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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Récital du baryton Dimitri Hvorostovsky accompagné au piano par Ivari Ilja au Théâtre du Châtelet, Paris.

À pleine voix

Voix immense, souffle inépuisable, stature d’athlète, Dimitri Hvorostovsky est une force de la nature. Mais ce ne sont pas forcément les qualités qui prévalent pour un récital de mélodies. Tout amateur de belles voix aura certes pris plaisir à cette soirée, même si d’autres interprètes ont pu faire preuve de plus de subtilité dans le même répertoire.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 10/11/2016
Gérard MANNONI
 



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  • Il faut avant tout reconnaître et saluer ces moyens exceptionnels qui sont aujourd’hui à leur apogée. Avec un timbre riche et cette puissance à décrocher les lustres, le grand baryton russe force l’admiration. Après avoir chanté une bonne vingtaine de mélodies russes et allemandes, et non des moindres, il donne en bis un Credo de Iago d’une fraîcheur vocale époustouflante. Pour rappeler sans doute à ceux qui l’oublieraient qu’il triomphe un peu partout dans le monde avec les emplois de baryton Verdi.

    D’ailleurs, on peut en profiter pour rappeler cette petite moralité qui dit que dans le domaine du chant, qui peut le plus ne peut pas forcément le moins. Il arrive souvent que les plus grandes voix rejoignent le poète-albatros selon Baudelaire que « ses ailes de géant empêchent de marcher ». Sans aller jusqu’à dire que des moyens comme ceux de Hvorostovsky l’empêchent de chanter la mélodie, reconnaissons qu’ils ne lui facilitent pas les choses. Et curieusement, ce n’est pas le répertoire russe qu’il aborde avec le plus facilité.

    Glinka, Rimski-Korsakov ont composé non seulement de sublimes opéras mais de très belles mélodies qu’ont su rendre populaires une génération passée de grands interprètes comme Boris Christoff ou Galina Vichnevskaïa. Tchaïkovski également, a laissé tout un répertoire de ce type, d’ailleurs plus occidental d’écriture, plus proche de nous sans doute et de notre sensibilité. Hvorostovsky honore de ses splendeurs vocales toutes ces pages, lesquelles pourtant valent aussi qu’on souligne la poésie de la plupart de leurs textes et la subtilité de l’écriture musicale nuancée qui les sertit.

    En d’autres termes, il est possible dans ce répertoire de varier bien davantage la dynamique et les couleurs, de garder des zones d’ombre, d’apporter plus d’intériorité. Tout est ici à peu près abordé de manière semblable, dans l’éclat de cette voix superbe, mais sans laisser beaucoup de place à une caractérisation individuelle du climat de chaque poème. Que l’on réécoute justement Vichnevskaïa en particulier pour avoir une approche moins purement vocale de ces pages.

    Excès de générosité spontanée de la part du chanteur pour servir la musique de son pays ? C’est possible, car dès qu’il aborde les mélodies de Richard Strauss qui terminent ce programme, c’est avec plus d’intériorité, de lyrisme contrôlé, un phrasé plus subtil et des couleurs plus changeantes, dont bénéficient en premier un Morgen bien émouvant et pondéré, d’autant que Zueignung ou Cäcilie lui permettent de libérer sa voix sans contrainte. Mais finalement, le point culminant de la soirée fut ce Credo de Iago, lancé avec une charge maléfique exceptionnelle et une projection idéale, rappelant qu’effectivement, Hvorostovsky est un roi au théâtre, d’abord.

    À Ivari Ilja revenait de jouer les partenaires pianistiques de cette tornade vocale, tâche dont il s’est acquitté avec le plus grand professionnalisme et aussi beaucoup de musicalité.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 10/11/2016
    Gérard MANNONI

    Récital du baryton Dimitri Hvorostovsky accompagné au piano par Ivari Ilja au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Mikhaïl Glinka (1804-1857)
    To Molly
    How Sweet it is to Be With You
    Say Not That it Grieves the Heart
    Doubt
    Bolero

    Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908)
    On the Hills of Georgia, op. 3, n° 4
    Oh, if Thou Couldst for One Moment, op. 39, n° 1
    The Wave Breaks Into Spray, op. 46, n° 1
    Not the Wind, Blowing from the Heights, op. 43, n° 2
    What is My Name to Thee? , op. 4, n° 1
    The Lark Sings Louder, op. 43, n° 1

    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    I Bless You, Forests, op. 47, n° 5
    The Nightingale, op. 60. n° 4
    Amid the Din of the Ball, op. 38, n° 3
    The First Meeting, op. 63, n° 4

    Richard Strauss (1864-1949)
    Allerseelen, op. 10, n° 8
    Befreit, op. 39, n° 4
    Zueignung, op. 10, n° 1
    Morgen, op. 27, n° 4
    Cäcilie, op. 27, n° 2

    Dimitri Hvorostovsky, baryton
    Ivari Ilja, piano

     


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