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CRITIQUES DE CONCERTS 31 octobre 2020

Création de Wintermärchen à Bruxelles actuellement en reprise à Paris.

Winter Side Story
© Ruth Wal

Johanne Saunier interprète Perdita et Kris Dane incarne Florizel

L'opéra Wintermärchen (le Conte d'Hiver) de Phlippe Boesmans a connu un succès public rarissime pour un opéra contemporain.
Après Bruxelles et Lyon, ce Shakespeare iconoclaste réglé par Luc Bondy se produit actuellement au Châtelet de Paris.

 

Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Le 12/12/1999
Gérard CORNELOUP
 



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  • Wintermärchen (Le Conte d'Hiver) est une histoire d'amour, de désir, de folie et de solitude mêlées, articulée autour de la figure emblématique de la reine Hermione, femme aimante victime d'un époux fou de jalousie, accablée et flétrie avant que n'éclate son innocence. Adaptant cette réflexion poétique en langue allemande, Luc Bondy a serré au plus près le texte original.

    Sur trois des quatre actes, Erich Wonder a imaginé un décor tout de sobriété, devant un grand mur de glace translucide sur lequel jouent les beaux éclairages d'Alexander Koppelmann. Cela rend le début un rien languissant, mais ménage de superbes visions comme celle de l'oracle par exemple. Les costumes imaginés par Rudy Sabounghi ajoutent beaucoup à la beauté plastique de l'ensemble. En contraste complet, le troisième acte est situé par Luc Bondy dans une zone de banlieue glauque, sorte de remugle de West Side Story où les détrousseurs de Shakespeare sont devenus des loubards en mal de violence. Cela sent un peu le procédé, mais gratifie le spectateur d'une brève et expressive chorégraphie de Lucinda Childs.

    Cette cassure se retrouve au niveau musical, où la musique de Boesmans s'efface dans la plus grande partie du troisième acte devant les décibels d'un jazz-rock interprété par un trio belge. Provoquant ? Même pas.

    Pour le reste, c'est-à-dire deux bonnes heures de musique, le compositeur tisse une trame musicale riche et très personnalisée, qui se joue des écoles et se moque des époques. Cela évoque parfois Mahler, Britten et même Wagner, sans que l'on puisse séparer la révérence de l'irrévérence. Cette musique est bien servie par la baguette frémissante d'Antonio Pappano à la tête de l'orchestre maison et par une distribution très homogène autour du baryton Dale Duesing (Leontes le roi jaloux), de la soprano Susan Chilcott (Hermione, la reine meurtrie) et de la mezzo Cornelia Kallisch (la servante Cornelia) qui allie timbre expressif et présence scénique.

    Une création mondiale qui, de par ses qualités, ne devrait pas s'en tenir aux quelques représentations habituelles, comme c'est si souvent le cas en matière de création lyrique, ces dernières décennies.




    Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
    Le 12/12/1999
    Gérard CORNELOUP

    Création de Wintermärchen à Bruxelles actuellement en reprise à Paris.
    Direction musicale : Antonio Pappano
    Mise en scène : Luc Bondy
    Décors : Erich Wonder
    Costumes : Rudy Sabounghi
    Avec Dale Duesing (Leontes), Susan Chilcott (Hermione), Cornelia Kallisch (Cornelia), Anthony Rolfe Johnson (Polixenes), Franz-Joseph Selig (Camillo/l'Oracle).

     


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