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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Robin Ticciati, avec la participation du pianiste Lars Vogt à l’auditorium de Radio France, Paris.

Relève anglaise
© Askonas Holt

Invité par l’ONF, le jeune directeur musical de Glyndebourne Robin Ticciati surpasse dans un programme Mozart-Bruckner son aîné Daniel Barenboïm à la Philharmonie cette saison. Les accents du Concerto en ré mineur s’intègrent avec le choix d’une petite formation, quand l’ensemble au grand complet dynamise ensuite la Sixième Symphonie du maître de Saint-Florian.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 19/01/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Un concerto pour piano suivi d’une symphonie, programme classique depuis le siècle dernier et encore entendu dernièrement avec Daniel Barenboïm à la Philharmonie dans une intégrale en cours des symphonies numérotés de Bruckner, associées aux œuvres concertantes pour piano de Mozart. Même ordre ce soir, mais dans l’autre salle neuve de Paris, le superbe auditorium de Radio France, avec cette fois en première partie Lars Vogt au piano, et au pupitre le passionnant jeune chef anglais Robin Ticciati, d’une élégance de son et d’une délicatesse impressionnante dès l’introduction du Concerto n° 20 en ré mineur.

    L’Orchestre national de France a été réduit au minimum pour cette première œuvre et certains pupitres comme les trompettes jouent sur instruments anciens, paradoxalement dans le but d’appliquer à Mozart des sonorités plus adaptées à nos oreilles contemporaines. La finesse de traitement des cordes ajustée à un appui léger mais bien identifié sur chaque note de début et fin mesure s’accorde tout particulièrement à la Romance, et notamment à son premier thème, pour un concerto dont l’Allegro avait déjà débuté dans un tempo allant, très bien traité dans la gestion de cordes souples et lyriques ne tournant jamais pour autant vers le romantisme.

    Au piano, Lars Vogt ne fait d’abord que suivre un chef qui lui tourne le dos, et dont il observe donc souvent les gestes pour s’adapter, cela expliquant certainement quelques moues dubitatives de sa part lorsqu’il doit limiter son rubato. L’accord entre orchestre et pianiste ne semble pas parfait mais finit par créer une dynamique globale réussie, tout particulièrement en seconde partie du mouvement médian et plus encore dans le Finale. Vogt revient ensuite malgré des applaudissements particulièrement froids dans une salle pourtant presque complète mais sans doute gelée par la température extérieure, pour délivrer une courte mais magnifique Valse op. 39 n° 15 de Brahms.

    Au retour d’entracte, la formation s’est bien développée et compte maintenant exactement l’effectif de cordes utilisé par Barenboïm pour la Symphonie n° 2 d’Anton Bruckner jouée une semaine plus tôt dans la capitale. Et si l’ONF n’a pas tout à fait la réserve de puissance ni le niveau musical exceptionnel de la Staatskapelle Berlin, il n’en reste pas moins un excellent ensemble pour aborder cette difficile Sixième Symphonie du maître de Saint-Florian, après avoir travaillé les Septième et Huitième la saison passée avec Daniele Gatti juste avant son départ.

    Déjà la souplesse et l’élégance des cordes se fait sentir dès le Majestoso dans une maîtrise impressionnante, tant du rythme que du phrasé. Les cuivres passeront certes à côté de certaines notes, voire de quelques attaques, notamment en fin de mouvement, mais le rendu de haute tenue parvient non seulement à faire oublier la prestation récente de l’œuvre à la Philharmonie, mais en plus à trouver une clé pour cette partition dans laquelle même les grands chefs brucknériens d’après-guerre se sont laissé piéger.

    Avec des sonorités parfois très anglaises, rappelant le Sibelius des enregistrements d’outre-Manche, Robin Ticciati parvient à tenir une ligne durant toute l’œuvre et à inspirer à ces pages un lyrisme en même temps qu’à y insuffler un air vivifiant, grâce à une gestion des équilibres et de la mise en place à couper le souffle, tout particulièrement dans l’Adagio.

    En attendant le retour du chef à Paris cette saison puis au Festival de Saint-Denis dans Mahler en juin, il est possible de retrouver la trace sonore du concert en son 3D binaural.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 19/01/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Robin Ticciati, avec la participation du pianiste Lars Vogt à l’auditorium de Radio France, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 20 en ré mineur KV 466 Lars Vogt, piano
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 6 en la majeur
    Orchestre national de France
    direction : Robin Ticciati

     


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