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CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck à l’Auditorium de la Maison de la Radio, Paris.

Symphonies pathétiques

Intégralement symphonique, le concert du Philharmonique de Radio France du 11 novembre ouvre sur une Deuxième de Sibelius dans laquelle Mikko Franck rend un hommage particulier aux sonorités inspirées par le maître Tchaïkovski, proposé en seconde partie avec son ultime symphonie, une Pathétique de très grande tenue, développée par la douceur du chef finlandais.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 11/11/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Remise en cause par les absences répétées du chef les dernières saisons, la cohésion entre l’Orchestre philharmonique de Radio France et son directeur musical semble être parfaitement retrouvée, lui-même montrant un équilibre évident à son arrivée sur scène, le pas alerte et le visage souriant, pour débuter l’un des plus beaux concerts entendus à Paris depuis la rentrée. L’attaque liminaire des cordes laisse ressortir une chaleur particulière, rarement atteinte à ce niveau, même par les plus grands ensembles nordiques ou germaniques.

    Pendant les deux premiers mouvements, la lecture quelque peu analytique de la partition occulte parfois son romantisme, cette sensation étant peut-être en partie due à la différence d’équilibre entre l’auditorium de la Maison de la Radio et la Philharmonie de Paris, à laquelle la formation est plus habituée. Le manque de compacité du son crée donc une perte de densité dans le crescendo du Tempo andante, pourtant magnifiquement débuté dans les pizzicati des contrebasses et violoncelles, poursuivis par des sonorités très claires aux bassons. Dans la coda du même mouvement, le chef demande un appui très spécifique aux archets des contrebasses, produisant un son au caractère savonneux, mieux développé ensuite dans le magnifique Finale, où la raucité des graves s’intègre pleinement parmi un ensemble mieux unifié et dont le rendu global devient plus épais.

    Plus impressionnant et particulièrement intéressant, le Vivacissimo propose par sa légèreté et ses envolées un lien tout à fait singulier avec les sonorités de Tchaïkovski, préparant à une seconde partie encore supérieure à la première. Car si l’on se doutait que les deux œuvres présentée à cette soirée étaient adaptées à Mikko Franck, la réussite de celle qu’on a quelquefois surnommée la Pathétique finlandaise était privilégiée face à celle de la Pathétique russe, notamment en regard des conceptions d’un chef dont on connaît pour l’instant peu les excédents de pathos et les versants sombres dans les interprétations.

    C’est donc avec toute la chaleur des cordes qu’il trouve de la première à la dernière note un discours passionné, mélange de légèreté et de volubilité marqué par une délicatesse continue. Les bassons dont on pouvait trouver la clarté trop lumineuse chez Sibelius développent maintenant des sonorités boisées, obscurcies pour porter toute la puissance d’un compositeur affecté jusque dans la joie. Dans l’Allegro con grazia, la dynamique des cordes manque de laisser de côté une petite harmonie auquel le rythme est imposé, avant que la battue ne reprenne le dessus pour guider la valse d’un geste enlevé.

    Jamais portée à l’excès ni encore moins à la sauvagerie, la violence de l’Allegro molto vivace trouve un seul défaut chez des cors trop secs, là encore peut-être à cause de l’acoustique, ou de leur placement sur scène trop proche du mur derrière eux. Mais déjà l’allégresse cède la place au Finale, avec un Adagio lamentoso doucereux jusque dans les graves conclusifs des violoncelles et contrebasses, refermant la soirée en l’ouvrant sur l’éternité des derniers accords.




    Réécouter le concert jusqu’au 11 décembre sur France Musique.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 11/11/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck à l’Auditorium de la Maison de la Radio, Paris.
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 2 en ré majeur op. 43
    Piotr llitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur op. 74, « Pathétique »
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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