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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Reprise de Pelléas et Mélisande de Debussy dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig, sous la direction de Robert Tuohy à l'Opéra de Limoges.

La malédiction de Pelléas
© Thierry Laporte

Ce Pelléas et Mélisande imagé et imaginé par Stéphane Braunschweig en 2010 réapparaît à l'Opéra de Limoges emportant dans ses bagages la Mélisande de Karen Vourc'h. La direction aléatoire de Robert Tuohy contraint l'Orchestre de l'Opéra de Limoges à une lecture à vue, peu propice à satisfaire aux exigences du chef d'œuvre de Debussy.
 

Opéra, Limoges
Le 04/11/2016
David VERDIER
 



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  • Une malédiction semble peser sur cette production, déjà mal servie par les instruments anciens de l'Orchestre révolutionnaire et romantique de John Eliot Gardiner en 2010, incapables de rendre les amalgames de timbres et la justesse des intonations. Robert Tuohy fait avec l'Orchestre de l'Opéra de Limoges le pari (risqué) d'une relative prudence, mais l'entreprise reste au milieu du gué, prisonnière du fatal oxymore debussyste qui voudrait concilier violence des tableaux dramatiques et équilibre diaphane des textures timbriques. Les approximations dans les attaques et les défaillances solistes (cuivres et bois) contrarient l'écoute et perturbent le plateau.

    Plateau en demi-teintes, à l'exception de la Mélisande de Karen Vourc'h (déjà présente en 2010 et 2014), qui donne à entendre une incarnation remarquable et une aisance scénique qui fait largement oublier quelques stridences et détimbrages dans les aigus (la scène de la tour, la scène du meurtre). Le Canadien Elliot Madore peine à faire oublier un autre Canadien (Phillip Addis) dans le rôle de Pelléas. L'émission engorgée traduit les efforts à vouloir se couler dans un format de baryton Martin qui de toute évidence, lui résiste. Exprimant les arrière-plans sémantiques de Maeterlinck avec une régularité à fleur de livret, Elliot Madore tient à distance son Pelléas sans jamais démériter sur le plan de la justesse.

    Impression inverse pour Laurent Alvaro qui campe un Golaud invariablement disloqué sur le plan du caractère et de la psychologie. À surjouer théâtralement le trouble, il laisse une partie de la caractérisation dans un sillage gestuel trop prononcé. Vocalement, l'épaisseur des intentions est rééquilibrée par une émission certes sonore mais tient le texte comme unique perspective. L'Arkel assez rêche de Frédéric Caton trouve dans le dernier tableau les moyens de passer la rampe, ce qui n'est pas forcément le cas de la Geneviève sans impact ni relief de Svetlana Lifar. Abonnée au rôle d'Yniold, la piquante Chloé Briot puise dans l'épure de la scénographie pour signer un personnage au naturel confondant, sans les simagrées d'usage pour pallier l'absence d'un sopraniste. Impeccable médecin-berger, Luc Bertin-Hugault ne force pas les contours d'une voix à l'assise aussi sobre que saine.

    Le dépouillement stylisé de la mise en scène de Stéphane Braunschweig confère à ce spectacle un cachet sinon d'éternité, du moins de confortable consensus. Ce huis-clos aux couleurs froides traduit à l'envi l'impression que les personnages sont prisonniers de leurs sentiments. Cette galerie d'inéluctables destins individuels se lit à travers une économie visuelle qui garantit une accessibilité d'un large public. On note l'alternance mesurée entre l'abstraction des décors (le phare multidimensionnel, les hautes persiennes) et le réalisme de certains détails (les gardes malades, la couveuse, le fauteuil roulant…) Cet Allemonde est plus psychologique que strictement médiéval, animé de l'intérieur par des témoins d'un drame dont les fils se nouent hors-cadre au moyen de récits que Maeterlinck a voulu la plupart du temps rétrospectifs et énigmatiques.




    Opéra, Limoges
    Le 04/11/2016
    David VERDIER

    Reprise de Pelléas et Mélisande de Debussy dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig, sous la direction de Robert Tuohy à l'Opéra de Limoges.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, drame lyrique en cinq actes (1902)
    Livret de Maurice Maeterlinck
    Orchestre de l'Opéra de Limoges
    direction : Richard Tuohy
    mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig
    costumes : Thibault Vancraenenbroeck
    éclairages : Marion Hewlett

    Avec :
    Karen Vourc’h (Mélisande), Elliot Madore (Pelléas), Svetlana Lifar (Geneviève), Frédéric Caton (Arkel), Laurent Alvaro (Golaud), Luc Bertin-Hugault (un médecin, un berger), Chloé Briot (Yniold).

     



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