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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Troisième Symphonie de Mahler par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck en ouverture du festival de Saint-Denis 2016.

Mahler sans douleur
© Heikki Tuuli

Pour ouvrir cette édition 2016 du Festival de Saint-Denis, l’Orchestre Philharmonique, le Chœur et la Maîtrise de Radio France dirigés par Mikko Franck proposent une Symphonie n° 3 de Mahler aux sons bruts et amples, ouvertement panthéiste, plus proche de la nature que des questionnements nietzschéens de l’œuvre.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 26/05/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Cette saison à la Philharmonie, Mikko Franck a donné sa vision du Chant de la terre et démontré que l’œuvre peut perdre toute tension pour trouver une véritable sérénité dans un souffle laissant souvent entendre la voix du nord, comme on jouerait Sibelius ou Grieg.

    À la Basilique de Saint-Denis, pour clore la saison du Philharmonique et ouvrir le festival 2016, le chef finlandais approche de la même façon la Troisième Symphonie du même Mahler, en faisant ressortir des sonorités et des effets pour intégrer totalement l’œuvre dans la période inspirée par le Knaben Wunderhorn. On oubliera donc Nietzsche et les tourments du O Mensch !, ou les idées sur l’éternité dans le dernier mouvement, pour trouver à l’inverse des sons bruts, charpentés, souvent apaisés.

    L’absence de sous-entendu littéraire rend cette proposition sans arche globale, tout en laissant ressortir de superbes moments. Dans le Kräftig initial, on se régale à l’arrivée du tambour qui évoque la musique militaire, mis aussi en avant ici que dans le lied Trost im Unglück du cycle des Wunderhorn-Lieder. Puis le calme revient avec une superbe ampleur aux cordes, portées par un premier violon au geste aérien, qui lui non plus ne recherche rien d’autre qu’une lecture sans douleur de la partition.

    Le chef passe à côté du Tempo di Menuetto pour retrouver plus de magie dans la transparence des bois et des harpes du Philharmonique au début du Comodo-Scherzando, marqué ensuite par un cor de postillon en coulisse dont le beau discours est altéré par de nombreuses scories, dans une partie pour le moins complexe.

    Le Misterioso profite de la présence de la mezzo-soprano Mihoko Fujimura, dont la ligne de chant droite contrebalance l’appui des trémolos aux altos. Elle développe un chant incarné et intelligent avec une majesté qui évite la moindre vulgarité. On la retrouve dans le Lustig im tempo dépassant par ses interventions le Chœur et la Maîtrise de Radio France, quelque peu étouffés en fond de scène.

    Le Langsam final retrouve la sérénité et l’ampleur du premier mouvement, toujours sans chercher autre chose qu’une lecture aérée de la partition, d’abord conçue par Mahler en six mouvements censés conter les Rochers, les Fleurs, les Animaux, l’Homme ou l’Amour. En tant que poème symphonique d’une heure trente, la proposition tient parfaitement et ouvre en beauté le festival, sans faire oublier toutefois la version parisienne plus architecturée de Dudamel cette saison, ni les lectures blessées d’Abbado, Nelsons ou Gatti plus tôt.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 26/05/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Troisième Symphonie de Mahler par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck en ouverture du festival de Saint-Denis 2016.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur
    Mihoko Fujimura, mezzo-soprano
    Maîtrise de Radio France
    Chœur de Radio France
    préparation : Sofi Jeannin
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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