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CRITIQUES DE CONCERTS 17 octobre 2017

Première de Béatrice et Bénédict de Berlioz dans la mise en scène de Richard Brunel, sous la direction de Tito Ceccherini au Théâtre du Capitole, Toulouse.

Beaucoup de bruit pour (presque) rien
© Patrice Nin

Le Capitole programme une version adaptée de Béatrice et Bénédict. L'ajout de scènes issues du Much Ado about Nothing de Shakespeare fera frissonner les gardiens du temple, mais en définitive, l'œuvre y gagne en cohérence et clarté. Le plateau féminin et les chœurs tiennent la dragée haute, éperonnés par la direction énergique de Tito Ceccherini.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 07/10/2016
David VERDIER
 



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  • Le blasphème annoncé accouche d'une souris et les berliozolâtres remiseront leur aigreur au placard. En retouchant le livret de Béatrice et Bénédict, Richard Brunel n'a fait que rétablir les péripéties shakespeariennes que le compositeur avait gommées, au risque de déséquilibrer la trame de son dernier opéra. L'honnête auditeur ne peut décemment pas prendre la défense de ces scènes dialoguées et de la minceur dramatique de l'ouvrage. C'est donc fort logiquement qu'on appliquera l'axiome du Prima la musica à une œuvre construite moins sur le principe d'une continuité que d'une suite de moments ou vignettes.

    La première partie est dominée par les références à cette guerre bien réelle qui sert de cadre aux joutes et aux piques amoureuses des deux protagonistes. La scène figure l'intérieur d'une église ou d'un temple, espace profané par les bombardements aériens dont les stigmates rappellent la proximité et l'imminence. Entre le réalisme des gravats qui continuent de tomber du plafond et l'étrangeté de ces armoires qui servent autant d'abris que de prétexte à changer de vêtements, le fond de scène est fermé par un immense mémorial des soldats tombés au champ d'honneur.

    Avec les préparatifs des noces de Héro et Claudio qui s'annoncent, le décor se transforme et les encombrantes armoires se changent en tables de banquet. Les interventions parlées se font volontiers au micro (effet larsen compris), ce qui apporte une touche crue et percutante qui tranche avec les apparitions oniriques et décalées – la pluie de parachutes ou la mariée qui vole au-dessus de la foule, tandis qu'apparaissent des branches d'arbres inversées en fond de scène.

    Vocalement, la fête est quasi-totale, à commencer par la belle et capricieuse Béatrice de Julie Boulianne, parfaite dans les palpitations de Dieu ! Que viens-je d'entendre ?, moment d'une beauté à marquer d'une pierre blanche. La prestation de Lauren Snouffer (Héro) est émaillée de quelques acidités dans l'aigu (Je vais le voir, son noble front rayonne) ; ces quelques bémols se dissipent dans le duo Nuit paisible et sereine, où la voix se mêle à celle sombre et souveraine de Gaia Petrone (Ursule).

    Moins à l'aise dans les dialogues, le Bénédict de Joel Prieto se rattrape dans l'épanchement de Ah, je vais l'aimer. Le Claudio d'Aimery Lefèvre ose des accents vibrants qui l'exposent dans l'aigu, tandis que le Somarone de Bruno Pratico sombre dans l'anonymat d'une émission embrouillée. Des lauriers en revanche pour les courtes et engagées interventions du Don Pedro de Thomas Dear. Le chœur maison prouve une fois de plus ses qualités et les deux comédiens Pierre Barrat en Leonato et Sébastien Dutrieux en Don Juan assurent une belle présence dans les nombreux passages parlés.

    Déjà présent dans les Pigeons d'argile (2014) et le diptyque Le Prisonnier/Le Château de Barbe-bleue (2015), le chef italien Tito Ceccherini montre des qualités de soutien et de souplesse qui font de cette partition à chausses trappes un moment de narration lyrique accomplie. La carrure rythmique très mobile se plie aux alternances dialogues-airs et emporte l'adhésion.




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 07/10/2016
    David VERDIER

    Première de Béatrice et Bénédict de Berlioz dans la mise en scène de Richard Brunel, sous la direction de Tito Ceccherini au Théâtre du Capitole, Toulouse.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Béatrice et Bénédict, opéra-comique en deux actes
    Livret du compositeur d’après Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare, librement adapté par l'auteur

    Coproduction avec le Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles

    Chœur du Capitole
    Orchestre national du Capitole
    direction : Tito Ceccherini
    mise en scène : Richard Brunel
    décors : Anouk Dell'Aiera
    costumes : Claire Risterucci
    éclairages : Laurent Castaingt
    préparation des chœurs : Alfonso Caiani

    Avec :
    Julie Boulianne (Béatrice), Joel Prieto (Bénédict), Lauren Snouffer (Héro), Gaia Petrone (Ursule), Aimery Lefèvre (Claudio), Thomas Dear (Don Pedro), Bruno Pratico (Somarone), Sébastien Dutrieux (Don Juan), Pierre Barrat (Leonato).

     



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