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CRITIQUES DE CONCERTS 01 juin 2020

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction d’Iván Fischer, avec la participation de la soprano Christiane Karg à la Philharmonie de Berlin.

Tout peut arriver…
© Marco Borggreve

… comme par exemple de s’ennuyer à un concert de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. La faute en incombe ce soir à la direction étrangement éteinte d’Iván Fischer dans la Musique pour cordes de Bartók, en dépit d’une seconde partie Mozart plus réussie. Une déception relativisée bien sûr par la beauté sonore des Berliner.
 

Philharmonie, Berlin
Le 26/10/2016
Laurent VILAREM
 



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    Le programme commençait par une belle rareté : le Prélude à l’unisson tiré de la Première Suite d’orchestre de Georges Enesco. Comme son nom l’indique, l’œuvre fait entendre une longue mélodie dans un langage très original. Il s’avère même difficile de trouver des équivalents contemporains de cette pièce écrite en 1903. On songe tantôt à une œuvre impressionniste mâtinée d’exotisme (éventuellement Koechlin pour son déroulement imperturbable) tantôt à une pièce postromantique dans le langage du premier Bartók. Ne reste dès lors plus qu’à profiter de la beauté superlative des cordes du Berliner et ce prélude passe comme un charme.

    Gage de l’intelligence de la programmation voulue par Iván Fischer, le concert s’enchaîne sans changement de plateau avec la Musique pour cordes, percussions et célesta de Bartók. La nationalité hongroise du chef plaide naturellement en faveur du compositeur du Château du Barbe-Bleue et pourtant, dès l’Andante tranquillo initial, on se prend à douter de la clarté polyphonique de la direction du chef magyar, jusqu’à d’étranges effets d’articulation au pathétisme appuyé. La dimension folklorique du deuxième mouvement souffre également d’une battue étrangement régulière, comme si Fischer accusait les rythmes jusqu’à les briser.

    Le célèbre Adagio, popularisé par Shining de Kubrick, sied davantage à sa lecture postromantique, mais après un mouvement final éteint, force est de constater que Fischer échoue non seulement dans l’aspect rythmique, dans lequel un Boulez se montrait beaucoup plus précis, comme dans la visée symphonique puisque cette Musique pour cordes semble bizarrement décousue. Cette déception est cependant compensée par la beauté instrumentale des Berliner.

    La deuxième partie sera heureusement plus réussie. Dans deux airs de concert mozartiens, l’un élégiaque avec une importante partie de cor solo (le Francais Félix Derveaux), Lungi da te, moi bene tiré de Mitridate, l’autre plus passionné Ah ! non son’io che parlo KV 369, la soprano allemande Christiane Karg fait montre d’un joli instrument très travaillé, aussi à l’aise dans les notes filées que les vocalises, tandis que la Symphonie Prague qui clôturait le concert montrait un Fischer à la recherche de contrastes toujours aussi excentriques, mais parsemés de purs moments de grâce. Ce Mozart quasi brahmsien reste singulièrement discontinu mais qu’importe, la splendeur sonore des Berliner est telle qu’on supporte aisément ces divines langueurs.




    Philharmonie, Berlin
    Le 26/10/2016
    Laurent VILAREM

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction d’Iván Fischer, avec la participation de la soprano Christiane Karg à la Philharmonie de Berlin.
    Georges Enesco (1881-1955)
    Prélude à l’unisson tiré de la Suite d’orchestre n° 1 op. 9
    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Musique pour cordes, percussions et célesta Sz 106
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Lungi da te, mio bene Misera, dove son - Ah ! non son’io che parlo KV 369
    Christiane Karg, soprano
    FĂ©lix Derveaux, cor solo
    Symphonie n° 38 en rĂ© majeur KV 504 « Prague Â»
    Berliner Philharmoniker
    direction : Iván Fischer

     


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