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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2021

Nouvelle production de l’opéra Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer dans une mise en scène de David Alden et sous la direction de Michele Mariotti à la Deutsche Oper Berlin.

Massacre en musique

Troisième production d’un nouveau cycle Meyerbeer à la Deutsche Oper Berlin, les Huguenots dans une version en quatre heures bénéficient d’une excellente distribution. Malheureusement, la direction en manque de légèreté de Michele Mariotti et surtout une mise en scène de David Alden sans intelligence gâchent en partie la fête.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 26/11/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Après Dinorah et Vasco de Gama et avant le Prophète, Berlin donne l’ouvrage le plus cĂ©lèbre de Meyerbeer, les Huguenots. Et s’il avait Ă©tĂ© amputĂ© dès sa crĂ©ation en 1836 de presque quarante-cinq minutes, il est proposĂ© en plus de quatre heures sur la scène allemande, avec le Rondo d’Urbain ajoutĂ© pour Londres en 1848 et l’air de Valentine rĂ©intĂ©grĂ© au dĂ©but du IV.

    En fosse, Michele Mariotti combine avec justesse l’orchestre, le chœur et le plateau, sans pourtant trouver les couleurs et variations idéales au compositeur. Car il faut tout accorder dans cette musique, Donizetti et Bellini, Mozart et Rossini, mais encore un cantique luthérien et déjà le jeune Verdi ainsi que les prémices des Moussorgski, Tchaïkovski, Massenet et autres Delibes à venir. Et si Mariotti gère plutôt bien les sonorités italiennes, il n’aère jamais assez la partition et les appuis des cordes pour lui trouver une couleur française à même de tout coordonner, ni ne fait ressortir le romantisme des grandes scènes.

    Plus problĂ©matique encore, la mise en scène de David Alden passe totalement Ă  cĂ´tĂ© du livret et s’enfonce dans la comĂ©die musicale aux deux premiers actes pour chercher la facilitĂ© dans une Ă©glise au III lors du tableau du PrĂ©-aux-Clercs, et une mauvaise image de massacre au fusil dans le dernier acte. Il faut donc apprĂ©cier cette proposition non Ă  l’europĂ©enne comme un produit culturel impliquant l’intellect mais Ă  l’anglo-saxonne façon entertainment avec french-cancan, statues de chevaux ailĂ©s ou images sanguinolentes de bon aloi, intĂ©grĂ©es dans un unique dĂ©cor de Giles Cadle reprĂ©sentant un hangar surmontĂ© d’une charpente de bois claire au milieu de laquelle trĂ´ne une Ă©norme cloche qui ne sonnera jamais, sous la bienveillance des mots « Dieu le veut Â».

    Passons donc sur l’image et concentrons-nous sur la distribution, puisqu’on a ici presque trouvé les sept étoiles nécessaires à combler la partition. Tout d’abord grâce à Juan Diego Flórez, pour lequel on pouvait craindre face à la lourdeur du rôle de Raoul. Si la voix reste un peu petite, le ténor idéal pour Rossini et le Bel canto sert sa ligne de chant avec intelligence et une droiture impressionnante, et surtout un magnifique troisième registre.

    En sa compagnie, la Valentine d’Olesya Golovneva use d’un médium profond tirant le rôle vers Charlotte, avec une endurance impressionnante et une belle projection pour les ensembles. La Reine Patrizia Ciofi, qui plaît tant au public, demeure telle qu’en elle-même : médium quasi inexistant, aigus sortis de nulle part et contrôle du souffle aléatoire, mais aussi incarnation et charisme indubitables. L’Urbain d’Irene Roberts a tout pour lui et donne une présence à un personnage dont s’inspirera plus tard Verdi pour le Page du Bal masqué.

    En complément, les basses ravissent, Marc Barrard (Nevers) par sa présence paternelle, sa clarté d’émission et sa diction du français, tout juste surpassé par le magnifique Ante Jerkunica (Marcel) dont les graves sont les plus profonds de la distribution. Derek Welton (Saint-Bris) complète le trio avec un style et une prononciation adaptés. Le reste de la distribution appelle également des éloges, tout comme le chœur, au français certes peu intelligible mais toujours bien en place quoiqu’un peu épais dans les pages les plus légères.

    Plaisir non boudé, ces Huguenots montrent que même en quatre heures Meyerbeer n’est pas insurmontable et mettent la barre vocale très haut avant la production de Paris à venir. Et pour notre plus grand plaisir Enrique Mazzola retrouvera la fosse de Berlin l’an prochain pour le Phophète.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 26/11/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de l’opéra Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer dans une mise en scène de David Alden et sous la direction de Michele Mariotti à la Deutsche Oper Berlin.
    Giacomo Meyerbeer (1791-1864)
    Les Huguenots, Grand Opéra en cinq actes
    Livret d’Eugène Scribe et Emile Deschamps

    Chor und Extra-Chor der Deutschen Oper Berlin
    Orchester der Deutschen Oper Berlin
    direction : Michele Mariotti
    mise en scène : David Alden
    décors : Giles Cadle
    costumes : Constance Hoffman
    direction d’acteurs : Teresa Reiber & Gerlinde Pelkowski
    chorégraphie : Marcel Leemann
    préparation des chœurs : Raymond Hughes

    Avec : Juan Diego Flórez (Raoul de Nangis), Patrizia Ciofi (Marguerite de Valois), Derek Welton (Comte de Saint-Bris), Marc Barrard (Comte de Nevers), Olesya Golovneva (Valentine), Irene Roberts (Urbain), Ante Jerkunica (Marcel), James Kryshak (Tavannes), Jörg Schörner (Cossé), John Carpenter (Merú), Alexei Botcharciuc (Thoré / Maurevert), Robert Watson (Bois-Rosé).
     



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