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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Premier concert du cycle Mozart-Bruckner par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.

Bruckner sans l’esprit
© A. du Parc

Daniel Barenboïm ouvre la saison symphonique parisienne avec un cycle consacré à Bruckner et par une Symphonie Romantique au tempo allant, terre à terre mais bien agencée. Chaque partition du maître de Saint-Florian sera mise en regard avec un concerto de Mozart dirigé du clavier. Ce soir, l’ut mineur ravit avant de s’essouffler dans l’Allegretto.
 

Philharmonie, Paris
Le 02/09/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Jouée en formation Mozart avec une quarantaine de musiciens et au centre à la perpendiculaire du parterre, le piano ouvert du maître, l’introduction du Concerto n° 24 permet à Daniel Barenboïm debout de gérer les équilibres pendant les premières minutes. Puis il s’assoit et devient pianiste, sans partition devant lui, comme l’an passé pour l’intégrale des sonates de Schubert dans la même salle, et comme il le sera certainement tout au long de ce cycle Mozart-Bruckner qui débute à la Philharmonie de Paris ce mois de septembre par quatre concerts.

    Son Mozart n’a que très peu évolué ces trente dernières années, classique dans le sens littéral du terme, léger sans jamais tendre vers les enseignements baroqueux, avec un véritable sens de la pulsation et un tempo allant. L’Allegro initial convainc le plus, même si le pianiste s’y perd lorsque le tempo accélère, ou s’amuse à recomposer la cadence comme il adaptera la partition du piano lorsqu’on le retrouvera légèrement en difficulté plus tard dans l’Allegretto final.

    Le Larghetto pèse trop au départ, sans doute pour préparer un effet de dynamique que l’on ne trouvera jamais tout à fait, même lorsque Barenboïm se relève à deux reprises et tente d’exalter ses seconds violons. Sans être magistrale, cette présence impressionne dans la maîtrise et la capacité à toujours fournir un résultat de grande qualité.

    Créée dans une autre cour quatre-vingt-quinze ans plus tard, la Symphonie n° 4 de Bruckner est tout aussi viennoise que le concerto précédent, et ici encore, la gestion de la pulsation impeccable et le contrôle du rythme forcent l’admiration. La proposition du chef n’a pas beaucoup évolué non plus ces dernières décennies ; elle reste celle d’un Bruckner ne cherchant jamais la sphère mystique, jouant plutôt sur la dynamique, les ambiances et les jeux de rupture.

    Dans l’introduction, le cor marque un premier écart, puis se rattrape vite, tout particulièrement dans les superbes piani de l’Andante. Ce même mouvement lent retient surtout l’attention dans les interventions des violoncelles, toujours magnifiques, surtout dans les périodes de calme entre deux parties plus rapides. Le thème pastoral mis en avant aux bois – excellent premier flûtiste – montre une proximité intéressante avec les danses des concurrents de l’époque, Brahms et Dvořák en tête.

    Avec un vrai sens de la mise en scène, traduit physiquement par un verre d’eau tendu par le second violon solo entre les deux derniers mouvements, puis par une éloquence exagérée du geste lorsqu’il s’aperçoit que le photographe officiel de la Philharmonie est devant lui, Barenboïm donne au Finale de la Romantique un caractère exalté, une fluidité continue et certains appuis surprenants dans les pizzicati, ou encore par l’importance donnée aux altos, avec la préparation du dernier crescendo où ces derniers ressortent particulièrement. Ce Bruckner très bien fait est peu concurrencé de nos jours ; il n’y manque que le spirituel.




    Philharmonie, Paris
    Le 02/09/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Premier concert du cycle Mozart-Bruckner par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n°24 en ut mineur KV 491
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n°4 en mib majeur « Romantique »
    Staatskapelle Berlin
    piano & direction : Daniel Barenboïm

     


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