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CRITIQUES DE CONCERTS 16 décembre 2019

D√©but de l'int√©grale des Quatuors de Beethoven par le Quatuor Prazak au th√©√Ętre des Bouffes du Nord.

Qu'est-ce qui fait courir Ludwig van ?
© Fran√ßois Fligarz

C√©l√©br√© par la presse mais encore mal connu, le Quatuor Prazak a investi les Bouffes du Nord pour d√©buter une int√©grale Beethoven qui s'ach√®vera en juin prochain. La formation praguoise en a profit√© pour donner en contrepoint l'opus 3 d'Alban Berg. Une le√ßon magistrale o√Ļ l'imagination le dispute √† l'intelligence.
 

Th√©√Ętre des Bouffes du Nord, Paris
Le 08/10/2000
Mathias HEIZMANN
 



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  • Un bon si√®cle de musique, voil√† pour le parcours : de l'opus 18 de Beethoven (1800) √† l'opus 3 d'Alban Berg (1910). Difficile de trouver introduction plus p√©dagogique pour illustrer la modernit√© des √Čcoles de Vienne. Beethoven comme Berg (1) ont su transformer les traditions musicales qui les avaient vu na√ģtre, sans provoquer v√©ritablement de rupture. Le choc de l'atonalit√© n'en √©tait pas un pour ceux qui avaient su √©couter Wagner ou Liszt. Chez Beethoven, on trouve d'ailleurs suffisamment de liens avec Mozart ou Haydn (malgr√© ses d√©clarations d'ind√©pendance √† l'√©gard de ce qui l'a pr√©c√©d√©) pour qu'il soit difficile, sinon impossible, de le qualifier de compositeur romantique. D'ailleurs, sa musique d√©borde de souvenirs aussi bien que de pr√©dictions. Pourtant cela ne les emp√™che, ni lui, ni Berg, de rester d'une absolue modernit√© ; une des difficult√©s pour les comprendre vient pr√©cis√©ment de ce lien avec le pass√©, un lien qu'on a trop souvent oubli√©, particuli√®rement dans la musique de Berg.

    Mais que recouvre au juste cette compréhension ? Admettons qu'un compositeur utilise l'écriture comme un homme à cheval utilise le sol pour se mouvoir. Qu'il y ait sol et traces est respectivement condition et conséquence de la course ; mais c'est la cause de la course que l'interprète doit chercher à saisir. À partir des traces des sabots un archéologue saura éventuellement reconstituer la direction du cheval et la forme qu'avait la bête même si, d'aventure, l'espèce a depuis longtemps disparu. Peut-être même pourra-t-il se faire une idée de sa vitesse et du poids du cavalier, mais il devinera difficilement qui il était et ce qui le faisait courir, peut-être vers un amour, vers sa mort ou chez le boucher du coin.

    La r√©ponse √† cet √©pineux probl√®me se trouve dans la question de l'incarnation, c'est-√†-dire l'invention d'un sens √† jamais perdu. Et le Quatuor Prazak, disons le tout de suite, fait ici figure de mod√®le. Rarement une telle imagination, une telle intelligence dans la gestion de la sc√®ne sonore ont pu √™tre atteintes. D√®s lors la question de l'√©nergie commune, ou des niveaux individuels devient secondaire (encore que l'on doive souligner leur prodigieux talent instrumental) : le r√©sultat n'est √©videmment pas celui d'une simple somme d'√©l√©ments, mais plut√īt d'une appropriation respectueuse, une interpr√©tation id√©ale en quelque sorte


    (1) et d'une fa√ßon g√©n√©rale les compositeurs de la Deuxi√®me √Čcole de Vienne dont Sch¬únberg est le plus fameux repr√©sentant.




    Th√©√Ętre des Bouffes du Nord, Paris
    Le 08/10/2000
    Mathias HEIZMANN

    D√©but de l'int√©grale des Quatuors de Beethoven par le Quatuor Prazak au th√©√Ętre des Bouffes du Nord.
    Quatuor Prazak
    Dimanche 8 octobre 2000 à 12 heures,
    Ludwig van Beethoven : quatuor op. 18 N¬į2. Quatuor op. 127.
    Dimanche 8 octobre 2000 √† 15 heures, Ludwig van Beethoven : quatuor op. 59 N¬į 2. Quatuor op. 95.
    Lundi 9 octobre √† 15 heures : Ludwig van Beethoven : quatuor op. 59 N¬į1. Alban Berg : quatuor op. 3

     


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