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CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Reprise des Contes d’Hoffmann d’Offenbach dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Philippe Jordan à l’Opéra de Paris.

Hoffmann sans ambiguïté
© Julien Benhamou

Dans la septième reprise de cette magnifique production des Contes d’Hoffmann mise en scène par Robert Carsen et créée en 2000, c’est Ermonela Jaho qui nous offre les meilleurs moments de musique et d’émotion. Sous la nouvelle direction de Philippe Jordan, le changement d’interprètes, sans nuire à l’inventivité du spectacle, n’en favorise pas les subtilités.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 03/11/2016
Claude HELLEU
 



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  • Il y a ceux qui ont déjà vu cette production des Contes d’Hoffmann et comparent ses interprètes, ceux qui découvrent l’inclassable opéra fantastique d’Offenbach. La mise en scène de Robert Carsen garde son efficacité, plus ou moins évidente selon les interprètes. La nouvelle direction de Philippe Jordan alourdit larmes et sourires essentiellement dans le Prologue et le I, où Ramon Vargas campe un Hoffmann si peu séduisant qu’on ne s’étonnera pas ensuite de ses échecs amoureux.

    Prologue au réalisme haut en couleurs dans la buvette de l’opéra où la divine cantatrice Stella chante Don Juan de Mozart. Vainement épris, Hoffmann s’enivre et se ridiculise avec un chœur aux décalages surprenants cependant que l’orchestre semble jouer de son côté et sans la légèreté que le compositeur revendiquait. Impeccablement interprété par le ténor, le numéro de Kleinzach ne soulève guère d’hilarité. L’entrain dont cette scène caricature la bouffonnerie garde un côté plan-plan.

    Verve vaine encore dans l’acte suivant. Le premier souvenir évoqué par le poète demeure dans cet à-peu-près de drôlerie que ne trouble aucun des sentiments prétendus. Nadine Koutcher, en poupée qui ne saurait en avoir, assume brillamment ses vocalises périlleuses. Sans égaler la précédente Olympia, Jane Archibald, dans l’automatisme de ses gestes, la soprano triomphe de la triste humanité qui l’entoure.

    Son inventeur cynique et malhonnête, un Spalanzani que surexcite Rodolphe Briand, le sinistre Coppelius, première incarnation du mal à sévir près d’Hoffmann et dont la belle basse de Roberto Tagliavini, élégamment impersonnel et maléfique, rend les malédictions incompréhensibles. La direction d’acteurs fait cruellement défaut à l’agitation de ces sinistres clowns. Seul le compagnon d’Hoffmann Nicklausse, Stéphanie d’Oustrac, affirme son jeu et la fermeté de ses conseils.

    La grande triomphatrice de cette distribution est Ermonela Jaho. Grâce à elle et autour d’elle une certaine émotion règne dans cette fosse d’orchestre où Antonia nous émeut. La beauté du timbre, l’expressivité du chant interdit à la jeune cantatrice condamnée à en mourir rayonnent sur son père, qu’incarne Paul Gay, auparavant un Luther sympathiquement crédible en tenancier de l’auberge. Quant à rêver que les troubles de la jeune fille bouleversent Hoffmann, cela se confirme mission impossible.

    Ramon Vargas paraît aussi peu amoureux transi que poète, mais avec toujours la même aisance vocale. Au cœur de ce drame, la surdité du serviteur Frantz est censée provoquer un rire qui l’allège. Yann Beuron y réussit sans excès, son fameux air de la Méthode insuffisamment caricaturé. Quant au diabolique Docteur Miracle, il ressemble comme deux gouttes d’eau à Coppelius précédemment, à Dapertutto plus tard à Venise.

    Où Hoffmann revit ses amours avec la théoriquement sensuelle et capiteuse Giulietta. Les rangées de fauteuils en velours rouge se déplaçant de gauche à droite en mouvement inversé tel un balancement de gondoles font toujours leur effet. La gentille orgie des couples qui s’y vautrent ne compense pas l’absence de la perversité réclamée dans cette scène. Kate Aldrich joue la grande prostituée indifférente, Ramon Vargas joue Vargas, le chœur et l’orchestre jouent leur partition, la mayonnaise ne prend pas. Seule Stéphanie d’Oustrac émerge et sera à juste titre la Muse triomphante de l’amant maudit.

    Si les Contes d’Hoffmann gardent leur séduction dans cette mise en scène dont l’inventivité s’unifie aux différents lieux d’un théâtre, leur ambigüité s’essouffle faute d’une direction d’acteurs et d’une sagesse musicale impersonnelle.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 03/11/2016
    Claude HELLEU

    Reprise des Contes d’Hoffmann d’Offenbach dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Philippe Jordan à l’Opéra de Paris.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Les Contes d’Hoffmann, opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue
    Livret de Jules Barbier, d’après Jules Barbier et Michel Carré

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Philippe Jordan
    mise en scène : Robert Carsen
    décors, costumes : Michael Levine
    éclairages : Jean Kalman
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Ramon Vargas (Hoffmann), Nadine Koutcher (Olympia), Ermonela Jaho (Antonia), Kate Aldrich (Giulietta), Stéphanie d’Oustrac (La Muse / Nicklausse), Roberto Tavigliavini (Lindorf / Coppelius / Dapertutto / Miracle), Yann Beuron (Andrès / Cochenille / Pitichinassio / Frantz), Rodolphe Briand (Spalanzani), Paul Gay (Luther/ Crespel), Doris Soffel (la mère d’Antonia), François Lis (Schlemil), Cyrille Lovighi (Nathanaël), Laurenat Laberdesque (Hermann).

     



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