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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du pianiste Rudolf Buchbinder à la Philharmonie de Berlin.

Tour de chauffe brucknérien
© Matthias Creutziger

Une semaine après une Troisième Messe de Bruckner guère inoubliable, Christian Thielemann revient à la tête des Berliner Philharmoniker pour la Septième Symphonie. Et là encore, on se demande si l’on ne reste pas plus séduit par la première partie du concert, où Rudolf Buchbinder défendait le Premier Concerto pour piano de Beethoven.
 

Philharmonie, Berlin
Le 17/12/2016
Hermann GRAMPP
 



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  • Depuis des années, il est de coutume que Christian Thielemann vienne au pupitre du Philharmonique de Berlin en hiver pour deux concerts toujours très attendus. En juin 2015, à la surprise générale, ce n’est pourtant pas lui qu’a choisi l’illustre phalange orchestrale comme nouveau directeur musical. Cela dit, les relations entre Thielemann et les Berliner restent excellentes, et depuis janvier 2016, le chef de la Staatskapelle de Dresde est revenu diriger les Philharmoniker pas moins de quatre fois, un choix à l’opposé de celui d’un certain Sergiu Celibidache, qui à compter de la nomination de Karajan consécutive à la mort de Furtwängler en 1954, avait boudé l’orchestre pendant trente-sept ans avant de revenir diriger justement la Septième de Bruckner.

    Mais revenons à décembre 2016 et à cette soirée qui débute par le Concerto pour piano n° 1 de Beethoven avec Rudolf Buchbinder. Au clavier, le septuagénaire affiche d’emblée un toucher exceptionnel, mais semble courir après l’Allegro con brio que Thielemann bâtonne jusqu’à devoir repêcher son soliste. Une fois ce problème rythmique réglé, la clarté aristocratique du jeu du pianiste s’épanouit à merveille. La cadence, en particulier, témoigne d’une profonde affinité avec l’univers beethovénien, et voit une sonorité typiquement classique remplir la salle avec une noble grandeur.

    La même maîtrise demeure dans le Largo, où le tempo et l’expression se mélangent avec justesse et élégance pour répandre le parfum inimitable des mouvements lents beethovéniens. L’Allegro final prend à nouveau le risque de courir trop vite, mais rapidement Buchbinder affiche un ton mozartien à même de calmer les ardeurs de Thielemann, qui passe visiblement un bon moment vu son air gourmand lorsqu’il lance les incomparables pizz des contrebasses berlinoises.

    Reste qu’on imaginait oublier assez vite ce galop d’essai au profit de l’univers brucknérien qu’on associe plus naturellement à la direction du chef allemand, et que c’est presque l’inverse qui se produit ce soir. En comparaison de l’exécution de la Huitième Symphonie de décembre 2008 restée dans les mémoires, on doit bien admettre que cette Septième demeure tout du long un cran en dessous.

    Pourtant, la sonorité germanique est inouïe, et seul Thielemann semble aujourd’hui pouvoir encore susciter les couleurs sombres d’antan que l’orchestre n’a pas totalement oubliées. Ainsi, au premier trémolo qui ouvre l’œuvre, le motif des violoncelles vite secondés par les altos est d’une intensité, d’un soutien et d’une chaleur rares. De même de la montée tenue d'une main de fer au climax du mouvement lent, à la fois marche funèbre et marche triomphale en honneur de Richard Wagner, qui crée ici un sentiment écrasant de fatalité, dans un immense crescendo-decrescendo à la manière de la Symphonie alpestre de Strauss, l’une des partitions dont Thielemann est aussi le héraut.

    Pourtant, la vraie marque d’une excellente interprétation de la Septième de Bruckner réside dans l’approche de ses deux derniers mouvements, aussi souvent ratés que les deux premiers sont réussis par les chefs depuis un siècle. La violence contrôlée du Scherzo, l’essor mystique jusqu’à la gigantesque péroraison ultime du Finale voient ici Thielemann privilégier le volume sur l’expression, trop concret pour toucher au sublime.

    Au niveau instrumental, on plane toutefois sur les cimes, notamment grâce à la clarinette de Wenzel Fuchs et aux timbales de Wieland Welzel, d’une impressionnante perfection entre puissance et rondeur. Il se dit déjà que Thielemann va enregistrer l’intégrale des symphonies de Bruckner avec les Berliner. On n’en est que plus impatient de découvrir au disque le résultat final après le tour de chauffe encore imparfait de ce soir.




    Philharmonie, Berlin
    Le 17/12/2016
    Hermann GRAMPP

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du pianiste Rudolf Buchbinder à la Philharmonie de Berlin.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto n° 1 pour piano en ut majeur op. 15
    Rudolf Buchbinder, piano
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 7 en mi majeur
    Berliner Philharmoniker
    direction : Christian Thielemann

     


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