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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Neeme Järvi à l’Auditorium de Maison de la Radio, Paris.

Léningrad à la Radio
© Frederick Stucker

À 79 ans, Neeme Järvi prend en main le National pour un soir et prouve une nouvelle fois sa capacité à transcender les formations françaises. La suite Mozartiana de Tchaïkovski trouve d’abord quelques lourdeurs, là où la Septième Symphonie de Chostakovitch met tout le monde d’accord dès l’introduction d’un premier mouvement d’anthologie.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 10/11/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Composée en 1887 pour le centenaire de Don Giovanni, la Suite n° 4 de Tchaïkovski fut l’occasion pour le Russe de faire redécouvrir les petites pièces pour clavier oubliées de Mozart. La Gigue introductive s’inspire donc largement de la Petite Gigue pour piano KV 574, puis le Menuet du Menuet KV 575, quand la dernière est une transcription revisitée pour orchestre des Variations pour piano sur un thème de Gluck KV 455.

    Les deux premières pièces montrent un Orchestre national de France appliqué, aux cordes bien préparées, dont ressortent tout particulièrement les altos. Quelque peu alourdi au départ, le son s’ouvre petit à petit pour véritablement trouver sa force dans le troisième morceau, Preghiera, dont la parenté avec Lohengrin est ici particulièrement travaillée grâce à un geste lent tout à fait adapté. De ce manque de légèreté, il ne reste rien au Thème et variations final lorsque les sonorités déjà proches du Casse-Noisette composé plus tard inversent la sensation en plonge l’auditoire dans une nostalgie joyeuse chère au compositeur.

    Le hors-d’œuvre passé, retour sur scène en formation complète pour une partition beaucoup plus dure, la Symphonie n° 7 de Chostakovitch, écrite pendant le siège de Leningrad en 1941 et créée dès 1942 dans plusieurs villes d’URSS avant d’être transportée par microfilm jusqu’aux États-Unis pour y être jouée et radiodiffusée sous la direction d’Arturo Toscanini. Si des doutes subsistaient encore quant à la capacité du National à porter haut cette partition, ils disparaissent définitivement dès la première attaque, franche et acerbe.

    Heureusement, la superbe première flûte vient apporter un peu de sérénité et ramener les violons au calme, tout en maintenant une ambiance dense et tendue jusqu’à la rupture à l’arrivée de la caisse claire. Le thème récurrent qui s’ensuit est construit dans la même idée que le Boléro de Ravel, mais avec pour but de créer un réel malaise tant il devient répétitif. Amorcé pianississimo, comme si Neeme Järvi avait en tête les consignes de direction de Kirill Kondrachine, le thème conduit à une magistrale explosion du tutti dix minutes plus tard, sans jamais parvenir à faire saturer l’acoustique de l’excellent auditorium de la Maison de la Radio.

    De l’ensemble, on retient les couleurs du glockenspiel et une caisse claire imperturbable dans la gestion du rythme, tandis que les premières déflagrations de l’Allegro non troppo conclusif laissent apparaître des timbales superbes mais beaucoup trop prééminentes. En hauteur à cour, les cors magnifient leurs parties et répondent à des trompettes et trombones parfaitement timbrés, tandis qu’à jardin les harpes un peu trop nettes dans l’aigu s’accordent avec un piano mat ne laissant aucun répit au message dramatique.

    Dans la petite harmonie, on retient d’abord le premier hautbois, malgré un léger accroc dans le Moderato et l’accélération du tempo en soutien de son premier solo, qui devient particulièrement intéressant dans les échanges avec les autres bois, piccolo, bassons et cor anglais. Quatre-vingts minutes après avoir commencé et suite à un dernier mouvement dans lequel une nouvelle nervosité apparaît, le public ressort soufflé, prouvant la qualité de tous pour cette soirée, pour laquelle on espère une suite avec un rapide retour du chef estonien au pupitre.




    Concert disponible en réécoute jusqu’au 10 décembre sur France Musique.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 10/11/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Neeme Järvi à l’Auditorium de Maison de la Radio, Paris.
    Piotr llitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Suite n° 4 en sol majeur op. 61, « Mozartiana »
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n°7 en ut majeur op. 60, « Leningrad »
    Orchestre national de France
    direction : Neeme Järvi

     


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