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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Reprise de Tristan et Isolde de Wagner dans la mise en scène de Jossi Wieler et Sergio Morabito, sous la direction de Sylvain Cambreling à l’Opéra de Stuttgart.

Le voyage d’Isolde
© A. T. Schaefer

Créée en 2014, cette production mêle au mythe de Tristan diverses sources allant des rites orientalistes aux origines médiévales. Erin Caves et Rachel Nicholls ont pris de l’ampleur dans leurs rôles principaux, pendant que Sylvain Cambreling tient le drame du début à la fin grâce aux belles sonorités de l'Orchestre de l'Opéra de Stuttgart.
 

Oper, Stuttgart
Le 03/07/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Sur le rideau de scène, un panoptique au milieu d’une cour, encerclé d’un mur représentant aussi bien des cellules de prison que des loges d’opéra désaffectées. L’objet est autant une tour pour surveiller l’arrivée de l’ennemi que pour garder un œil sur l’histoire d’amour incestueuse entre Tristan et Isolde. Il se retrouve grandeur nature au II, totem au milieu d’un fond rouge entrelardé d’algues descendantes dans une sorte de caverne de la passion, rappelant au passage le Venusberg ou le duo fusionnel de Parsifal.

    Au I, Isolde en habit d’orient avec une couronne de reine de Chine avance sur un bateau de bois à un mat, surélevé par des filins. Toute la scène s’y déroule dans les reflux d’un décor de Bert Neumann, basé sur le sentiment de nausée comme sur celui d’instabilité situationnelle. Le même bateau fracturé, posé à même le sol, habille le dernier acte, cette fois sans mat, évoquant par son style épuré les drakkars ancestraux.

    Cette mise en scène de Jossi Wieler et Sergio Morabito ne s’attache pas à fondre le mythe de Tristan dans une seule optique, mais à en donner des clés de lecture par les objets et la dramaturgie, où par exemple Isolde revient avant sa mort et déclenche par ses appels de magnifiques transes chez Tristan, effet de corps supérieur à la danse finale pendant le Liebestod. Les costumes de Nina von Mechow séparent le monde oriental d’Isolde et celui occidental de Tristan et Marke, dans lequel finira par se fondre Brangäne tandis que sa reine aura essayé au II, tissant sa toile telle Pénélope en pure robe blanche, mais reviendra à ses habits d’origine au III.



    Sylvain Cambreling relève le mythe d’une direction dramatique dans laquelle la netteté des notes et la légère sécheresse qui ressort parfois des violons sont contrebalancées par la chaleur des cordes graves. Les cors, répétant pendant tout le second entracte, réussissent particulièrement l’acte III, sans être exempts de scories à l’occasion, à l’inverse de la trompe absolument parfaite en coulisse, seulement dépassée par les soli parfaitement purs du cor anglais.

    Rachel Nicholls retrouve l’Isolde chantée à Paris puis Karlsruhe ces deux derniers mois. Le premier acte procure dans l’acoustique de l’Oper Stuttgart plus de chaleur et une meilleure projection qu’au Théâtre des Champs-Élysées, mais c’est surtout dans la mort que la chanteuse surprend grâce à une ligne de chant bien supérieure et une voix moins fatiguée que sur la scène de l’avenue Montaigne. Le Tristan d’Erin Caves lui répond avec bravoure et se garde du souffle au II pour tenir avec force ses aigus à la scène finale.

    Katarina Karnéus convainc dans les passages doux de Brangäne mais trouve une stridence dans l’aigu et un vibrato marqué lorsqu’il faut pousser le volume, alors qu’à l’inverse la prestation vocale de Shigeo Ishino est irréprochable, tenant un Kurwenal peut-être surjoué sur le plateau mais impressionnant dans la diction et la tenue des graves, seulement dépassé par Liang Li dans le rôle de Marke dès le monologue. Le chœur comme les autres rôles démontrent le niveau de qualité de la scène de Stuttgart, ou pas un écart ne vient altérer la pureté de la partition, ni de la part du Jeune marin de Daniel Kluge ni de celle du Melot d’Ashley David Prewett.




    Oper, Stuttgart
    Le 03/07/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Tristan et Isolde de Wagner dans la mise en scène de Jossi Wieler et Sergio Morabito, sous la direction de Sylvain Cambreling à l’Opéra de Stuttgart.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tristan und Isolde, drame en trois actes (1865)
    Livret du compositeur, d’après Gottfried von Strasburg

    Herren des Staatsopernchores Stuttgart
    Staatsorchester Stuttgart
    direction musicale : Sylvain Cambreling
    mise en scène : Jossi Wieler, Sergio Morabito
    décors : Bert Neumann
    costumes : Nina von Mechow
    éclairages : Lothar Baumgarte
    préparation des chœurs : Johannes Knecht

    Avec :
    Erin Caves (Tristan), Rachel Nicholls (Isolde), Katarina Karnéus (Brangäne), Liang Li (König Marke), Shigeo Ishino (Kurwenal), Ashley David Prewett (Melot), Torsten Hofmann (Un pâtre), Eric Ander (Un pilote), Daniel Kluge (Un jeune marin).

     



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