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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Juraj Valčuha, avec la participation du violoniste Vadim Gluzman à la Philharmonie de Paris.

Sur les chemins de l'Est

Nouveau directeur du Teatro San Carlo de Naples et l’un des chefs les plus prometteurs de sa génération, le Slovaque Juraj Valčuha propose un programme de musique de l’Est aussi intelligemment joué qu’il est bien construit, avec en pièce médiane l’intervention tout en subtilité du violoniste Vadim Gluzman dans le Deuxième Concerto de Prokofiev.
 

Philharmonie, Paris
Le 14/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La grande salle de la Philharmonie est bien remplie mais pas tout à fait pleine pour ce programme de musiques de l’Europe de l’Est, bien que le concert ne soit donné qu’un soir et non deux comme habituellement à l’Orchestre de Paris. Pourtant, si Juraj Valčuha n’a pas encore un nom internationalement très identifié, il n’en démontre pas moins un grand intérêt par l’intelligence de sa battue et l’approche des œuvres de cette soirée.

    En ouverture, les Quatre pièces pour orchestre op. 12 du Hongrois Béla Bartók, jouées seulement deux fois par l’ensemble parisien, sous la direction de Pierre Boulez en 1990 puis 2001, débutent ce soir avec une ligne de tension bien identifiée, intégrant le malaise du compositeur à l’époque de l’écriture, alors en plein doute après un Château de Barbe-Bleue que l’on retrouve particulièrement bien mis en valeur ici dans la Marcia funebre conclusive.

    L’orchestre et ses couleurs françaises ont auparavant donnée toutes les sonorités d’un Ravel et surtout d’un Debussy dans le Preludio, pour faire évoluer petit à petit le son vers les ambiances très perceptibles du Bartók du Prince de bois, avec un très beau célesta dans l’Intermezzo.

    Valčuha revient sur scène accompagné du violoniste Vadim Gluzman, en tournée avec les concertos de Prokofiev qu’il vient d’enregistrer pour BIS sous la baguette de Neeme Järvi. L’introduction du Stradivarius de 1690 diffère clairement par sa subtilité et son intégrité de celle du violon de Kavakos un an plus tôt dans la même salle, avec le même orchestre mais sous la direction de Temirkanov.

    Cette fois, la finesse du doigté génère des arpèges très maîtrisés mais jamais démonstratifs, accordés à un orchestre lui aussi très fin, peut-être parfois trop peu coloré sauf dans les bois d’où ressortent les clarinettes et les flûtes. Plus dynamique, le court Allegro ben marcato final reste lui aussi très mesuré, joué pour la musique et seulement pour la musique, sans aucun excès de dextérité ni encore moins de lyrisme trop prononcé.

    Après un bref entracte, l’orchestre revient au grand complet renforcé en ligne de fond par treize cuivres, onze trompettes (neuf en ut et deux basses) et deux tubas ténors, pour une attaque absolument parfaite de la Sinfonietta du Tchèque Leoš Janáček. Là non plus, aucun excès et peut-être même une légère carence dans la palette de couleurs, malgré quatre flûtes superbes et surtout tout au long de l’œuvre des cuivres parfaits.

    Après la Fanfare introductive, les trois trompettes de l’orchestre prennent magnifiquement le relai, puis en fin d’Andante un superbe duo harpe-hautbois avant une intervention très affirmée des trombones. L’Allegretto aurait peut-être mérité un peu plus de pression, mais laisse rapidement la place au dernier mouvement, d’abord Andante con moto finement traité avant un magnifique retour des treize cuivres pour un Allegretto final exalté.




    Philharmonie, Paris
    Le 14/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Juraj Valčuha, avec la participation du violoniste Vadim Gluzman à la Philharmonie de Paris.
    Béla Bartók (1881-1945)
    Quatre pièces pour orchestre op. 12 (Sz. 51)
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour violon n° 2 en sol mineur op. 63
    Vadim Gluzman, violon
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Sinfonietta pour orchestre op. 60
    Orchestre de Paris
    direction : Juraj Valčuha

     


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