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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding, avec la participation du contre-ténor Bejun Mehta à la Philharmonie de Paris.

L’Orchestre de Paris crescendo
© Simon Fowler / Virgin classics

Sous la direction de son nouveau chef Daniel Harding, une sorte de crescendo porte l’Orchestre de Paris du prélude de Parsifal en ouverture du concert au finale de la Symphonie n° 1 de Brahms qui le conclut. Une progression de l’expressivité où s’impose la création française de Dream of the Song du Britannique George Benjamin, qu’interprète magnifiquement Bejun Mehta.
 

Philharmonie, Paris
Le 28/09/2016
Claude HELLEU
 



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  • Un concert qui se conclut mieux qu’il ne commence avec un Prélude de Parsifal en-deçà de son drame. Certes, les pupitres graves l’ouvrent sur un climat d’une belle profondeur, le calme des cuivres le couronne de majesté. Mais ensuite ? Trop de poésie ? Sérénité déjà ? La solennelle lenteur voulue par Wagner pourrait être plus vibrante. C’est l’entrée des bois, admirables, qui crée l’émotion, insufflant une expressivité enfin plus engagée à tout l’orchestre. Elle permet à l’écoute sa fascination wagnérienne sans que la trouble d’aucune manière cette lecture irréprochable et convenue des motifs de la narration à venir, dont se pressentent sans grands états d’âme la souffrance et la foi.

    Lancée par Bejun Mehta telle une flèche, la première phrase des six poèmes choisis et mis en musique par George Benjamin percute l’auditoire. Leurs trois auteurs, Samuel HaNagid et Solomon Ibn Gabirol en hébreu au XIe siècle et Federico García Lorca en espagnol au XXe, ont la même source d’inspiration, la poésie arabe. Pas un vers ne se perd de la traduction anglaise des premiers, réservée au soliste.

    La détermination, la netteté, la précision des attaques et de l’élocution, la chaleur, l’étonnante puissance de la voix du contre-ténor, admirablement projetée sur tous les registres, domine l’orchestre naturellement. Quand le petit chœur de femmes se fond à la palette orchestrale, joliment restreinte et présente, le timbre de Bejun Mehta règne avec la même aisance. Quand ce même chœur chante fortissimo García Lorca dans sa langue, les jeux de sonorités ciselés par le compositeur raffinent leurs émergences. Couleurs changeantes, évocations prenantes, au fil des inspirations se tissent et s’irisent images et sentiments.

    Dans un climat proche de celui du prélude de Parsifal auparavant, l’introduction de la Première Symphonie de Brahms surprend. Le surplomb d’où elle part généralement ne culmine aucun horizon. Mais la précision de la direction de Daniel Harding pénètre le foisonnement de ses mouvements internes et bientôt captive. Chaque pupitre de l’Orchestre de Paris participe aux nuances révélatrices d’un Allegro dont la richesse d’écriture impose le pouvoir.

    Les timbales à l’honneur, si la rythmique ne saisit pas d’emblée l’attention, son énergie se propage, inéluctable. Trois brèves une longue, staccatos légendaires se contentent d’être, puissants d’eux-mêmes dans la gravité austère que Daniel Harding se refuse à transcender là d’un embrasement prématuré. La personnalité du hautbois, comme toujours magnifique, personnalise l’émotion latente.

    Elle le demeure dans l’Andante sostenuto, son romantisme éclairé par des musiciens profondément maîtres de leur partition. Roland Daugareil y emmène des violons habités, le hautbois, la clarinette y mêlent leur chant inspiré. Atmosphère paisible que le Presto va gentiment animer, sans surprise jusqu’au crescendo magnifique d’un tutti qui s’échappe de ce calme bucolique et annonce un Finale dont les déchaînements prendront d’autant plus de puissance qu’ils couronnent la trajectoire prônée par Daniel Harding.

    Toujours aussi claire et nette, sa sobriété parfaitement assumée, la direction du jeune chef sert aussi simplement l’apothéose flamboyante vers laquelle il nous a menés, attentif à chaque détail du chemin suivi. Dès la lenteur initiale de ce quatrième mouvement couve un feu dont le rougeoiement brûle. La montée des cordes, les rythmes resserrés, catégoriques, la splendeur des cuivres, la chaleur des bois en écho, tous au somment de leur intensité expressive exaltent la grandeur d’une passion triomphalement limpide.




    Philharmonie, Paris
    Le 28/09/2016
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding, avec la participation du contre-ténor Bejun Mehta à la Philharmonie de Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, prélude
    George Benjamin (*1960)
    Dream of the Song, pour contre-ténor, chœur de femmes et orchestre
    Bejun Mehta, contre-ténor
    SWR Vokalensemble Stuttgart
    préparation : Denis Comtet
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68
    Orchestre de Paris
    direction : Daniel Harding

     


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