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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Herbert Blomstedt à la Philharmonie de Paris.

Éloge de la vieillesse
© Martin U.K. Lengemann

Débutant par une grande pièce symphonique et concluant par une ouverture, Herbert Blomstedt inverse l’ordre du concert classique et livre des propositions radieuses d’œuvres germaniques où jamais la moindre angoisse ne transparaît. En pleine forme du haut de ses 89 ans et avec un Orchestre de Paris rayonnant de joie, il donne une véritable leçon de vie.
 

Philharmonie, Paris
Le 07/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Si le concert dans son ordre classique suit normalement la règle ouverture-concerto-symphonie, celui d’Herbert Blomstedt le prend à rebours en commençant par la pièce la plus longue du programme, l’Héroïque de Beethoven. Au démarrage, les cors affichent quelques scories, mais le reste de l’Orchestre de Paris, à commencer par sa petite harmonie et tout particulièrement un premier hautbois d’anthologie, montre un plaisir indicible à jouer sous cette baguette.

    L’Allegro con brio porte bien son nom et brille sous cette direction très legato, où l’absence de staccato et un sostenuto très discret n’empêchent pas pour autant une lecture chaude et précise, presque pointilliste dans les pizzicati. Dans la Marche funèbre se retrouve la vision toujours optimiste du chef, ôtant les accents sombres de cette page sans pour autant perdre la force de son message. Blomstedt est un homme heureux et si ce mouvement triste avait remplacé une marche triomphale d’abord prévue par le compositeur, il s’intègre ici dans la globalité de l’œuvre avec un thème principal plus lumineux que dans nombre de propositions, tandis que le reste de la symphonie trouve lui une belle dynamique pour conclure par un Allegro molto très enlevé.

    Joué dans la même optique, le poème symphonique présenté ensuite délivre les mêmes sensations et transforme les thèmes de Mort et transfiguration en une balade pastorale dans laquelle se ressentent plus les atmosphères futures de l’Alpensinfonie que celles des Métamorphoses. L’orchestre a gagné quelques cordes par rapport à la symphonie (contrebasses passées de sept à huit) et quelques instruments dans les graves, dont un tuba très en voix et une superbe clarinette basse, ainsi qu’un beau contrebasson, ne volant toujours pas la vedette au premier hautbois, aussi parfait qu’en première partie.

    Puis vient un extrait de Siegfried, les Murmures de la forêt arrangés dans une version purement symphonique par Hermann Zumpe, où là encore, à défaut de nous répéter, on profite de l’ambiance paisible et des couleurs plus que de la tension et de la noirceur également inhérentes à cette partition. Mais la réalisation est superbe et rappelle au passage que si l’Orchestre de Paris devait à nouveau jouer cette musique en fosse, il aurait encore toutes les qualités requises. Et enfin l’ouverture de Tannhäuser clôt la soirée, montrant des cors réchauffés, incomparablement meilleurs, qui participeront comme tout l’ensemble à insuffler à cette dernière pièce une chaleureuse et étincelante quiétude, magnifique éloge de la vieillesse !




    Philharmonie, Paris
    Le 07/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Herbert Blomstedt à la Philharmonie de Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 3 en mib majeur op. 55, « Eroica »
    Richard Strauss (1864-1949)
    Tod und Verklärung, op. 24
    Richard Wagner (1813-1883)
    Waldweben, (Siegfried, acte II)
    Tannhäuser, ouverture (version Dresde 1845)
    Orchestre de Paris
    direction : Herbert Blomstedt

     


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