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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti dans la mise en scène d’Andreï Serban, sous la direction de Riccardo Frizza, à l’Opéra de Paris.

Lucia mon amour
© Sébastien Mathé

Dans une mise en scène que personne ne songerait à huer aujourd’hui, Pretty Yende endosse le rôle de Lucia di Lammermoor pour conduire le public à la folie. Standing ovation dès la fin de la troisième aria et applaudissements à n’en plus finir, tandis qu’autour d’elle ressortent surtout le frère Enrico Ashton de Artur Ruciński et un Chœur de l’Opéra de Paris en grande forme.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 17/10/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Loin de la controverse subie par la mise en scène à sa création en 1995, et pour poursuivre l’analyse de Michel Parouty déjà défenseur de la reprise avec June Anderson en 2000, on trouve dans la proposition d’Andreï Serban non seulement un regard toujours aussi intelligent, mais en plus l’un des décors les plus agréables à regarder parmi les productions actuelles de Lucia sur les scènes internationales. Les idées du voile funéraire sur la robe de mariée ou des hommes en noirs parapluies ouverts, mélange de plusieurs tableaux de Magritte, accompagnent encore superbement le drame en 2016.

    Intérêt principal de cette reprise, la soprano lyrique sud-africaine Pretty Yende ouvre la première distribution avant de laisser la place en novembre à la colorature Nina Minasyan. Sa présence scénique électrique ailée pourra déplaire à l’auditeur recherchant vocalises nettes, notes filées et diction parfaite, mais emportera tous les autres sur son passage. Car cette voix charnue autant que charnelle développe une fantastique émotion, ressentie dès Regnava nel silenzio et plus encore dans Quando rapito in estasi. Dans l’air de la folie, chanté pour l’occasion avec flûte et non harmonica de verre, elle met le public à genou pendant dix minutes avant qu’il ne se lève comme un seul homme dès la dernière note.

    Autour d’elle ressort l’Enrico Ashton d’Artur Ruciński, intéressant par la présence et l’engagement autant que par le chant, auquel on reprochera toutefois un caractère trop monochrome, surtout face à la palette de nuances déployée par Pretty Yende. Piero Pretti est un amant vaillant, touchant même dans Tu che a Dio spiegasti l'ali, mais manquant de finesse, sans tomber non plus dans les sonorités ingrates du second ténor, l’Arturo d’Oleksiy Palchykov. Gemma Ní Bhrian assez effacée en Alisa est presque inaudible dans le sextuor vocal, dans lequel se déploient à l’inverse les graves bien posés du Raimondo de Rafal Siwek.

    Riccardo Frizza accompagne d’une battue précise mais non exempte de lourdeur un plateau qu’il ne perd jamais. Des cordes ressortent de belles envolées lyriques comme de jolis soli, mais les attaques manquent de franchise et l’effectif orchestral peut-être suffisant pour Garnier semble trop léger à Bastille, d’autant qu’encore une fois pour ce répertoire l’orchestre est enfoncé à plus de deux mètres en fosse. Des vents se démarque forcément la flûte, dont le soutien impeccable de justesse pour l’aria principale s’accorde à la chanteuse par ses magnifiques sonorités. Enfin le Chœur de l’Opéra de Paris intervient avec chaleur ou froideur selon la partition, mais toujours dans une couleur parfaitement adaptée au bel canto italien.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 17/10/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti dans la mise en scène d’Andreï Serban, sous la direction de Riccardo Frizza, à l’Opéra de Paris.
    Gaetano Donizetti (1797-1848)
    Lucia di Lammermoor, opéra en deux parties
    Livret de Salvatore Cammarano, d’après une nouvelle de Walter Scott

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Riccardo Frizza
    mise en scène : Andreï Serban
    décors & costumes : William Dudley
    éclairages : Guido Levi
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Artur Ruciński (Enrico Ashton), Pretty Yende (Lucia Ashton), Piero Pretti (Edgardo di Ravenswood), Oleksiy Palchykov (Arturo Bucklaw), Rafal Siwek (Raimondo Bidebent), Gemma Ní Bhrian (Alisa), Yu Shao (Normanno).

     



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