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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2018

Ma Patrie de Smetana par les Wiener Philharmoniker sous la direction de Daniel Barenboïm au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Sans patrie ni couleur
© Peter Adamik

Programme à risque pour ce dernier concert de l’année au Théâtre des Champs-Élysées dans lequel Daniel Barenboïm passe totalement à côté du grand cycle de poèmes symphoniques patriotiques de Bedřich Smetana, Ma Vlást. Déséquilibré dans les bois et peu flatteur dans les cuivres, le Philharmonique de Vienne martèle cette partition au lieu de l’éclairer.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 20/12/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Déjà en février dernier sous la direction de Valery Gergiev dans la même salle, les Wiener Philharmoniker montraient leurs limites dans les sonorités à apporter à la musique de l’Est avec une Manfred de Tchaïkovski particulièrement terne et souvent mal agencée. Pour l’unique œuvre de ce programme de fin d’année, on ne sait pourquoi Daniel Barenboïm, au pupitre pour cette tournée, a choisi ce programme lié à la patrie tchèque dont seule la Moldau a réellement réussi à s’exporter.

    Le chef vient de diriger l’œuvre avec son propre orchestre à Berlin et l’on ne pourra lui reprocher de ne pas avoir travaillé la partition, ni de ne pas avoir répété avec les Viennois. Mais là où l’on pouvait douter d’une approche véritablement colorée en regard de ses propositions précédentes dans la musique slave, souvent ternes et chargées, on aurait pu imaginer une grande fresque romantique à la manière de Brahms. Or si l’on entend Brahms, c’est une seule fois, dans l’introduction aux cordes de la Moldau, deuxième pièce des six dont cycle de poèmes symphoniques est composé, là où le son devient presque valse viennoise à la manière du Poco allegretto si connu de la Troisième Symphonie.

    Pour le reste, dès les accords initiaux bien trop appuyés aux harpes dans Vysehrad, tout sera attaqué avec une lourdeur et un geste dur constamment fait pour enfoncer la partition plutôt que l’élever. On perd donc toutes les couleurs avec lesquelles il faut jouer et qu’un orchestre français aurait bien mieux exposées, là où les Wiener Philharmoniker, dont seules les cordes ont ce soir un niveau d’exception, restent sur une palette monochrome, altérée par de rêches sonorités aux flûtes – dont un piccolo beaucoup trop en dehors – et vulgaires aux cuivres, à commencer par les trombones.

    À cela s’ajoute que la petite harmonie est totalement déséquilibrée, les hautbois n’étant jamais vraiment reliés aux clarinettes et bassons ni par le son ni par le style, et la première clarinette même incapable de tenir ses soli dans Šárka et Z českých luhů a hájů (Par les prés et les bois de Bohême) sans être déstabilisée dans le souffle et les appuis. De surcroît, en plus de n’avoir rien à raconter de romantique ni surtout d’héroïque dans cette musique, Barenboïm traite avec force les ruptures de rythme, et met en exergue les défauts de la partition.

    La formation revient à Paris en mars 2017 pour un programme Dvořák et Beethoven, dans lequel on ne peut qu’espérer quant aux capacités d’Andris Nelsons à trouver plus de légèreté pour porter la Pastorale, car en cette fin d’année, la fête symphonique était gâchée.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 20/12/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Ma Patrie de Smetana par les Wiener Philharmoniker sous la direction de Daniel Barenboïm au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Bedřich Smetana (1824-1884)
    Ma Vlást, six poèmes symphoniques

    Wiener Philharmoniker
    direction : Daniel Barenboïm

     


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