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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2018

Nouvelle production de Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch dans une mise en scène de Harry Kupfer et sous la direction de Kirill Petrenko à la Bayerische Staatsoper de Munich.

Lady Petrenko
© Wilfried Hösl

Dans une mise en scène sans renouveau de Harry Kupfer, Lady Macbeth de Mzensk met une fois de plus en exergue le génie de Kirill Petrenko qui fait entendre pour la première fois cette partition jouée comme une symphonie de chambre, dans une ligne de tension et de pression permanente, tandis que sur scène seule Anja Kampe ressort vraiment de la distribution.
 

Nationaltheater, München
Le 04/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Au jeu des opéras devenant des incontournables du répertoire, Lady Macbeth du district de Mzensk tient une bonne place ces dernières années, aux côtés de l’Ange de feu, Lulu ou Kátia Kabanová, prouvant qu’il faut toujours plus d’un demi-siècle pour que publics et programmateurs intègrent parfaitement une période passée. C’est donc au tour de la Bayerische Staatsoper de proposer une nouvelle production de cet ouvrage composé en 1936.

    Pour l’occasion, on a fait appel au vétéran Harry Kupfer, dont c’est la deuxième création de cette fin d’année après un récent Fidelio pour la Staatsoper Berlin. Sa proposition très plastique tient sur un espace occupé surtout à l’avant-scène, avec une vidéo peu évolutive à l’arrière-scène, représentant en trompe-l’œil l’intérieur d’un hangar dont le mur du fond disparaîtra en seconde partie pour laisser apparaître un paysage marin, avant de ne plus donner au dernier tableau qu’une vision ouverte sur ciel et mer.

    Au milieu du plateau s’intègre une cabane vers laquelle l’action est principalement concentrée, ici piécette sur pilotis métalliques encadrée d’escaliers de fer, insérant totalement ces éléments dans un univers ouvrier de l’URSS stalinienne. Le décor est beau mais assez statique, et ne renouvelle absolument pas le regard sur l’œuvre, même lorsqu’après la scène du mariage le sol se soulève pour laisser la fête en arrêt sur image en hauteur tandis qu’au-dessous s’affaire une machinerie policière dont les commandants sont tous assis sur des chaises de bureau, poussées chacune par un employé.

    Cette scénographie un peu facile trouve de surcroît un véritable défaut de dramaturgie, la scène de viol puis celle du fouet et enfin les trois meurtres étant les plus faibles vus ces dix dernières années, même par rapport aux consensuelles productions de la Deutsche Oper Berlin ou de l’Opéra de Vienne. Il reste donc au chanteur à faire le reste, ce qui réussit plus à certains qu’au Sergueï de Misha Didyk, très correct mais ombre de lui-même scéniquement et vocalement par rapport à ses récentes prestations dans le rôle. Le Boris d’Anatoli Kotscherga est également bloqué, d’autant que ses soixante-neuf ans ne lui permettent plus la santé vocale ni physique d’antan.

    Sergey Skorokhodov joue un Zinovy dynamique tandis qu’Heike Grötzinger éclaire la scène par sa présence, même si elle apporte moins au court rôle d’Aksinia que la jeune Anna Lapkovskaja à une Sonietka très en voix. Des seconds rôles également, gardons le Pope alcoolique de Goran Jurić et Alexander Tsymbalyuk, nettement plus présent en Chef de la Police qu’en Vieux forçat. Mais s’il ne faut en retenir qu’une, c’est avant tout Lady Macbeth elle-même, Anja Kampe charismatique dont la couleur sombre du médium renvoie vers la Katarina Ismaloïva de la partition retouchée, mais avec une véritable maîtrise et une aptitude à transmettre les humeurs et émotions de cette femme d’abord victime puis coupable.

    Et surtout, cette soirée valait d’être vécue grâce à la présence incontournable d’un Kirill Petrenko avec lequel on redécouvre les œuvres, qui enserre sous sa coupe tous les musiciens, refusant la fanfare en scène pour se garder les treize vrais cuivres dans les loges latérales et conserver une totale maîtrise sur tout, délivrant une lecture de la partition dans laquelle on entend déjà les symphonies de guerre à venir, et aussi par ce traitement si chambriste les quatuors à cordes. Pendant plus de deux heures, un système de contrainte permanent et inéluctable, sous-tendu et à lui seul terriblement dramatique et tout simplement génial.




    Nationaltheater, München
    Le 04/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch dans une mise en scène de Harry Kupfer et sous la direction de Kirill Petrenko à la Bayerische Staatsoper de Munich.
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Lady Macbeth du district de Mtsensk, opéra en quatre actes (1936)
    Livret d'Alexandre Preis et du compositeur inspiré du roman éponyme de Nikolaï Leskov

    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Kirill Petrenko
    mise en scène : Harry Kupfer
    décors : Hans Schavernoch
    costumes : Yan Tax
    vidéos : Thomas Reimer
    éclairages : Jürgen Hoffmann
    préparation des chœurs : Sören Eckhoff

    Avec :
    Anatoli Kotscherga (Boris Timoféiévitch Ismaïlov), Sergey Skorokhodov (Zinovy Borissovitch Ismaïlov), Anja Kampe (Katerina Lvovna Ismaïlova), Misha Didyk (Sergueï), Heike Grötzinger (Aksinia), Kevin Conners (Le Balourd miteux), Christian Rieger (Un Serviteur), Sean Michael Plumb (Le Portier), Milan Siljanov (Ouvrier), Goran Jurić (Le Pope), Alexander Tsymbalyuk (L'inspecteur de police / Un Vieux Forçat), Kristof Klorek (Le Policier), Dean Power (L’Enseignant), Peter Lobert (Le Sergent), Igor Tsarkov (Le Gardien), Anna Lapkovskaja (Sonietka), Selene Zanetti (Un Forçat).

     



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