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CRITIQUES DE CONCERTS 14 août 2018

Symphonie n° 2 de Mahler par l’Orchestre du Konzerthaus de Berlin sous la direction d’Iván Fischer au Konzerthaus de Berlin.

Interminable Résurrection
© Marco Borggreve

Malgré un orchestre du Konzerthaus exceptionnel, cette exécution aux parties chantées très convaincantes de la Symphonie Résurrection de Mahler sous la baguette du Hongrois Iván Fischer, trop constamment retenue voire sénatoriale, souffre malheureusement de tunnels au point de rappeler le bon mot de Woody Allen : « l'éternité, c'est long, surtout vers la fin ».
 

Konzerthaus, Berlin
Le 15/01/2017
Laurent VILAREM
 



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  • Placé en plein cœur de Berlin, le Konzerthaus est une salle magnifique. La décoration, aux faux airs de bains gréco-romains, accueille le visiteur dans une farandole de stucs, mais c'est l'acoustique très chaleureuse et différenciée qui achève de séduire. Dès l'Allegro maestoso, l'Orchestre du Konzerthaus impressionne par la somptuosité de ses cordes et sa ductilité face aux demandes d'Iván Fischer.

    On peut faire de la Symphonie Résurrection une sorte de vaisseau spatial à la Star Wars ou une odyssée intime pareille au cheminement d'un être. Le chef hongrois choisit heureusement la seconde option. Ici, point de Grand Huit de fête foraine, mais une dramaturgie musicale soigneusement préparée, qui éclate dans de grands climax étincelants.

    L'Andante moderato poursuit l'impression très favorable du premier mouvement. Fischer dégraisse puis épaissit le son avec une maestria confondante. Il y a dans la sonorité de l'orchestre un parfum très viennois où prédomine une forte dimension chorégraphique. Également au bénéfice de la soirée, une superbe gradation dynamique de l'orchestre qui s'apparente à de la musique de chambre à grande échelle.

    Mais d'où vient le sentiment de déception ? Dans le célèbre Scherzo, l'orchestre impressionne toujours par la finesse de ses nuances et sa maîtrise rythmique semblable à une montre à plusieurs mécanismes, l'esprit de la musique y est également puisque l'ensemble s'apparente à une vaste danse macabre mais les tempi sont trop lents, et si l’on apprécie chaque détail d'orchestration rendue avec la minutie d'un orfèvre, pointe le danger d'un certain maniérisme.

    Urlicht profite de la belle prosodie de la mezzo Elisabeth Kulman, mais lors du vaste mouvement final, les options patiemment élaborées par Fischer conduisent à une forme de solennité et de pesanteur. Le Konzerthaus répond toujours aussi infailliblement aux exigences mais les transitions infailliblement soignées par le Hongrois rappellent cette fois, si on parle de blockbuster hollywoodien, les interminables fausses-fin du dernier volet du Seigneur des anneaux : le Retour du roi.

    L'excellente prestation de la soprano Christina Landshammer et surtout du Chœur philharmonique tchèque de Brno, n'empêchent pas qu'on s'ennuie ferme dans cette Résurrection menée à un rythme de sénateur. Certains mahlériens trouveront cette vision très pensée, semblable aux risques pris en son temps par Bernstein et d'autres préfèreront toujours l'objectivité d'un Boulez, qui mariait idéalement sensibilité et sens épique.




    Konzerthaus, Berlin
    Le 15/01/2017
    Laurent VILAREM

    Symphonie n° 2 de Mahler par l’Orchestre du Konzerthaus de Berlin sous la direction d’Iván Fischer au Konzerthaus de Berlin.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 2 « Résurrection »
    Christina Landshammer, soprano
    Elisabeth Kulman, mezzo
    Chœur philharmonique tchèque de Brno
    Orchestre du Konzerthaus de Berlin
    direction : Iván Fischer

     


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