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CRITIQUES DE CONCERTS 21 novembre 2018

Reprise d’Elektra de Strauss dans la mise en scène de Peter Konwitschny, sous la direction d’Ulf Schirmer à l’Opéra de Stuttgart.

Macabre compte à rebours
© Martin Sigmund

Dans une mise en scène de Peter Konwitschny vue comme un compte à rebours avant le carnage, l’excellente distribution assemblée par l’Oper Stuttgart où triomphent notamment les graves de Doris Soffel porte haut dans les décibels le drame des Atrides, le tout souvent couvert par la direction sans concession d’Ulf Schirmer.
 

Oper, Stuttgart
Le 28/01/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Pendant que le public s’installe dans la salle, un homme heureux joue avec ses enfants dans une baignoire en pierre sur scène. Égisthe intervient une hache à la main et massacre l’homme, interrompant à jamais les jours heureux de la famille en question : le drame des Atrides vient de débuter à Stuttgart et le premier accord de Richard Strauss est lancé en fosse par Ulf Schirmer.

    Pendant près de deux heures, le directeur musical de l’Opéra de Leipzig de passage dans la capitale du Bade-Wurtemberg respectera la volonté du compositeur et ne fera aucune concession de volume, couvrant parfois une distribution qui n’en a cure, tant elle a les ressources pour se faire entendre. Certaines scènes orchestrales sont trop alourdies, comme le tutti juste avant la reconnaissance d’Oreste, mais majoritairement les thèmes sont magnifiquement gérés par le Staatsorchester Stuttgart, notamment le Leitmotiv d’Agamemnon aux cuivres, et les soli du premier violon se délitant à plusieurs reprises pour accompagner la folie de la mère régicide.

    Cette mère folle est mise en valeur par le caractère de la mezzo-soprano Doris Soffel, plus que jamais évidente par son âge dans le rôle, atteignant encore sans problèmes les aigus mais surtout intéressante dans la couleur sombre et dans la partie basse de sa partition. Son magnifique duo avec Elektra met en avant sa supériorité scénique, là où Rebecca Teem vaut surtout par la stabilité de sa voix tout au long de la soirée, avec une ligne de chant au vibrato très peu marqué et aux aigus vaillants de la première à la dernière scène.

    D’aigus vaillants, Simone Schneider n’est pas non plus en reste, superbe aussi dans son duo avec sa sœur et magique dans la dernière intervention par la clarté et la couleur, en plus d’exalter une puissance qui pourrait certainement lui suffire à tenir le rôle principal de l’opéra si besoin. Les hommes, en revanche, déçoivent légèrement, à part l’Oreste de Shigeo Ishino, baryton de l’ensemble déjà remarqué en Kurwenal.

    Pour porter le drame, la mise en scène de Peter Konwitschny est l’une des plus délirantes connues. Un canapé et deux fauteuils blancs délimitent un salon au milieu, tandis que derrière les vidéos de ciels nuageux ou crépusculaires intègre l’histoire dans la durée d’une seule journée, concluant sur des feu d’artifices pendant qu’Oreste et son ombre massacre d’abord au pistolet puis aux bruits de sulfateuses en coulisses la maison et ses environs, tous venant mourir les uns après les autres sur scène pour imager un terrible carnage.

    Auparavant, un décompte numérique sur les vidéos de ciel a débuté à 01:25 pour tomber à 00:00, très exactement en même temps que le premier coup de pistolet tiré dans la poitrine de Clytemnestre, la faisant s’effondrer dans la baignoire devenue déjà pierre tombale depuis qu’Agamemnon y a pris place, et Elektra finissant le travail avec la hache qui aura tué son père dans la scène liminaire et ne quittera jamais le plateau.




    Oper, Stuttgart
    Le 28/01/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise d’Elektra de Strauss dans la mise en scène de Peter Konwitschny, sous la direction d’Ulf Schirmer à l’Opéra de Stuttgart.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Elektra, tragédie en un acte (1909)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal d’après Sophocle

    Staatsorchester Stuttgart
    direction : Ulf Schirmer
    mise en scène : Peter Konwitschny
    reprise de la production : Anne Fugl
    décors & costumes : Hans-Joachim Schlieker
    vidéos : Signe Krogh
    éclairages : Manfred Voss

    Avec :
    Doris Soffel (Klytämnestra), Rebecca Teem (Elektra), Simone Schneider (Chrysothemis), Torsten Hofmann (Aegisth), Shigeo Ishino (Orest), Sebastian Bollacher (Ombre d’Orest), Anna Matyuschenko (la confindente), Brigitte Czerny (la porteuse de traîne), Alexander Efanov (Jeune serviteur), Daniel Kaleta (vieux serviteur), Stine Marie Fischer, Josy Santos, Maria Theresa Ullrich, Esther Dierkes, Mandy Fredrich (cinq servantes), Bernhard Conrad (Agamemnon).

     



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