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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Nouvelle production de la Traviata de Verdi dans une mise en scène de Giorgio Gallione et sous la direction de Massimo Zanetti au Teatro Carlo Felice de Gênes.

Blanche-Neige et Violetta

Pour sa seconde production d’un opéra de Verdi, Giorgio Gallione livre à l’Opéra de Gênes une Traviata mise en image comme un conte obscur. L’orchestre du Teatro Carlo Felice ravit sous la baguette de Massimo Zanetti tandis que la distribution laisse surtout ressortir le joli soprano lyrique de Maria Mudryak dans le rôle-titre.
 

Teatro Carlo Felice, Gênes
Le 17/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Il arrive qu’à provoquer la chance on puisse passer juste à côté, comme ce jour où l’on apprend que le ténor du lendemain sera remplacé par Francesco Meli, donnant probablement à la soirée un caractère d’exception qui n’aura pas lieu ce samedi, malgré une représentation de bonne qualité de l’un des plus célèbres opéras de Verdi.

    La dernière production de Jean-Louis Grinda ne datait que de 2013, mais le Teatro Carlo Felice de Gênes a décidé de remplacer sa Traviata pour débuter sa saison 2016-2017, faisant appel à un metteur en scène surtout connu dans le milieu théâtral italien. La proposition de Giorgio Gallione intègre le livret dans un univers noir et relativement proche de l’imaginaire des contes de Perrault, en déplaçant l’histoire dans des décors d’extérieur, dont le fil conducteur est un arbre au milieu de la scène durant les trois actes, d’abord debout puis couché au dernier tableau.

    Ce travail sans grande originalité propose tout de même certaines idées grâce à des images ou effets assez simples, comme ces branches dénudées surmontées de bougies reliées entre elle par des filins de cristaux à la manière d’un grand lustre de soirée, ou ce chœur d’hommes en imperméables noirs et parapluies ouverts dans la première et la dernière scène, sortes de croque-morts à l’instar de la mise en scène de Benoît Jacquot pour Paris, mais plutôt à rapprocher des visions de la Lucia d’Andreï Serban toujours dans la capitale.

    Des jeux de lumières tantôt blancs ou tantôt rouges alternent lorsqu’il faut exprimer la tristesse, la passion ou la maladie, tandis qu’un sol tapissé de pommes rouge-vif en première partie du II ramène au fruit empoisonné de Blanche-Neige, qui conduira Violetta à sa perte. Au dernier acte, un miroir oblique surélevé permet de regarder l’action sous deux angles différents, accentuées par des doubles de la Traviata et des figurants en costumes de squelette.

    Ce travail n’est ni très neuf ni très surprenant, mais peu dérangeant pour accompagner une distribution correcte dont ressort avant tout Violetta elle-même, ce soir la jeune Maria Mudryak, en alternance avec Désirée Rancatore sur la moitié des dates, soprano lyrique plus léger que spinto, habile dans le haut du spectre et agréable dans la vocalité, en plus de tenir sans faille toute sa partition jusqu’à une mort encore trop peu passionnée.

    Le ténor William Davenport alterne lui aussi avec un second Alfredo selon les dates ; il a la qualité de ne pas cabotiner et de ne pas chercher à trop jouer sur une puissance qu’il ne possède pas, donnant à ses airs une belle intimité sans réussir à les magnifier à cause d’une projection trop petite. Germont père convainc plus en la personne de Mansoo Kim, d’abord un peu léger au premier air puis plus chaud ensuite, tandis qu’Annina trouve un volume sonore un peu faible avec la soprano Daniela Mazzucato. Le chœur montre quant à lui une belle couleur et un phrasé très adapté au texte italien.

    Enfin et comme la saison passée pour Tosca, l’Orchestre du Teatro Carlo Felice fait démentir les a priori sur les ensembles transalpins grâce à une véritable justesse, jusque dans les cuivres, rarement pris en défaut. L’ensemble manque quelque peu de caractère, mais trouve sous la baguette très concentrée de Massimo Zanetti une approche intelligente du drame dès le prélude au tempo lent déjà empli de pathos, sensation retrouvée au retour du thème de mort au dernier acte et dans la scène finale.




    Teatro Carlo Felice, Gênes
    Le 17/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de la Traviata de Verdi dans une mise en scène de Giorgio Gallione et sous la direction de Massimo Zanetti au Teatro Carlo Felice de Gênes.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    La Traviata, opéra en trois actes (1853)
    Livret de Francesco Maria Piave d'après la Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils

    Coro del Teatro Carlo Felice
    Orchestra del Teatro Carlo Felice
    direction : Massimo Zanetti
    mise en scène : Giorgio Gallione
    décors & costumes : Guido Fiorato
    éclairages : Luciano Novelli
    préparation des chœurs : Franco Sebastiani

    Avec :
    Maria Mudryak (Violetta Valéry), Marta Leung (Flora), Daniela Mazzucato (Annina), William Davenport (Alfredo), Mansoo Kim (Giorgio Germont), Didier Pieri (Gastone), Paolo Orecchia (Barone), Stefano Marchisio (Marchese), Manrico Signorini (Dottor Grenvil), Pasquale Graziano (Giuseppe), Alessio Bianchini (Domestique), Matteo Armanino (Commissaire).

     



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