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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Récital du pianiste Sunwook Kim dans la série Piano**** à la Cité de la musique, Paris.

Grande valeur confirmée
© Askonas Holt

Déjà impressionnant lors d’un précédent récital à la salle Pleyel en février 2013, le pianiste coréen Sunwook Kim confirme lors de ce nouveau concert Piano**** à la Cité de la musique des qualités multiples et exceptionnelles en tous domaines. Une démonstration de très haute technique au service d’une parfaite musicalité.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 11/01/2017
Gérard MANNONI
 



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  • C’est d’abord une musique pure sans effets électrisants que célèbre Sunwook Kim avec Dans les brumes de Janáček. Ces pages contiennent certes quelques passages de haute virtuosité, mais leur propos est autre. Il s’agit en fait d’une sorte de rêverie où se confrontent, comme le disait Milos Kundera, grand admirateur du compositeur, « tendresse et brutalité, fureur et paix ». Un univers émotionnel aux couleurs et aux états d’âme subtils, que Kim traduit avec une lucidité confondante. Tout est en nuances délicates, même dans les passages forte, et l’on retrouve d’emblée cette sonorité profonde, riche, qui caractérise le jeu du pianiste. C’est tout un univers intime, celui d’un compositeur à fleur de peau, assez frustré par un succès tardif et incomplet, avec toutes les profondeurs de la sensibilité d’Europe centrale.

    Avec la Sonate Appassionata de Beethoven qui achève la première partie du récital, nous sommes dans un monde différent, où le déchaînement des sensations s’exprime sans retenue. Il n’est pas facile de parvenir à nous émouvoir avec des pages que l’on connaît par cœur et que l’on a entendu mille fois par les plus grands interprètes au concert et au disque. Avec cette technique ébouriffante des vrais grands virtuoses, Sunwook Kim nous arrache à nous-mêmes car ce ne sont pas des torrents de notes qu’il déverse mais des flots de musique passionnelle, passionnée, qui nous touche au plus profond.

    Traits et cascades d’accords ou d’octaves, brusques changements de climat, tout reste d’une netteté absolue, mais dans un fondu quasi orchestral. En mettant en valeur tous les éléments rythmiques fondamentaux, en faisant ressortir la thématique partout ou elle apparaît, main gauche comme main droite, au milieu d’un trait ou dans les rêveries du mouvement lent, il donne une structure solide à ces déchaînements de notes, dans un tempo rapide mais sans excès, et qui ne tourne ainsi jamais à la confusion, comme cela arrive si souvent avec ceux qui veulent aller plus vite que leur ombre. On est emporté par ces tourbillons de passion mais on bénéficie également de tout l’art avec lequel Beethoven traite la forme sonate.

    En deuxième partie, même enchantement total avec cette fois l’intégrale d’Italie, deuxième des Années de pèlerinage de Liszt (sans le supplément optionnel Venezia e Napoli). Belles couleurs notamment pour les trois Sonnets de Pétrarque où la magnifique sonorité si chaleureuse et profonde du pianiste fait merveille, et pour finir, la Fantasia quasi Sonata intitulée Après une lecture du Dante. Avec cette page qui demeure l’une des plus célèbres du compositeur, on est constamment dans la virtuosité la plus ahurissante et dans l’expression d’un romantisme aux profondeurs infinies, aux dimensions de l’âme italienne et des mystères décrits par le poète.

    C’est vraiment du grand piano, complet, où la technique suscite l’admiration mais emporte bien au-delà, vers ces contrées où l’émotion purement musicale touche directement la sensibilité, surpasse toute tentative d’analyse. On ne sort pas d’une telle expérience totalement indemne. On est certes un peu ahuri, avec du mal à toucher terre à nouveau, mais on prend surtout conscience que tout ce qui manque à tant d’autres récitals, même de haut niveau. Il y a ici autant de savoir-faire que de sincérité, d’instinct que de réflexion et de science du son. Une vraie nature de pianiste.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 11/01/2017
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Sunwook Kim dans la série Piano**** à la Cité de la musique, Paris.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Dans les brumes
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate n° 23 en fa mineur op. 57 « Appassionata »
    Franz Liszt (1810-1886)
    Années de Pèlerinage :
    Deuxième Année : Italie
    (Spozalizio, Il Penseroso, Canzonetta del Salvator Rosa, Sonetto 47 del Petrarca, Sonetto 104 del Petrarca, Sonetto 123 del Petrarca, Après une lecture du Dante (Fantasia quasi sonata))
    Sunwook Kim, piano

     


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