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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.

Orchestre sans drame

Daniel Harding dirige trois œuvres orchestrales issues d’ouvrages vocaux en les approchant seulement dans leur matériau symphonique, sans jamais mettre en avant leur dramatisme. Si la méthode se défend dans les Sea Interludes de Britten et tient dans la suite du Pelléas de Debussy, elle passe totalement à côté du Roméo et Juliette de Berlioz.
 

Philharmonie, Paris
Le 02/11/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Peu connu pour ses effusions dramatiques, Daniel Harding n’a clairement pas réussi à trouver la clé des œuvres jouées pour son quatrième programme avec l’Orchestre de Paris cette saison. Dans les Quatre Interludes marins tirés du Peter Grimes de Benjamin Britten, la formation approche d’abord avec de belles couleurs une introduction maîtrisée seulement dans sa construction symphonique.

    Le deuxième interlude montre des cuivres précis mais une flûte et un piccolo quelque peu décevants dans leurs sonorités. Déjà le développement des violons y présente ses limites, sans jamais soulever aucune effluve marine ni rechercher à transmettre la moindre émotion. Dans cette même optique, le troisième ne trouve plus d’impact et manque de tout flux sous-tendu, quand la violence du dernier reste sèche.

    Proposé ensuite dans le programme du mercredi et remplacée le lendemain par une pièce avec ténor de Britten dans laquelle apparaîtra Mark Padmore, la Suite de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy est présentée dans la version d’Erich Leinsdorf. Ce choix surprend et est sans doute d’abord celui de Fabien Gabel, lorsqu’il a joué la pièce avec l’orchestre en 2015.

    Pourtant, il semble assez évident que les retouches et ajouts plus tardifs de Marius Constant ont affiné les transitions, et qu’en repartant de la version Leinsdorf au début de ce siècle, Claudio Abbado a concentré la partition pour lui donner nettement plus de poids. En proposant lenteur et permanence dans les pianissimi, le chef anglais parvient encore moins que dans la pièce précédente à faire ressortir le drame, et semble approcher cette partition comme un simple arrangement symphonique sans en développer l’éclat ni la modernité.

    Fade en première partie, la direction s’avère encore plus problématique dans la seconde, car les extraits tirés du Roméo et Juliette de Berlioz restent bien présentés comme une symphonie dramatique, à laquelle Harding s’attèle en plus à garder les scènes dans leur continuité théâtrale et non à les inverser comme cela est parfois le cas.

    Ici, l’approche purement symphonique et encore une fois très lente casse totalement la dynamique, parvenant même à montrer certaines faiblesses de structures dans l’écriture de Berlioz, tant il en décharne ses composants. L’Orchestre de Paris, dont le premier violon et quelques musiciens ont permuté après la pause, perd alors tous ses coloris et ne trouve plus ni son, ni souffle, laissant l’auditeur las sans aucun souvenir à l’oreille quelques minutes seulement après sa sortie de la salle.




    Philharmonie, Paris
    Le 02/11/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Four Sea Interludes de Peter Grimes op. 33A
    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, suite pour orchestre
    Version d’Erich Leinsdorf
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Roméo et Juliette op. 17 (extraits)
    Orchestre de Paris
    direction : Daniel Harding

     


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