement crédible.

    Déjà présente au Châtelet en 2010, la soprano Christiane Libor aborde sa partition avec plus de maîtrise aujourd’hui, car là où il faut une Isolde chantant Norma selon les parties de l’ouvrage, elle a maintenant les vocalises et la souplesse en plus de la puissance. Les deux autres fées Magdalena Hinterdobler (Zemina) et Jean Broekhuizen (Farzana) possèdent fraîcheur et timbre clair, mais on garde une image sonore plus forte de Jennifer Porto en Reine Laura, surtout lorsqu’elle use de toute son ampleur.

    Pour accompagner Arindal chez les hommes, Nikolay Borchev (Morald) campe un roi divertissant dans le contrôle du médium et Milcho Borovinov (Gernot) une méchante basse très facilement imaginable dans les rôles de Titurel ou Hagen. Le reste de la troupe montre un niveau homogène digne des plus grandes salles allemandes, et surtout l’Opernchor Leipzig ravit par tant de chaleur en plus d’être totalement adaptable, là où les thèmes l’emmènent de Rossini à Tannhäuser en passant par le Finale du Fidelio de Beethoven.

    Friedemann Layer doit jouer sur les mêmes écarts avec la partition d’orchestre, car ce Wagner de dix-neuf ans a déjà digéré toute la musique écrite avant lui, de Bach à Bellini en passant par Mozart, et développe déjà des idées qu’il utilisera jusqu’à Tannhäuser puis le Ring. Pour sublimer cette partition le Gewandhausorchester Leipzig est l’orchestre idéal par ses couleurs et sa clarté, dont ressortent flûtes, bassons et premiers violons. Le chef trouve le ton juste tant que le style reste allemand, surtout lorsqu’il s’approche de Weber, mais marque le pas en appuyant trop les contrepoints dans les parties mozartiennes et belcantistes.

    Dans de telles conditions, on se plaît tout de même à entendre à nouveau cet ouvrage, qui déjà intéresserait s’il était le chef-d’œuvre d’un autre compositeur, mais n’est que le premier et le plus petit des opéras du génie né ici en 1813.




    Oper, Leipzig
    Le 21/05/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise des Fées de Wagner dans la mise en scène de Renaud Doucet, sous la direction de Friedemann Layer à l’Opéra de Leipzig.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Feen, opéra en trois actes
    Livret du compositeur

    Opernchor Leipzig
    Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Friedemann Layer
    mise en scène : Renaud Doucet
    décors & costumes : André Barbe
    éclairages : Guy Simard
    préparation des chœurs : Alexander Stessin

    Avec :
    Christiane Libor (Ada), Magdalena Hinterdobler (Zemina), Jean Broekhuizen (Farzana), Dara Hobbs (Lora), Jennifer Porto (Laura), Endrik Wottrich (Arindal), Nikolay Borchev (Morald), Milcho Borovinov (Gernot), Guy Mannheim (Gunther), Roland Schubert (Harald), Tae Hee Kwon (Bote).

     



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