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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Reprise du Vaisseau fantôme de Wagner dans la mise en scène de Calixto Bieito, sous la direction de Georg Fritzsch à l’Opéra de Stuttgart.

Les naufragés du capital
© Martin Sigmund

Le Vaisseau fantôme trouve à Stuttgart une belle distribution dont se démarque la Senta particulièrement lyrique de Christiane Libor. La direction de Georg Fritzsch applique une intéressante dynamique à la partition sans toujours trouver la tension nécessaire pour accompagner une mise en scène de Calixto Bieito offrant plus de questions que de réponses.
 

Oper, Stuttgart
Le 29/01/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Révisé en 1860 avec comme plus importante modification l’insertion du thème de la rédemption à la fin de l’ouverture et du final, le Vaisseau fantôme de Wagner est composé en première mouture en 1841 pour être créé à la Semperoper de Dresde deux années plus tard, dans un état où il présente encore un style nettement empreint de la fin de l’ère belcantiste.

    Créée en 2008, la mise en scène de Calixto Bieito retrouve sous la baguette de Georg Fritzsch cette dynamique nettement plus proche de Bellini que d’un Wagner mature. Cette forme et ces sons bruts perdent parfois en tension lors de la représentation, notamment dans les cordes, mais font ressortir certaines particularités aux cuivres et dans les aérations ainsi que dans l’accompagnement du superbe chœur de l’opéra, puissant chez les hommes et énergique avec les femmes.

    Pour s’accorder à la fosse, la Senta de Christiane Libor semble idéale car même si la chanteuse tient facilement Brünnhilde dans l’ensemble de Leipzig dont elle est issue, elle approche ici le rôle avec un chant à rapprocher d’une Norma ou d’une Amina, notamment dans la gestion des piani et dans l’agilité de la ligne. Face à elle, le Hollandais de James Rutherford s’est renforcé depuis sa dernière prestation et semble maintenant moins apprêté et plus brut dans le rôle, très convaincant face au Donald – ancienne version de Daland – plus noir de timbre et plus profond dans les graves d’Attila Jun. Thomas Blondelle campe un Georg (Erik) héroïque, tandis qu’on retiendra également la belle santé du Steuermann de Torsten Hofmann et la Mary aux médiums pleins et à la voix bien placée de la jeune Idunnu Münch.

    La mise en scène de Bieito échoue le bateau de Donald, un hors-bord avec cadres en costumes serrés dedans, sur les rives du capitalisme. Des phrases telle que You need to do better passent en fond de scène tandis que toute l’assemblée se retrouve perdue au milieu d’un monde dangereux dans lequel se trouve une niche blanche à ampoules rouges d’où sortent trois jolies cocottes à plumes et un démon, ici Manni Laudenbach, nain en robe de mariée maquillé comme la poupée Chucky.

    La discussion autour d’une mallette de billets brûlés par le Hollandais devant des cadres apeurés au I trouve moins de force que la scène des femmes au II, ménagères du capital avec leur perruques blondes et leur maquillage trop voyant, chacune associées à un réfrigérateur qu’il faut remplir, et dans lequel traîne à l’occasion un nourrisson. La dernière scène montre l’ensemble du chœur traumatisé à terre et grimé à la manière des personnages des tableaux d’Ensor, image que le metteur en scène barcelonais réutilisa avec beaucoup plus de force dans sa production de Tannhäuser pour l’Opéra des Flandres. Si l’on ne pourra reprocher la volonté d’avoir apporté des questions sur le livret, la réponse scénique manque de solutions et laisse à la distribution et à l’orchestre la meilleure réplique.




    Oper, Stuttgart
    Le 29/01/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise du Vaisseau fantôme de Wagner dans la mise en scène de Calixto Bieito, sous la direction de Georg Fritzsch à l’Opéra de Stuttgart.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Der fliegende Holländer, opéra romantique en trois actes
    Livret du compositeur
    Version originale de 1841

    Staatsopernchor und Staatsorchester Stuttgart
    direction : Georg Fritzsch
    mise en scène : Calixto Bieito
    assistant reprise : Nina Dudek
    décors : Susanne Gschwender, Rebecca Ringst
    costumes : Anna Eiermann
    éclairages : Reinhard Traub
    préparation des chœurs : Christoph Heil

    Avec :
    Attila Jun (Donald), Christiane Libor (Senta), Thomas Blondelle (Georg), Idunnu Münch (Mary), Torsten Hofmann (Der Steuermann), James Rutherford (Der Holländer), Manni Laudenbach (Démon, rôle muet).

     



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