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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Concert de l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation de la violoncelliste Sol Gabetta au festival de Salzbourg 2016.

Salzbourg 2016 (9) :
La France à l’honneur

© Marco Borggreve

Copieux programme de musique française dévolu à Saint-Saëns, Debussy, Stravinski et Dutilleux pour cet avant-dernier concert du festival de Salzbourg 2016 où un Daniele Gatti des grands soirs conduit avec maestria le Concertgebouw d’Amsterdam, dont il vient de devenir directeur musical, notamment dans un Petrouchka à marquer d’une pierre blanche.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 30/08/2016
Yannick MILLON
 



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  • Le mandat de Daniele Gatti Ă  la tĂŞte de l’Orchestre national de France n’a pas vraiment fait l’unanimitĂ©, après une arrivĂ©e saluĂ©e comme celle du Messie Ă  la succession de Kurt Masur en 2008. Notre propre rapport Ă  l’art du maestro connaĂ®t d’ailleurs de nombreuses fluctuations, en raison de choix souvent discutables, dont une tendance accrue ces dernières annĂ©es Ă  Ă©largir de plus en plus la sonoritĂ© dans une lenteur sacralisĂ©e.

    Sa nomination à la tête du Concertgebouw d’Amsterdam est donc l’occasion de faire le point sur un chef sur lequel sont désormais braqués tous les projecteurs. Pour ses débuts à Salzbourg de nouveau patron du Concertgebouw, Gatti avait concocté un très beau programme de musique française où seul au final déçoit le Concerto en la mineur au romantisme académique de Saint-Saëns par la belle Argentine Sol Gabetta, jeu musical, bel éventail de nuances et jolis phrasés pour cette partition mineure accompagnée avec gourmandise, mais où la violoncelliste affiche souvent un étrange vibrato lent et un registre grave étroit qui ne rend pas justice à l’assise de l’instrument.

    En première partie, chef et orchestre s’étaient illustrés dans Debussy et Dutilleux. Du premier, Gatti exalte une sensualité ardente dans Jeux, partition d’une extrême sophistication où l’érotisme trouble du Martyre de Saint-Sébastien affleure ce soir sans cesse, après une entrée en matière presque à l’arrêt, et un kaléidoscope de sonorités agencées avec une souplesse n’oubliant à aucun moment qu’il s’agit d’un poème dansé. D’une richesse lorgnant souvent vers Ravel, l’orchestration rutile, mêlée à un discret rubato conférant à ce bijou de la production debussyste de magnifiques suspensions, soudainement perturbées, juste avant l’ultime récapitulation, par le cri d’un spectateur pris de malaise.

    Chez Dutilleux aussi, Gatti donne dans le foisonnement, via une lecture des Métaboles à l’opposé de celle du créateur George Szell, d’une magnificence sonore à vous hanter, classicisant les sonorités messianesques d’Incantatoire avant de trouver dans le scherzo d’Obsessionnel un relief des timbres empêchant de sombrer dans le culte du seul beau son. Malgré un Torpide bruissant de mille finesses, c’est dans Linéaire, dévolu aux seules cordes, que le chef distille le plus son art du sfumato, du fondu-enchaîné, dans une atmosphère façon version pour orchestre de la Nuit transfigurée.

    Le sommet de la soirée reste toutefois l’exécution du Petrouchka de Stravinski, dans son excellente révision de 1947, plus grisante de sonorités que la mouture initiale. Un ballet que Gatti avait déjà parfaitement réussi à Paris, jusque dans une gravure Sony injustement mésestimée. Le maestro réussit ici sur tous les plans : l’humour, la poésie, le grotesque, le carré, le désarticulé, le sourire mélancolique, les inégalités rythmiques, les couinements instrumentaux, la gravité finale. Une lecture qui revêt à chaque mesure caractère d’évidence, dans un climat plus symphonique, moins détaillé qu’avec l’ONF, porté par l’excellence jamais prise en défaut du Concertgebouw.

    Tant le velours des cordes si proche de celui des Wiener que la noblesse des cuivres, ronds et pleins, acĂ©rĂ©s juste le nĂ©cessaire pour la trompette bouchĂ©e, ou la somptuositĂ© des bois, flĂ»te opalescente, basson et contrebasson goguenards font honneur Ă  cette formation « royale Â» dans la musique française, si l’on nous pardonne d’y inclure Petrouchka qui tient presque autant du style hexagonal que des racines russes de son auteur.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 30/08/2016
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation de la violoncelliste Sol Gabetta au festival de Salzbourg 2016.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Jeux, poème dansé
    Henri Dutilleux (1916-2013)
    MĂ©taboles
    Camille Saint-Saëns (1835-1921)
    Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur op. 33
    Sol Gabetta, violoncelle
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux
    Version révisée de 1947
    Koninklijk Concertgebouw-Orkest Amsterdam
    direction : Daniele Gatti

     


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