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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation du violoncelliste Edgar Moreau à la Philharmonie de Paris.

Promenades dans les plaines
© Heikki Tuuli

À seulement 22 ans, Edgar Moreau affiche une maturité et une intelligence rares dans le Concerto pour violoncelle de Schumann. Mikko Franck développe quant à lui la Titan de Mahler dans ses penchants naturels et emmène l’ouvrage vers l’art bucolique cher à son créateur, poursuivant le chemin initié la saison passée avec le Chant de la Terre et la Symphonie n° 3.
 

Philharmonie, Paris
Le 23/09/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Vingt-deux ans et pourtant déjà l’un des plus beaux archets entendu ces dernières années. Edgar Moreau soumet au Concerto pour violoncelle de Schumann une sonorité ronde mais jamais surfaite. Malgré les jeux de couleurs, la première phrase de l’Allegro donne le ton d’un Schumann intimiste, qui restera tel quel pendant les vingt-cinq minutes de l’œuvre, avec un surplus de vibrato parfaitement adapté à l’Adagio.

    À l’orchestre, le premier accord mendelssohnien de l’Allegro laisse percevoir des pizzicati que l’on retrouvera par la suite trop appuyés, notamment aux six contrebasses, leur nombre ne développant pas particulièrement la gravité du concerto mais créant à l’inverse trop d’effet de cordes lors des tutti. Plus adaptés, les bois prouvent s’il est encore besoin que l’Orchestre philharmonique de Radio France n’a rien perdu de son haut niveau cette saison.

    Au retour d’entracte, Mikko Franck retrouve la scène d’un pas alerte et lance la Première Symphonie de Mahler dans les sonorités où on l’attendait, à travers cette froide chaleur des pays du nord, exposant parfois en résonnance les symphonies de Sibelius, même si le parallèle est risqué aux vues de la rencontre glaciale entre les deux compositeurs.

    Cette fois, les contrebasses par neuf offrent un superbe coffre à l’ensemble, tout particulièrement au début du troisième mouvement, que le chef choisit de faire jouer à tout le groupe, là où d’autres privilégient un seul instrument pour débuter le solo, unique mot écrit sur la partition par Mahler sans plus de précision. Elles sont accompagnées par de magnifiques violoncelles placés à la droite du chef, sans doute le groupe de cordes le plus attirant du concert.

    De ce Mahler sans peine, le chef finlandais ne tire pas d’ironie et perd quelque peu l’impact du discours aux secondes parties du Ländler, et surtout de l’Allegro initial, lorsqu’il n’extrait pas tout le charme du thème du lied tiré des Lieder eines fahrenden Gesellen. Il attire en revanche dans la Marche funèbre, bien qu’on n’y trouve ici plus rien de funeste. Le Finale pourra s’abandonner parfois à trop de brillance, sans pour autant tomber dans la vulgarité, même lorsque se lèvent les huit cors pour la dernière fanfare, demande formulée par la main de Mahler mais de moins en moins assumée par les chefs aujourd’hui.

    Cette proposition du philharmonique de Radio France arrivant juste après une Dixième par l’Orchestre de Paris montre la propension actuelle des orchestres français à jouer un Mahler de grande qualité. On regrettera en revanche qu’il n’y ait eu un ou deux services d’orchestre supplémentaires pour affiner certaines imperfections, comme un déphasage remarqué lors d’un duo flûte-hautbois, ou un manque de cohésion des deux timbaliers dans le Finale, le premier ayant en plus validé pour la coda une taille de baguettes qu’il aurait sans doute réadaptée à la baisse après plus d’essais.




    Philharmonie, Paris
    Le 23/09/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, avec la participation du violoncelliste Edgar Moreau à la Philharmonie de Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur op. 129
    Edgar Moreau, violoncelle
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan »
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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