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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Reprise d'Iphigénie en Tauride de Gluck mise en scène par Krzysztof Warlikowski, sous la direction de Bertrand de Billy à l'Opéra de Paris.

Après la pluie, le soleil
© Guergana Damianova

Dix ans après le scandale qu'elle provoqua au Palais Garnier, l'Iphigénie en Tauride" de Gluck mise en scène par Krzysztof Warlikowski remporte tous les suffrages et fait taire les résistances. La direction de Bertrand de Billy se fait voler la vedette par une distribution dominée par une Véronique Gens littéralement inoubliable dans le rôle-titre.
 

Palais Garnier, Paris
Le 12/12/2016
David VERDIER
 



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  • Autre temps, autres mœurs… Garnier accueille pour la troisième fois la scandaleuse Iphigénie en Tauride qu'une vaine polémique a voulu dénigrer en précisant : « de Krzysztof Warlikowski ». Ce Warlikowski-là date de 2006 et vient d'être découvert par Gerard Mortier à Avignon. Ses débuts dans le petit monde lyrique sont de la meilleure eau et les détracteurs d'antan pourraient aujourd'hui faire amende honorable en reconnaissant la somme d'onirisme et d'inventions que contient ce spectacle. Dix années auront donc été nécessaires pour qu'une certaine partie du public passe des protestations véhémentes à la quasi contemplation muette. On pourra regretter au passage la conversion de certains détracteurs au culte dévot et mondain pour le travail du metteur en scène polonais.

    L'impression en entrant dans la salle est définitive. Pas de lever de rideau, ni même de rideau. Seul, un immense miroir dans lequel se reflète le public comme figurants muets et métaphore intangible du temps qui passe. On se regarde écouter ce drame où se croisent les figures d'Iphigénie que tout le monde en Grèce croyait morte et qui réapparaît sous plusieurs apparences dans une mystérieuse maison de retraite en Tauride, parmi des déesses anonymes et oubliées. Il y a en germination dans cette scénographie des éléments qui seront repris plus tard dans l'Affaire Makropoulos.

    Pour l'heure, cette Iphigénie en Tauride au scalpel se remémore son passé au milieu de ses femmes âgées qui sont aussi bien ses sœurs que ses doubles. Tout y passe : Le palais d'Agamemnon, la capture de ses frères Pylade et Oreste. Entre fausses pistes et scènes où se rejoue le souvenir de scènes passées (le meurtre de Clytemnestre notamment), le spectacle évolue à des vitesses variables, exactement comme un voyage à l'intérieur d'un rêve. Les lumières diffractées de Felice Ross se combinent aux énigmes et ellipses vidéos de Denis Guéguin pour nourrir un flux théâtral de très haute tenue.

    Cette troisième distribution est renouvelée de fond en comble, avec notamment une Iphigénie incarnée par Véronique Gens, vocalement au firmament de sa beauté plastique et coloriste. L'Oreste du Canadien Étienne Dupuis donne le meilleur au III, démontrant de belles qualités (Dieux qui me poursuivez) mais lancé avec le Pylade de Stanilas de Barbeyrac dans une course aux décibels qui déstabilise certains passages exposés (Et tu prétends encore que tu m'aimes). On ne saurait cependant se garder de limiter nos éloges pour ces deux étoiles montantes du paysage lyrique – dont l'éclat apparaît d'une évidence toute limpide dans la comparaison qui s'installe naturellement avec un Thomas Johannes Mayer qui semble chercher son Thoas quelque part entre le Vaisseau fantôme et Rienzi.

    La direction très lisse de Bertrand de Billy à la tête de l'Orchestre de l'Opéra de Paris ne fera pas oublier l'atavisme des instruments anciens dont l'écoute nous manque ici cruellement. Rien de rédhibitoire dans la précision du geste ou les intentions et les contrastes, mais Gluck nécessite une palette de fièvres et d'urgences que ne saurait rendre une baguette aussi soucieuse du consensus.




    Palais Garnier, Paris
    Le 12/12/2016
    David VERDIER

    Reprise d'Iphigénie en Tauride de Gluck mise en scène par Krzysztof Warlikowski, sous la direction de Bertrand de Billy à l'Opéra de Paris.
    Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes (1779)
    Livret de Nicolas-François Guillard

    Chœurs et Orchestre de l'Opéra National de Paris
    direction : Bertrand de Billy
    mise en scène : Krzysztof Warlikowski
    décors et costumes : Malgorzata Szczesniak
    éclairages : Felice Ross
    conception vidéo : Dénis Guéguin
    préparation des chœurs : Alessandro di Stefano

    Avec :
    Véronique Gens (Iphigénie), Adriana Gonzalez (Diane), Étienne Dupuis (Oreste), Stanislas de Barbeyrac (Pylade), Thomas Johannes Mayer (Thoas), Adriana Gonzalez (Première prêtresse), Emanuela Pascu (Deuxième prêtresse, Une femme grecque), Tomasz Kumiega (Un Scythe), Tomasz Kumiega (Un ministre), Renate Jett (Iphigénie (rôle muet)).

     



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