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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Nouvelle production de Wozzeck de Berg dans une mise en scène de Christof Loy et sous la direction de Sebastian Weigle à l’Opéra de Francfort.

Wozzeck épuré
© Monika Rittershaus

Sans renouveler l’approche globale du chef d’œuvre de Berg, Christof Loy propose un magnifique travail dramaturgique pour son nouveau Wozzeck de Francfort. La direction fine et chambriste de Sebastian Weigle correspond à l’épure du plateau, porté par Audun Iversen dans le rôle-titre et par l’excellente troupe de l’opéra.
 

Oper, Frankfurt
Le 02/07/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Réputé pour sa capacité à exalter le jeu d’acteur, Christof Loy assure une fois de plus avec Wozzeck à l’Oper Frankfurt un niveau de qualité saisissant dans le détail dramaturgique, au milieu d’une scénographie épurée mais efficace d’Herbert Murauer. Le décor gris du sol au plafond laisse apparaître deux cloisons amovibles évoluant à l’horizontale pour accroître ou amenuiser les espaces, tandis que la paroi du fond ouvre pendant les dernières scènes sur un champ de roseaux séchés, du meurtre de Marie à la noyade de Wozzeck.

    Si les images proposées ressemblent aux travaux précédents du metteur en scène, où les tiges jaunies rappellent évidemment le champ de blés de la production de Jenůfa pour la Deutsche Oper Berlin, elle-même déjà inspirée d’un travail d’Olivier Tambosi, la direction d’acteurs suffit à donner de l’ampleur au drame. Sans jamais éclater ni développer à outrance les penchants psychologiques ou névrotiques du patient, elle prépare petit à petit à la mort inéluctable des deux principaux personnages.

    Roux en t-shirt orange, Wozzeck se démarque des autres protagonistes en costumes ternes, sauf de son ami Andrès en polo bleu vif et des femmes en robe rouge pour Marie et mauve pour Margret. Pour sa prise de rôle, le baryton Audun Iversen livre un personnage bien tenu dans le grave, cherchant comme il le peut une échappatoire à ses cauchemars et à la maladie sociale, décrite par la longue file d’attente chez le docteur pendant la passacaille et par un chœur d’homme fantomatique assis sur une rangée de chaises face au public pour la scène du dortoir.

    © Monika Rittershaus

    Vincent Wolfsteiner propose un Tambour-major dynamique et fin dans le jeu, plus déprimé que triste de sa relation avec Marie, elle-même amère de sa situation. En tant que mezzo-soprano, Claudia Mahnke apporte au personnage féminin une véritable gravité grâce aux superbes couleurs du médium, ses aigus parfois criés voire occultés ne pouvant de toute façon briller comme ceux d’un grand soprano dramatique. Pour l’accompagner, la belle présence de Katharina Magiera nous rapproche des cabarets berlinois, qu’elle confirme dans un chant abordé à la manière de Kurt Weill, point d’autant plus cohérent que son personnage prend surtout de l’ampleur pendant la scène avec piano mécanique de la taverne.

    Martin Mitterrutzner pose le caractère d’Andrès dès la rhapsodie, mais on remarque plus facilement le Capitaine très bien joué bien qu’un peu court dans le haut du spectre de Peter Bronder, tandis que le Docteur d’Alfred Reiter séduit à chacune de ses interventions par sa projection et sa diction. Le chœur est irréprochable par son implication et sa mise en place, en cohérence avec la production dans laquelle il n’est jamais trop mis en avant.

    Très adaptée également à la mise en scène, la direction de Sebastian Weigle surprend par la finesse de traitement des instruments. Chaque intervention des premiers pupitres de cordes ramène aux ouvrages de chambre de la Première École de Vienne, des quatuors de Haydn aux pièces de Beethoven. Le chef accompagne la scène sans laisser l’orchestre couvrir les voix ; il n’explosera qu’une seule fois, dans l’interlude symphonique en mineur, juste avant la scène finale, où le rideau noir ayant entrecoupé chaque tableau s’ouvre une dernière fois sur un fond de ciel bleu, abandonnant le jeune orphelin à sa corde à sauter pendant qu’on lui annonce froidement la mort de sa mère. Comme lui, nous ne serons pas bouleversé par cette nouvelle proposition, mais tout de même franchement convaincu par la grande qualité du spectacle.




    Oper, Frankfurt
    Le 02/07/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Wozzeck de Berg dans une mise en scène de Christof Loy et sous la direction de Sebastian Weigle à l’Opéra de Francfort.
    Alban Berg (1885-1935)
    Wozzeck, opéra en trois actes (1925)
    Livret du compositeur d’après le drame de Büchner

    Chor und Kinderchor der Oper Frankfurt
    Frankfurter Opern und Museumorchester
    direction : Sebastian Weigle
    mise en scène : Christof Loy
    décors : Herbert Murauer
    costumes : Judith Weihrauch
    éclairages : Olaf Winter
    préparation des chœurs : Tilman Michael & Markus Ehmann

    Avec :
    Audun Iversen (Wozzeck), Vincent Wolfsteiner (Tambourmajor), Martin Mitterrutzner (Andres), Peter Bronder (Hauptmann), Martin Wölfel (Der Narr), Claudia Mahnke (Marie), Alfred Reiter (Doktor), Katharina Magiera (Margret), Edward Jumatate (Fils de Marie), Thomas Faulkner, Iurii Samoilov (Handwerksbursch).

     



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