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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Reprise de la Flûte enchantée de Mozart dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Henrik Nánási à l’Opéra de Paris.

Une flûte en chants divers
© Emilie Brouchon

Créée en 2013 à Baden-Baden et à Paris l’année suivante, vingt ans après la précédente, cette seconde mise en scène de Robert Carsen s’essouffle sous la direction de Henrik Nánási. Après une première partie dynamisée par la verve de Michael Volle, la majesté voulue du second acte le traîne en longueur. Le spectacle du dernier opéra de Mozart n’en garde pas moins sa richesse.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 23/01/2017
Claude HELLEU
 



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  • Merci, Papageno ! Grâce à votre faconde, les moments populaires de cette Flûte enchantée conçue par Mozart pour le public de la banlieue viennoise du théâtre de Schikaneder ont connu leur apogée. Aussi grand acteur qu’excellent chanteur, Michael Volle incarne un oiseleur d’une humanité réjouissante mais aussi touchante.

    La magnifique articulation du baryton allemand, la richesse de sa voix, son aisance servent la charge d’émotions qu’il varie à plaisir selon les situations où il se trouve entraîné à la suite de Tamino, ce jeune prince dont la quête amoureuse illustre celle de l’amour du prochain et d’un monde meilleur.

    Stanislas de Barbeyrac a toutes les séductions de ce jeune prince. Tour à tour effrayé par le serpent tueur, sauvé, apitoyé par la Reine de la nuit, frappé de la foudre devant le portrait de Pamina, sa fille, que l’horrible Sarastro a enlevée, décidé à braver tous les dangers pour la sauver, le ténor incarne son rôle avec style et sensibilité.

    Le revirement de ses convictions face au temple de Sarastro aurait plus de poids si René Pape ne se révélait là un Sage des plus insignifiants. Quelques éclats de voix incongrus ne suffisent pas à donner du relief à ses propos – l’alternance avec le roi Henrich du Lohengrin qu’il chante parallèlement à la Bastille en est-elle cause ?

    D’où le déséquilibre entre un idéal de vertu inspiré de la franc-maçonnerie chère à Mozart, comme chacun le sait maintenant, et la gourmandise si vivante des plaisirs de la vie évoqués conjointement. La réussite de celle-ci souligne la faiblesse de celui-là. La deuxième partie de la Flûte en pâtit d’autant qu’à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Henrik Nánási ignore l’adjectif qui l’accompagne.

    La platitude de sa direction, déjà décevante dans l’ouverture, la lourdeur des accords dont il ponctue le chant d’un bois qui ne suscite aucunement la magie dont chacune de ses interventions devrait être porteuse, la lenteur du cheminement de Tamino à travers les épreuves au prétexte de leur gravité, cette lecture de la partition en amoindrit l’expressivité. Heureusement Pamina ranime l’enchantement.

    La voix claire et pure, Nadine Sierra forme avec Stanislas de Barbeyrac un couple parfaitement assorti, cependant que Papageno trouvera en Christina Gansch sa Papagena complice.

    Dans cette seconde mise en scène de Robert Carsen, le passage des ténèbres à la lumière concentre les symboles accumulés dans l’œuvre. Dédaigneuse d’effets scéniques, apparitions et autres images dramatisant le chemin imposé pour atteindre la félicité, l’illustrent les tenues uniformément noires d’hommes et de femmes voilés autour de la Reine de la nuit puis de Sarastro qui deviennent vêtements blancs quand enfin triomphent l’amour, le courage, la sagesse prônés par ce dernier et ses prêtres.

    Banalisée dans ce noir, la Reine de la nuit ne se distingue que par les impressionnantes vocalises qui lui sont réservées. Albina Shagimuratova les assume consciencieusement, peinant un peu à atteindre le contre-fa, plus à l’aise dans leur seconde partie.

    Parmi les excellents seconds rôles, José van Dam est aussi vrai dans celui de l’Orateur que dans les grands qu’il a tenus au cours de sa belle et longue carrière. Les trois Dames de la Reine de la nuit sont parfaites, les trois enfants salvateurs chantent et font sagement ce qu’on leur a dit, Andreas Conrad joue l’excitation de Monostatos, les Prêtres participent au mieux à l’initiation majestueuse.

    Sans jamais trahir le dessein de son parcours ésotérique, cette distribution renouvelle avec plus ou moins de succès le rythme des événements du dernier opéra de Mozart, dont le succès populaire avait ravi les derniers jours.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 23/01/2017
    Claude HELLEU

    Reprise de la Flûte enchantée de Mozart dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Henrik Nánási à l’Opéra de Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes (1791)
    Livret d’Emanuel Schikaneder

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Henrik Nánási
    mise en scène : Robert Carsen
    décors : Michael Levine
    costumes : Petra Reinhardt
    éclairages : Robert Carsen & Peter van Praet
    vidéo : Martin Eidenberger
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    René Pape (Sarastro), Stanislas de Barbeyrac (Tamino), Nadine Sierra (Pamina), Andrea Soare (Première Dame), Annika Schlicht (Deuxième Dame), Nadine Weisssmann (Troisième Dame), Albina Shagimuratova (la Reine de la Nuit), Michael Volle (Papageno), Christin Gansch (Papagena), Andreas Conradn (Monostatos), José van Dam (l’Orateur), Sebastian Pilgrim, Paul Kaufmann, Martin Homrich, Luke Stocker (Knaben).

     



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