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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Nouvelle production d'Un Bal masqué de Verdi dans une mise en scène de Leo Muscato et sous la direction de Jesús López-Cobos à l'Opéra de Rome.

Le Bal des Italiens
© Yasuko Kageyama

Dans sa ville de création, Un Ballo in Maschera trouve avec la nouvelle production de Leo Muscato une distribution de très haut niveau où Francesco Meli confirme une nouvelle fois être l’un des meilleurs ténors verdiens actuels, tandis que le jeune Simone Piazzola se hisse déjà parmi les barytons italiens les plus passionnants du moment.
 

Teatro dell'opera, Roma
Le 22/10/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Datant de 2001, la dernière production du Bal masqué au Teatro dell’opera de Rome est remplacée en cette clôture (aussi tardive que typiquement italienne) de saison 2015-2016 par une nouvelle proposition de Leo Muscato. Le jeune metteur en scène natif de la capitale italienne y prend peu de risques, mais offre au moins une lecture efficace du mélodrame de Verdi.

    À l’ouverture de rideau, Amelia peint ses deux amants en duel ; dessin que l’on retrouvera quelques temps avant l’ultime scène de meurtre. Puis l’acte I est inséré dans une antichambre au tissu mural vieilli, avec des costumes de Silvia Aymonino d’aspect napoléonien, suivant de près le mélange de peintures françaises et flamandes de la fin du XVIIIe exposées sur le mur à la scène suivante. Le second tableau autour d’Ulrica fait penser à la Bohème, tant par son intégration dans une mansarde définie par une grande fenêtre à carreaux que par un chœur en habits gris des classes populaires de l’époque.

    Arbres dénudés au II dans des lumières bleues puis rouge-feu d’Alessandro Verazzi et salle de bal à miroirs dans le dernier complètent le décor très classique de Federica Parolini, à l’intérieur duquel intéresse surtout une dramaturgie active développée par les cinq interprètes principaux de l’opéra. Francesco Meli y tient Riccardo, ou plutôt Gustavo III, puisque la version suédoise a été privilégiée à l’américaine. Son premier air, La rivedrà nell'estasi, laisse ressortir le timbre enjôleur du ténor génois, mais présente d’abord une voix un peu petite, ensuite plus chaude et plus large dans Di' tu se fedele. Au retour d’entracte, la magie apparaît et le chant s’exalte autant que la voix s’amplifie pour Ma se m'è forza perderti, ainsi qu’à la scène finale profondément touchante.

    Pour accompagner celui qu’on osera qualifier de meilleur ténor italien actuellement, le jeune Simone Piazzola semble être un partenaire idéal, ses trente-et-un ans faisant de lui un interprète parfaitement crédible pour Anckarström. Même si les graves méritent encore de gagner en assise, la couleur, la finesse du discours et surtout la tenue de ligne pour le chant verdien sont impeccables et peut-être insurpassables aujourd’hui dans les parties rapides, tout particulièrement lors du redoutable trio du II, Odi tu come fremono cupi.

    À leurs côtés, Hui He pâtit de ne pas être italienne et ne trouve pas d’applaudissements à la hauteur d’un Ma dall'arido stelo divulsa excellemment tenu, ni d’un duo amoureux où elle surpasse Meli, ni surtout d’un Morrò, ma prima in grazia émouvant dans lequel elle couvre sans problème toute l’étendue du spectre vocal, et où seule peut être discutée la préparation du souffle pour atteindre les plus haut aigus. Rôle terriblement difficile aussi, l’Oscar frais de la jeune Serena Gamberoni est un régal de couleurs et d’allégresse, magnifique dans Saper vorreste, tandis que Dolora Zajick tient toujours magnifiquement le rôle de la sorcière Ulrica, tant dans ses accents graves que scéniquement.

    Des seconds rôles se démarquent surtout la basse Dario Russo (Comte Ribbïng) et le baryton Gianfranco Montresor (Christian), dont les tessitures très différenciées et une belle projection apportent une véritable présence à leurs interventions. Le chœur convainc également, surtout dans la scène de bal où il assiste parfaitement le drame emmené par le chef Jesús López-Cobos. L’orchestre romain aux sonorités envoûtantes suit avec précision cette battue enlevée et les brusques variations de tempo, en plus de montrer une aptitude à passer du mode majeur et enjoué au mode mineur du drame, magnifié dans la scène finale.




    Teatro dell'opera, Roma
    Le 22/10/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production d'Un Bal masqué de Verdi dans une mise en scène de Leo Muscato et sous la direction de Jesús López-Cobos à l'Opéra de Rome.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Un ballo in Maschera, mélodrame en trois actes
    Livret d'Antonio Somma basé d'après le livret Eugène Scribe pour l'opéra Gustave III de Daniel Auber

    Coro e Orchestra del Teatro dell’opera di Roma
    direction : Jesús López-Cobos
    mise en scène : Leo Muscato
    décors : Federica Parolini
    costumes : Silvia Aymonino
    éclairages : Alessandro Verazzi
    préparation des chœurs : Roberto Gabbiani

    Avec :
    Francesco Meli (Gustavo III, Riccardo), Simone Piazzola (Capitaine Anckarström, Renato), Hui He (Amelia), Dolora Zajick (Arvidson, Ulrica), Serena Gamberoni (Oscar), Alessia Cacciamani (Comte Horn, Sam), Dario Russo (Comte Ribbïng, Tom), Gianfranco Montresor (Christian, Silviano), Giancula Floris (juge), Michael Alfonsi (Serveur d'Amelia).

     



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