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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2018

Reprise d’Aïda de Verdi dans la mise en scène d’Olivier Py, sous la direction de Daniel Oren à l’Opéra de Paris.

Deux reines pour Verdi
© Guergana Damianova

Au milieu des vestiges de l’ère Nicolas Joel, dans la lourdeur des éléments de décors de la mise en scène d’Aïda par Olivier Py et d’un orchestre mal dirigé par Daniel Oren, ressort une distribution digne des plus grandes salles, dans laquelle on vibre à chaque intervention de Sondra Radvanovsky et d’Anita Rachvelishvili.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 16/06/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En 2013, après des années de vide, la nouvelle production de l’antépénultième opéra de Verdi par Olivier Py avait presque semblé tenter une proposition. Sa transposition dans l’Italie du Risorgimento accompagné de l’anachronisme Viva Verdi ! pour Victor-Emmanuel Re d’Italia, ainsi qu’un universalisme de la guerre avec soldats en treillis, fusils mitrailleurs et un tank pour rappeler sa mise en scène de Mathis le peintre dans la même salle avaient failli retenir l’attention.

    Cette année-là, Olivier Py avait dépanné quelques mois plus tôt l’Opéra de Paris sur Alceste, et allait particulièrement réussir un mois plus tard sa production des Dialogues des Carmélites pour le Théâtre des Champs-Élysées. Il avait donc trop rapidement traité le problème Aïda en utilisant ses codes, avec force hommes torses-nus réussissant à faire sourire lorsqu’ils montrent aux femmes la taille de leurs calibres, puis l’anticléricalisme pour expliquer les rapports entre pouvoir et clergé, élément atténué pour cette reprise. Il en restera surtout un décor massif et doré, trop chargé pour libérer la dramaturgie d’un livret qu’il jugeait pourtant plus intimiste qu’on ne le traite habituellement.

    Autre mauvais souvenir qu’on espère le dernier, Daniel Oren sévit en fosse. Dès le prélude, sa direction est vide, sans corps, dans un premier degré où elle restera jusqu’à la dernière note. Mais surtout et malgré un Orchestre de l’Opéra de Paris aux belles sonorités, dont on se délecte des flûtes, clarinettes et cors anglais, rien n’est en place et les rythmes restent systématiquement cassés. Cela explique qu’après un Celeste Aida plus que correct du ténor pas un applaudissement n’intervienne, que les superbes trompettes doivent pousser jusqu’au ridicule lorsqu’Oren montre l’oreille avec sa main, ou que le magistral Air du Nil d’Aïda soit déphasé par rapport à l’orchestre, en plus du chœur qui perd sa mise en place dès qu’il est face au chef.

    Tant de manquements ne sauraient pourtant gâcher la soirée, car il reste la distribution, digne de Vienne ou du Met, qui rappelle que l’équipe de direction a changé. Yu Shao porte un Messager équilibré et joliment timbré. Aleksandrs Antonenko, annoncé malade, évite de trop nasaliser pour aller chercher ses aigus, et son air d’entrée semble presque doux, malgré le recours trop systématique au portamento. Kwanchul Youn campe un Ramfis papal, majestueux dans les graves et la clarté d’émission, accompagné par le Roi bien projeté d’Orlin Anastassov, qui ne saurait voler la place au superbe Amonasro de George Gagnidze, chaud dans la voix et dans les jeux d’intimité avec sa fille.

    Des deux reines, la première devenue esclave ne l’est jamais de sa partition, tant elle s’y installe avec ductilité et volupté. Dans Ritorna vincitor, Sondra Radvanovsky déploie déjà toute sa palette vocale et sa capacité à recourir aux piani tout en restant parfaitement audible dans l’immense vaisseau de Bastille. Elle monte avec splendeur sur les hauteurs dans des notes filés d’un seul souffle, jusqu’à faire oser le contre-mib du Finale du II. O Patria mia serait une référence de douceur et de finesse si elle n’était obligée de rattraper l’orchestre.

    En face, l’Amnéris d’Anita Rachvelishvili prend le premier air pour chauffer puis étale toute sa puissance et sa noirceur au II, avant de porter en grâce L'abborrita rivale au IV. Elle qui avait appris le rôle avec Mehta à la Scala ne peut ici montrer toute sa superbe, mais on ne s’inquiète plus, car on sait maintenant qu’on la reverra souvent à Paris.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 16/06/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise d’Aïda de Verdi dans la mise en scène d’Olivier Py, sous la direction de Daniel Oren à l’Opéra de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Aida, opéra en quatre actes (1870)
    Livret d’Antonio Ghislanzoni

    Chœur de l’Opéra de Paris
    Orchestre de l’Opéra de Paris
    direction : Daniel Oren
    mise en scène : Olivier Py
    décors & costumes : Pierre-André Weitz
    éclairages : Bertrand Killy
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Sondra Radvanovsky (Aida), Anita Rachvelishvili (Amneris), Orlin Anastassov (Le roi), Aleksandrs Antonenko (Radames), Kwangchul Youn (Ramfis), George Gagnidze (Amonastro), Yu Shao (Un Messager), Andreea Soare (Sacerdotessa).

     



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