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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Nouvelle production de Madama Butterfly de Puccini dans une mise en scène d’Alvis Hermanis et sous la direction de Riccardo Chailly au Teatro alla Scala de Milan.

Un génie de fosse
© Teatro alla Scala

L’ouverture de la saison milanaise s’intègre dans la continuité du cycle Puccini initié par Riccardo Chailly en 2015, avec une Madama Butterfly dont le principal atout reste une nouvelle fois le génial directeur musical du lieu. La mise en scène d’Alvis Hermanis ne réinvente rien et la distribution ne fait ressortir personne en particulier.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 16/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Amorcé avec Turandot en mai 2015 puis La Fanciulla del West un an plus tard, le cycle Puccini du Teatro alla Scala se poursuit cette saison avec Madama Butterfly, troisième volet de la série et second pour lequel Ricardo Chailly présente une version particulière, après avoir choisi la fin de Berio plutôt que celle d’Alfano pour Turandot. Créé en deux actes à la Scala le 17 février 1904 et aussitôt retiré pour être rectifié en quelques mois et recréé triomphalement à Brescia le 28 mai de la même année, Butterfly n’est plus joué sur les scènes du monde aujourd’hui que dans les versions remaniées de 1904 à 1907

    Sauf par Riccardo Chailly, faisant fi de la remarque de Toscanini sur le fait que les deux actes sont trop longs pour proposer à nouveau la version initiale, dont le style moins mature met en avant plus de thèmes japonais et un long interlude symphonique entre les deux parties de l’acte II ; elles deviendront ensuite deux actes clairement identifiés et séparés par une interruption aidant à concentrer l’action.

    Chailly dirige l’œuvre depuis 1974 à Chicago et en connaît tous les ressorts dramatiques, qu’il déploie génialement dans la continuité de ses précédentes prestations dans la fosse milanaise par un alliage de modernité et de lyrisme au souffle exalté par les premiers violons, tandis que les couleurs émanant des bois développent un fantastique soutien passionnel au plateau, les plus grands moments étant l’accompagnement du premier duo Suzuki-Butterfly du II et l’aria suivante, ainsi que les derniers instants.

    Passé une direction qui vaut à elle seule le voyage, le reste laisse moins rêveur, à commencer par la mise en scène d’Alvis Hermanis, remplaçant celle de Keita Asari qui officiait depuis 1985 à Milan. On ne sait ce qui avait piqué le Letton lorsqu’il essaya d’intellectualiser la Damnation l’an passé à Paris, mais avant et depuis il n’aura proposé que du très classique, comme dans un Due Foscari très consensuel sur cette même scène en mars dernier.

    Les costumes japonais traditionnels s’associent aux habits de commandants américains, pour un Pinkerton dont la seule audace est de distribuer les dollars par poignées à un peuple considéré ici comme colonisé, alors que le Japon de l’époque est en pleine guerre contre les Russes, la première gagnée par un pays d’Orient contre un pays d’Occident. À des décors d’intérieur japonais eux aussi très classiques viennent s’intégrer des éléments américains au II, tandis que des vidéos d’estampes projetées tout autour sur les panneaux mouvants horizontalement et verticalement sont mêlées à des dessins de bandes dessinés semblant sortis d’un inédit Tintin au Japon, afin d’expliciter l’histoire non traitée directement par le livret.

    Sur le plan du chant, nous sommes présents pour cette Butterfly le seul soir sans Maria José Siri, déclarée forfait la veille, et avec sa doublure attitrée Liana Aleksanyan, Butterfly dont la voix sans grande personnalité ne parvient qu’à porter convenablement un personnage pourtant omniprésent. Les airs semblent mieux préparés et donnent moins l’impression d’évoluer entre deux tessitures pour passer du médium à l’aigu, mais sa mort trop apprêtée par une mise en scène où elle est flanquée de mannequins habillés de blanc (couleur du deuil dans l’Empire) et masqués ne parvient pas à toucher.

    Le reste de la distribution ne présente que du correct, le Pinkerton surtout présent dans les aigus de Bryan Hymel n’ayant pas à chanter un air final encore non écrit par Puccini, Carlos Alvarez étant un Sharpless intéressant vocalement et scéniquement, les seconds rôles restant plaisants sans être pour autant marquants. Carlo Bosi, après avoir été Altoum dans le premier volet et Nick dans le deuxième revient cette fois pour un Goro bien timbré et projeté, quand le chœur ne parvient pas à se hisser au niveau d’un orchestre qui est définitivement devenu le point fort de la plus belle maison italienne.




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 16/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Madama Butterfly de Puccini dans une mise en scène d’Alvis Hermanis et sous la direction de Riccardo Chailly au Teatro alla Scala de Milan.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Madama Butterfly, opéra en deux actes (1904)
    Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa d’après la pièce éponyme de David Belasco
    Version originale

    Coro ed Orchestra del Teatro alla Scala
    direction : Riccardo Chailly
    mise en scène : Alvis Hermanis
    décors : Alvis Hermanis & Leila Fteita
    costumes : Kristine Jurjane
    éclairages : Gleb Filshtinsky
    vidéos : Ineta Sipunova

    Avec :
    Liana Aleksanyan (Cio-Cio San), Annalisa Stroppa (Suzuki), Nicole Brandolino (Kate Pinkerton), Bryan Hymel (F. B. Pinkerton), Carlos Alvarez (Sharpless), Carlo Bosi (Goro), Costantino Finucci (Prince Yamadori), Abramo Rosalen (Bonze), Leonardo Galeazzi (Yakuside), Gabriele Sagona (Commissaire Impérial), Marzia Castellini (Mère de Cio-Cio San), Romano dal Zovo (Officier du Registre).

     



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